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IA, demande d’énergie et défi carbone : pourquoi les investisseurs doivent analyser les émissions évitées
Après des décennies de croissance faible voire négative de la demande d’électricité dans les marchés développés, la consommation d’électricité devrait augmenter dans les grandes économies (Graphique 1). Ce phénomène est notamment alimenté par la montée en puissance de l’IA générative et des grands modèles de langage, qui font des centres de données l’un des segments à la croissance énergétique la plus rapide au monde.
L’entraînement des modèles d’IA, le moteur initial de la prochaine vague de demande de centres de données, est susceptible d’être beaucoup plus énergivore que les charges de travail traditionnelles en raison de la quantité massive de données traitées pour entraîner de nouveaux modèles. La demande des centres de données d’IA devrait être multipliée par plus de trente, passant de quatre gigawatts en 2024 à 123 gigawatts en 2035 (Graphique 2).
Cela représente un défi : comment répondre à cette demande d’énergie sans augmenter les émissions ? Outre les engagements pris par des géants du secteur (tels que Microsoft, Google et Amazon) en faveur d’une énergie sans carbone, les sources d’énergie renouvelable deviennent, dans de nombreuses régions, l’option la plus intéressante économiquement pour la production d’électricité1. Bien que l’adoption de technologies propres rencontre encore des défis, la compétitivité des coûts, le soutien politique et les préoccupations en matière de sécurité énergétique stimulent la demande. Rien que ces cinq dernières années, la consommation d’énergie solaire a progressé de près de 200 % et celle d’énergie éolienne de 74 %, contre une hausse moyenne de 4 % pour les combustibles fossiles2. Pourtant, à l’échelle mondiale, environ 80 % de l’énergie consommée dans le monde provient encore de combustibles fossiles2.
La production d’approvisionnements énergétiques stables et évolutifs nécessite des investissements massifs dans l’énergie, les infrastructures, le stockage et les technologies d’efficacité énergétique, souvent fournis par des entreprises de secteurs à forte intensité d’émissions. Les investisseurs soucieux du climat qui souhaitent identifier les risques et opportunités dans ces secteurs peuvent être limités par les méthodes traditionnelles d’évaluation de l’impact climatique : en s’appuyant strictement sur les émissions Scopes 1, 2 et 3, une grande part du capital actuellement déployé dans les stratégies climatiques est concentrée dans les secteurs et les entreprises déclarant de faibles émissions opérationnelles. De ce fait, certaines entreprises actives dans des secteurs plus difficiles à décarboner, mais essentielles à la transition d’autres pans de l’économie, sont parfois négligées.
En 2021, nous avons lancé notre Cadre des émissions évitées pour combler cette lacune. Nous avons mis à jour le cadre avec de nouvelles données, de nouvelles méthodologies et de nouvelles sources d’émissions évitées pour refléter l’évolution du paysage de la transition, offrant aux investisseurs une vue plus complète de l’impact climatique au niveau du portefeuille. Nos résultats indiquent également qu’en théorie, un portefeuille d’actions mondiales diversifié et à faible risque, orienté vers l’exposition aux émissions évitées, aurait surperformé un indice de référence d’actions mondiales de 10 % au cours des cinq dernières années (Graphique 3).
Pour une analyse approfondie de l’intérêt que présente la mesure des émissions évitées pour la détection d’opportunités d’investissement, consultez le rapport complet : Identifier les opportunités d’investissement à l’aide des émissions évitées.
À titre indicatif seulement. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et peuvent ne pas se reproduire.
2 Energy Institute (2025) Statistical Review of World Energy
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