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Dix ans après Paris : la confiance est l’actif stratégique qui fera advenir la transition
Dix ans après l’Accord de Paris, nous entrons dans une nouvelle ère où les certitudes d’hier s’effacent progressivement. Les dividendes de la paix, qui ont longtemps soutenu la stabilité économique et financière, semblent désormais derrière nous : tensions géopolitiques, risques physiques, fractures sociales, bouleversements technologiques. Dans ce contexte, une évidence s’impose : le développement durable ne repose plus seulement sur la responsabilité et l’intégration des facteurs extra-financiers, mais aussi et avant tout sur la confiance. La confiance est essentielle : c’est elle qui ouvre l’accès aux marchés, détermine le coût du capital, permet l’acceptabilité des cadres réglementaires et, surtout, fonde la légitimité de l’action économique. Nous ne sommes plus dans un schéma où la création de valeur précède la responsabilité : la confiance est désormais un actif stratégique, mesurable, qui favorise la résilience, la stabilité et la soutenabilité.
Pourtant, si l’on écoute ce bruit de fond que l’on appelle « le marché », la messe semble dite : la finance durable serait derrière nous, balayée par ce que certains appellent le « backlash ». Le retour de bâton serait violent : rejet des « contraintes » environnementales et sociales, correction jugée salutaire par ceux qui estiment que les bonnes intentions n’ont pas fait leurs preuves. Il faudrait, dit-on, libérer la finance pour qu’elle revienne à ce qu’elle sait faire de mieux : produire du profit immédiat. Le « business as usual » serait donc de retour, avec de nouveaux totems : la technologie et l’intelligence artificielle (IA), plus ou moins teintées d’énergies renouvelables et de climat, d’une part, et l’industrie de la défense, à une époque où les enjeux de souveraineté ressurgissent, d’autre part.
Il est vrai que plusieurs symboles vacillent : la « Glasgow Financial Alliance for Net Zero » (GFANZ) sous respirateur, et les alliances similaires qui se fracturent telle la Net Zero Banking Alliance ; les directives européennes remises en question (CSRD, CS3D) ; la taxonomie en révision permanente. Quant à l’Accord de Paris, dont les objectifs paraissent hors de portée et que certains jugent déjà relégué au musée des bonnes intentions – assimilé au monde « naïf » du multilatéralisme, de bons sentiments et de tableurs Excel —, il est brandi comme la preuve d’un cycle achevé. Nombreux sont, en effet, les éléments qui pourraient faire croire que la finance verte est morte. Certains s’en attristent en silence. D’autres – ceux qui ne s’y retrouvaient pas, ou ceux qui s’y étaient engagés sans conviction – respirent, soulagés.
Mais ce serait une erreur de diagnostic. Bien au contraire, si l’on observe objectivement les évolutions des dix dernières années, la finance durable n’a pas disparu : elle a changé les règles du jeu. Ce n’est plus la promesse de rendement immédiat qui attire les capitaux et permet d’innover, mais la capacité à instaurer un climat de confiance, en démontrant la transparence, la responsabilité, l’impact réel. Les acteurs économiques qui l’ont compris sont ceux qui innovent, attirent les investissements et résistent aux crises. En réalité, le succès de la finance durable est tout bonnement spectaculaire et, 10 ans après les rêves de ceux qui, en décembre 2015, erraient dans les couloirs de la COP21 au centre de conférence de Villepinte, attendant que le petit marteau vert de Laurent Fabius scelle l’Accord de Paris, l’histoire continue.
Nous vous proposons un voyage rétrospectif, pour comprendre comment la confiance s’est imposée comme le socle de la finance durable, et pourquoi elle sera la clé de la compétitivité et de la prospérité pour la décennie à venir.
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