La généralisation de la « part active » ou « active share » en anglais, mesure utilisée pour identifier les fonds qui affichent une gestion active et facturent des frais en conséquence alors qu’ils se contentent de suivre l’indice, pourrait pénaliser la performance, montre la dernière édition de The Cerulli Edge - Global Edition.Les régulateurs européens se sont récemment penchés sur les« closet trackers », ces fonds prétendument actifs. En mai, le gouvernement suédois a lancé une enquête dans le sillage d’un dépôt de plainte de la part de l’association suédoise des actionnaires contre une grande société de gestion (en l’occurrence Swedbank Robur), estimant qu’elle avait vendu abusivement des fonds faussement actifs aux investisseurs particuliers (cette plainte a été rejetée mercredi, lire par ailleurs). Les régulateurs danois et norvégien se sont aussi montrés proactifs dans ce domaine.En réponse à cela, les sociétés de gestion sont de plus en plus nombreuses à publier des données prouvant que la composition de leurs fonds diverge bien des indices. Pour ce faire, la part active est la mesure la plus communément employée, sachant qu’un score de moins de 60 % montre une trop grande proximité avec l’indice. « La part active, toutefois, n’est pas la panacée et, utilisée seule, peut induire en erreur », met en garde Barbara Wall, directeur de la recherche européenne chez Cerulli Associates. « Elle devrait être employée aux côtés d’autres mesures pertinentes comme le ratio d’information montrant les rendements du portefeuille au-delà de l’indice en lien avec la volatilité de ces rendements », propose-t-elle. De plus, notant qu’il y a des périodes dans un cycle d’investissement où il est prudent de rester proche de l’indice, Cerulli prévient qu’un gérant qui se sent obligé de garder un certain niveau de part active risque de choisir les mauvaises actions uniquement pour augmenter l’écart avec l’indice. Un respect strict de l’outil peut aussi empêcher un gérant d’acheter des actions ayant une pondération importante dans l’indice, même s’il anticipe une surperformance.L’autre limite évoquée par Cerulli concerne la définition de ce qu’on entend par « être actif », et qui en général se réfère aux actions détenues. Mais le terme actif peut aussi s’appliquer à un portefeuille qui adhère à l’indice, si le gérant n’a pas adopté une simple approche de long terme et que la performance est influencée par le moment choisi pour acheter ou vendre des valeurs composant l’indice.Les sociétés ayant décidé de dévoiler la part active de leurs portefeuilles ont tendance à avoir des styles de gestion non contraints par l’indice. Les maisons dont l’objectif est de dégager une surperformance avec un risque faible sont en revanche plus angoissées à l’idée de publier ces chiffres. Au total, Cerulli pense que, utilisée avec d’autres mesures, la part active peut être un outil utile dans la promotion de la transparence et de la responsabilité.