Le rapport intégré impose sa marque. Ce document, qui présente la stratégie de l’entreprise et la façon avec laquelle cette dernière est en mesure de répondre aux enjeux de la planète et de la société, a été introduit au lendemain de la crise financière de 2008 dans un contexte où la confiance entre l’entreprise, ses investisseurs et l’ensemble de ses parties prenantes s’effritait. L’Afrique du Sud a ouvert la voie, suivie du Brésil, des Etats-Unis, ou encore du Japon et la Commission européenne va publier, d’ici à décembre 2016, des lignes directrices méthodologiques non contraignantes pour la publication d’informations extra-financières. Plus de 3.000 entreprises se sont d’ores et déjà engagées dans une démarche d’intégration dans le monde. Afin de décrypter cette démarche en pleine expansion, CapitalCom, let Cliff (Association française des professionnels de la communication financière) et Vigeo Eris ont conduit une étude visant à comparer les attentes des investisseurs, le retour d’expérience des entreprises françaises et les pratiques observées en France et à l’international. Premier constat, le rapport intégré s’inscrit dans une dynamique vertueuse, pour les émetteurs et, dans une moindre mesure, les investisseurs. Le mouvement s’impose à l'échelle internationale, ce dont témoigne notamment en France l'évolution spectaculaire du nombre de rapports intégrés publiés cette année : plus de 20, contre 5 l’an dernier, 1 en 2014 (Engie) et 0 en 2013. Parmi les sociétés françaises interrogées qui n’ont pas réalisé à ce jour de rapport intégré, 4 envisagent d’en produire un d’ici à 2018 et 12 à moyen terme. Les entreprises françaises sont d’ailleurs légèrement en retard sur l’international. Parmi les 44 rapports intégrés étudiés à l'échelle mondiale, 75% des rapports français sont une première édition, alors qu'à l’international, les entreprises en sont, en moyenne, à leur troisième édition. Pour les sociétés ne réalisant pas de rapport intégré, le premier frein est le fait que les publications actuelles sont jugées suffisantes. Vient ensuite la complexité perçue dans sa mise en oeuvre, avec une méthodologie jugée encore peu claire ou contraignante. La multiplication des réalisations devrait contribuer à rapidement lever ces freins, estiment les auteurs de l'étude. Toutes les démarches d’integrated thinking convergent vers un même cap : la lisibilité, l’accessibilité, la clarté, la cohérence, la matérialité et la connectivité de l’information visant à expliciter le lien entre les différentes informations contenues dans le rapport. A travers ce travail, le principal objectif des entreprises est de proposer une présentation plus complète et cohérente de leur stratégie. De fait, la présentation de la vision stratégique et prospective est traitées dans près de 90% des rapports, et près de 80% d’entre eux évoquent leur business model et la création de valeur globale (économique, financière et extra-financière). Autre thématique incontournable, la performance est présente dans tous les rapports étudiés. Cela dit, les rapports intégrés ne constituent pas encore pleinement un outil d’aide à la décision d’investissement et des pistes d’amélioration ont été évoquées pour renforcer leur utilisation.Dans le contenu, les investisseurs aimeraient davantage d’informations sur l’environnement concurrentiel et une définition plus claire du business model. Concernant le format et la présentation de l’information, outre l’actualisation sur internet, ils souhaiteraient un focus sur un nombre restreint, mais pertinent, d’indicateurs de performance.