Standard Life Aberdeen, Janus Henderson, Fidelity International, BlackRock, Invesco, Mondrian et Investcorp sont parmi les sociétés dont la notation de crédit pourrait être affectée par l’absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’Union européenne dans le cadre du Brexit, annonce l’agence Moody’s. Dans une note de recherche publiée ce vendredi 5 avril, l’agence américaine estime ainsi que, de façon générale, les sociétés de gestion devraient bien résister face à un éventuel «no-deal» mais certaines seront touchées plus que d’autres. Elle rappelle qu’après le vote britannique de mai 2016, certains fonds immobiliers du pays avaient dû être fermés face à des demandes de retraits d’argent trop importants de la part des clients. En ayant tiré des leçons, les gestionnaires ont depuis augmenté les liquidités en prévision de nouvelles sorties d’argent. A plus long terme toutefois, il existe un risque de divergence des réglementations entre le Royaume-Uni et l’UE, ce qui pourrait résulter en de plus profonds changements dans la façon dont les assets managers pilotent leur activité. Un «no-deal» provoquerait aussi des incertitudes quant au statut des salariés de l’UE travaillant au Royaume-Uni et inversement. Surtout les sociétés basées au Royaume-Uni devraient avoir plus de difficultés à recruter des salariés aux profils internationaux. Les assets managers les plus touchés seront aussi ceux qui travaillent avec des clients issus des deux zones. Moody’s rappelle que les sociétés de gestion basées au Royaume-Uni qui utilisent Londres comme une base européenne, gèrent près de 22% des 77.000 milliards de livres d’actifs gérés pour le compte de clients d’Europe continentale. Nombre d’entre elles se sont organisées pour localiser des activités dans le reste de l’Union européenne, mais cet exercice a engendré des coûts supplémentaires que Moody’s évaluent à environ 0,1% à 0,6% des dépenses d’exploitation (notamment en contrôle de risques et nombre de salariés nécessaires pour obtenir les autorisations requises). L’agence rappelle aussi les accords conclus entre les régulateurs du Royaume-Uni et de l’UE, notamment celui de février 2019 entre la FCA et l’Esma qui préserve les règles de délégation en cas de Brexit dur. Des éléments que Moody’s juge rassurants.