Dans un entretien accordé au Sonntagszeitung, le président de Credit Suisse, Urs Rohner, a déclaré que les banques devront à l’avenir s’appuyer plus fortement sur les fournisseurs d’infrastructures, en étant plus actives là où se crée la valeur ajoutée, particulièrement dans le conseil. La numérisation grandissante devrait également inciter banques et assurances à travailler plus étroitement ensemble, notamment dans la banque de détail. Il juge par ailleurs que l’arrivée de Postfinance dans les activités de crédit n’est pas une bonne idée. Si Postfinance, bras financier de la Poste Suisse, veut être actif dans ce domaine, la Confédération helvétique devrait au minimum céder sa participation majoritaire, selon le dirigeant. Alors que son mandat expire l’an prochain, ce dernier estime que la recherche d’un successeur est en bonne voie.
Le gouvernement italien prévoit d’augmenter de 150.000 à 300.000 euros le plafond annuel d’investissement des plans d’épargne individuels italiens (PIR), rapporte Bluerating, citant un décret paru en août. Les détails ne sont pas encore connus. Le gouvernement souhaite encourager les Italiens à épargner sur ce véhicule afin d’orienter les capitaux vers l’économie réelle.
Comme la Société Générale et Natixis, BNP Paribas veut réduire son activité de négoce international dont elle fut longtemps le leader mondial. Après les fraudes révélées par la crise, le Crédit Agricole se veut plus sélectif.
Le gouvernement français va proposer la levée de l’interdiction de certains pesticides afin de protéger la production de betterave sucrière pour faire face à la crise de la jaunisse transmise par les pucerons, a annoncé hier le ministère de l’Agriculture. Il envisage de soutenir une proposition d’une modification législative cet automne pour permettre explicitement, pour la campagne 2021 et le cas échéant les deux campagnes suivantes tout au plus, l’usage «dans des conditions strictement encadrées» de produits phytosanitaires.
Le numéro un mondial de la réassurance a fait état hier d’un bénéfice net de 579 millions d’euros au deuxième trimestre 2020, en baisse de 41,7% par rapport à la même période de l’exercice précédent. L'épidémie de Covid-19 a représenté un coût de l’ordre de 700 millions d’euros sur le trimestre écoulé, indique Munich Re, qui estime à quelque 1,5 milliard d’euros les pertes ayant trait à la pandémie sur l’ensemble du premier semestre. Le groupe précise que sur ce montant, près de 1,4 milliard d’euros sont liés à sa branche de réassurance IARD et autour de 100 millions d’euros à son métier de réassurance de personnes. Sans fournir de nouveaux objectifs de rentabilité, il prévoit des rentrées de primes de 54 milliards d’euros pour 2020, soit 2 milliards de mieux qu’annoncé auparavant et un «chiffre historique en 140 ans d’existence du groupe», selon Joachim Wenning, président du directoire.
L’assureur automobile britannique Hastings a accepté l’offre d’achat du finlandais Sampo et du sud-africain Rand Merchant Investment (RMI). Le montant de la transaction s’élève à 1,66 milliard de livres (1,8 milliard d’euros). Les groupes étaient en pourparlers depuis plusieurs semaines. Sampo détiendra 70% de Hastings, tandis que Main Street, une entité appartenant à RMI, aura 30% des parts, une augmentation marginale par rapport aux 29,7% qu’elle détient au capital de l’assureur depuis 2017. Avec cette opération, Sampo cherche à se développer dans l’assurance non-vie et au-delà des marchés nordiques.
Banque «challenger» du marché britannique, Metro Bank a perdu jusqu’à 13,5% hier à la Bourse de Londres, après l’annonce d’une perte plus élevée qu’attendu au deuxième semestre, à 240 millions de livres (266 millions d’euros). L’an dernier, elle avait dégagé un bénéfice de 3,4 millions de livres sur la même période. La banque a enregistré 112 millions d’euros de provisions à fin juin sur son portefeuille de prêts, en raison de la crise sanitaire. Ses revenus ont chuté de 29% sur un an, à 153 millions de livres. Metro Bank est susceptible de lever de 200 à 300 millions de livres de dette MREL (minimum requirements for eligible liabilities) au cours du premier semestre 2021, et a averti qu’elle pourrait entretemps tomber temporairement en-dessous des seuils réglementaires exigés par le régulateur. Son directeur général, Dan Frumkin, n’a pas pu dire si la Prudential Regulation Authority (PRA) britannique lui accorderait une dérogation dans ce cas. Depuis un scandale comptable révélé début 2019, l’établissement créé en 2010 a perdu 95% de sa valeur en Bourse.
Toujours en quête d'un nouveau patron, la deuxième banque allemande veut baisser ses coûts pour parer la hausse des provisions, liée notamment à la faillite de Wirecard.
Bank of Ireland a dévoilé hier un plan de départs volontaires visant à réduire son effectif total de 10.340 personnes à moins de 9.000, soit une baisse nette d’au moins 1.340 salariés. La mesure est fortement critiquée par les syndicats, au moment où 16,7% de la main-d'œuvre de l’entreprise est au chômage temporaire ou permanent. La première banque d’Irlande a perdu 669 millions d’euros avant impôt au premier semestre 2020, après avoir mis de côté 937 millions pour couvrir les pertes probables sur son portefeuille de crédits. Pour l’ensemble de l’année, ses provisions pour créances douteuses devraient atteindre entre 1,1 et 1,3 milliard d’euros.
Hannover Re a annoncé hier une chute de 39% de son bénéfice net à 402 millions d’euros au premier semestre 2020, conséquence d’un niveau élevé de demandes d’indemnisation liées à l'épidémie de Covid-19. Dans son communiqué, le réassureur allemand précise avoir provisionné au cours du deuxième trimestre l'équivalent de 380 millions d’euros au titre des pertes relatives à la crise sanitaire. Au total, Hannover Re a constitué des provisions pour pertes de quelque 600 millions d’euros ayant trait au coronavirus au premier semestre. Dans ces conditions, il s’est refusé à communiquer tout type de prévisions financières pour l’ensemble de l’exercice.
La banque britannique a recruté deux spécialistes du trading de crédit pour son bureau européen basé à Londres, rapportait hier Bloomberg de sources proches du dossier. Tarmo Hiietamm, qui prendra son poste en novembre après avoir travaillé durant 11 ans chez Bank of America, négociera des CDS (credit default swaps) sur de la dette financière et souveraine. James Tansley, trader chez HSBC depuis 2015, négociera chez Barclays des valeurs financières libellées en livres à partir du mois de septembre.
Le véhicule coté de la banque verte tutoie le milliard d'euros de profits au deuxième trimestre, malgré la hausse de provisions et plusieurs éléments exceptionnels. Ses revenus ont reculé de 4,9% sur un an.
En Allemagne, les locaux de l’Association des banques privées viennent de faire l’objet de perquisitions, après une vaste escroquerie fiscale aux dividendes, qui aurait déjà coûté 5,5 milliards d’euros au pays, selon des estimations du ministère des Finances. Les enquêteurs recherchent des preuves pour étayer des accusations envers des banques et autres conseillers fiscaux, qui auraient cherché à influencer les lois allemandes et entretenu, notamment via le lobby bancaire, une communication avec le ministère fédéral des Finances avant 2010. Ces manœuvres ont été rendues impossibles en 2012 par un changement législatif.
Direct Line a augmenté hier son dividende intermédiaire de 2,8% à 7,4 pence et a déclaré qu’il ferait également un versement spécial de 14,4 pence par action. Les bénéfices du premier assureur automobile britannique ont dépassé les attentes au premier semestre en raison d’une baisse des accidents de la route, les Britanniques ayant moins conduit pendant la période de confinement. Le résultat d’exploitation dans sa branche auto a bondi de 43,4% à 220,5 millions de livres (245 millions d’euros) à fin juin. Après ces annonces, le titre Direct Line a atteint son plus haut niveau depuis cinq mois, gagnant 7,5 % à l’ouverture de la Bourse de Londres. En avril, le groupe avait décidé d’annuler son dividende 2019 en raison des incertitudes sur l’impact de la pandémie, comme de nombreux assureurs européens qui ont suivi l’appel des régulateurs à préserver leurs fonds propres. Peu avant la crise sanitaire, il avait annoncé 800 suppressions de postes, soit 7% de son effectif.
Mitsubishi UFJ Financial Group a dégagé un bénéfice net de 183,5 milliards de yens (1,47 milliard d’euros) au cours du trimestre clos le 30 juin, soit moitié moins que lors de la période correspondante de 2019. Son résultat a été entaillé par les provisions destinées à couvrir les défauts des emprunteurs à la suite de la crise du coronavirus. La banque japonaise, actionnaire de Morgan Stanley à hauteur de 24%, a toutefois maintenu hier sa prévision d’un bénéfices de 550 milliard de yens pour l’ensemble de l’année, un chiffre à comparer à l’estimation moyenne de 594,1 milliards de yens du consensus d’analystes.
Intesa Sanpaolo a publié hier un bénéfice net de 1,42 milliard d’euros au deuxième trimestre, contre 1,22 milliard d’euros un an plus tôt, grâce à une plus-value d’environ 1,1 milliard d’euros liée à la vente de son activité de paiements au groupe Nexi. La deuxième banque italienne par le total de bilan a comptabilisé des provisions pour créances douteuses de 1,4 milliard d’euros, en forte augmentation par rapport aux 554 millions du deuxième trimestre 2019. Le produit net bancaire (PNB) a reculé à 4,14 milliards d’euros, contre 4,67 milliards à la même période de 2019. Pour 2020, Intesa anticipe un résultat net d’au moins 3 milliards d’euros et pour 2021, un bénéfice net d’au moins 3,5 milliards, hors UBI Banca. Intesa a obtenu 90,2% du capital de sa concurrente à l’issue de son offre publique d’achat de la cinquième banque italienne et a annoncé lundi qu’elle déposerait une offre de rachat obligatoire des minoritaires d’UBI Banca, qui représentent 9,8% du capital. Selon Intesa, l’entité issue de l’opération devrait dégager un bénéfice d’au moins 5 milliards d’euros en 2022. Le groupe présentera un nouveau plan stratégique d’ici à la fin de 2021.
Son résultat net a bondi au premier semestre grâce à l'intégration comptable de l'assureur. En dehors de cet effet, l’activité de la banque de détail a résisté à la crise.
Le gouvernement argentin finalise un accord avec un groupe d’investisseurs emmené par BlackRock et plusieurs grandes sociétés de gestion américaines pour restructurer environ 65 milliards de dollars de dette étrangère et résoudre le troisième défaut souverain du pays en 20 ans, rapporte le Wall Street Journal, citant des sources proches des discussions. Les comités représentant les investisseurs détenant le gros de la dette externe de l’Argentine ont accepté d’échanger leurs obligations ayant fait défaut contre de nouveaux titres en vertu d’un règlement valant près de 55 cents sur le dollar, selon ces sources. Les principaux détenteurs d’obligations argentines incluent Fidelity Management & Research Co., Monarch Alternative Capital LP, VR Capital Group, Greylock Capital Management et Pharo Management LLC.
L’autorité des marchés financiers au Royaume-Uni, la Financial Conduct Authority,a lancé une consultation publique jusqu’au 3 novembre 2020 portant sur des nouvelles règles visant à résoudre les problèmes de décalage de liquidité dans les fonds immobiliers britanniques. Ces derniers ont été sévèrement touchés tant en 2016 après le vote du Brexit que cette année en raison de la pandémie de Covid-19, forçant les sociétés de gestion concernées à geler les rachats. Les nouvelles règles proposées par la FCA verraient l’instauration d’une période de demande de préavis pour les rachats par les investisseurs pouvant aller jusqu'à 180 jours. La FCA pense que les suspensions de rachats dans les fonds immobiliers britanniques survenues ces dernières années cachent de plus gros problèmes. Le régulateur est inquiet quant à l’actuelle structure des fonds immobiliers qui désavantage certains investisseurs puisque priorité est donnée aux investisseurs qui sortent les premiers pour les rachats en temps de stress. «Cela peut potentiellement impacter les investisseurs restants si le fonds est suspendu ou les actifs rapidement vendus en raison des demandes de liquidité. La période de préavis pourrait permettre aux gérants de planifier les ventes de biens immobiliers pour mieux gérer les demandes de rachats. Elle permettrait aussi une plus grande efficacité de ces produits car les gérants de ces fonds pourraient allouer davantage à l’immobilier et moins au cash pour faire face à des demandes de rachats non-anticipées», pointe la FCA dans un communiqué. Le régulateur publiera les règles finales «dès que possible"en 2021.
Quel sera l’avenir du secteur britannique de la gestion d’actifs, qui représente 9.000 milliards de livres, après le Brexit, s’interroge le Financial Times fund management.De nombreuses sociétés de gestion locales veulent que le secteur trace son propre chemin pour renforcer sa stature internationale. Malgré sa domination en matière de gestion de portefeuilles, le Royaume-Uni part d’une position de faiblesse relative concernant la structuration et l’administration de fonds. Le pays risque aussi de s’aliéner les investisseurs internationaux s’il s’éloigne trop des pratiques de l’Union européenne considérées comme des références mondiales. Le FTfm étudie plusieurs scénarios possibles pour le Royaume-Uni, comme celui de devenir un centre mondial de fonds ou un leader dans le domaine de l’ESG (environnement, social, gouvernance). Sur le premier point, certains professionnels pensent que le Royaume-Uni devrait prendre l’initiative de créer une structure de fonds qui soit vraiment transportable et «passeportable» dans le monde. Mais concurrencer le format Ucits, créé il y a plus de 30 ans et reconnu internationalement, sera difficile. Concernant l’ESG, l’avance prise par l’UE dans ce domaine réduit les chances du Royaume-Uni de trouver sa place, et le pays devrait même être contraint de s’aligner sur les règles européennes.
La Société Générale a annoncé mardi matin une réorganisation de son équipe dirigeante autour du directeur général, Frédéric Oudéa, avec la suppression de deux postes de directeur général délégué et la création de « nouveaux rôles de directeur général adjoint ».
Après de nouvelles pertes dans les dérivés, la banque va arrêter certains produits structurés complexes et réduire les coûts de ses activités de marchés. Elle ne précise pas l'effet de cette énième réorganisation sur ses effectifs.
Malgré une chute de 32% du chiffre d'affaires, le résultat net de l'assureur a fondu de 8,3% au premier semestre grâce à l'activation des amortisseurs.
La Financial conduct authority (FCA), l’autorité britannique du secteur financier, a lancé hier une consultation visant à modifier la régulation des fonds immobiliers afin d'éviter qu’ils ne soient trop fréquemment gelés. Le nouveau cadre pourrait imposer aux investisseurs de prévenir le gérant jusqu'à 180 jours avant de retirer ses fonds, laissant ainsi à la société de gestion le temps de vendre des actifs. Les règles actuelles permettent aux investisseurs de retirer leurs fonds du jour au lendemain, ce qui a provoqué le gel de plusieurs véhicules ces derniers mois. La consultation est ouverte jusqu’en novembre et la FCA publiera le cadre définitif en 2021.
La BaFin, le régulateur financier allemand, est prêt à permettre à certaines petites banques allemandes de verser des dividendes cette année, selon Bloomberg. Une telle politique contredirait la recommandation de la Banque centrale européenne (BCE) qui a demandé aux prêteurs de s’abstenir de rémunérer leurs actionnaires pour protéger leurs fonds propres dans le contexte de la crise du Covid-19. Fin juillet, elle a prolongé jusqu’au 1er janvier 2021 l’interdiction qui courait initialement jusqu’au 1er octobre. L’autorisation de la BaFin concernera des banques non soumises à la surveillance directe de la BCE, si elles peuvent démontrer un niveau de rentabilité sain et des coussins de fonds propres suffisants. En France, l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution a suivi la recommandation de la BCE pour les petites banques, les compagnies d’assurance et les entreprises d’investissement.