L’organisation britannique InfluenceMap s’est intéressée au lobbying du secteur financier et industriel sur le sujet de laréglementationde la finance durable en Europe. InfluenceMap a ainsipassé en revue l’activité et les déclarations de 75 institutions financières, 12 associations de l’industrie financière et huit associations d’industries sectorielles (chimie, pétrole, énergies fossiles, etc). L'étude, qui se base sur des documents publics et note les entités de A (lobbying positif) à F (lobbying négatif), indique que parmi les institutions financières, un trio se détache pour un lobbying en faveur desréglementations européennes sur la finance durable. Ce trio est composé d’Aviva Investors, du groupe BPCE via Natixis et sa boutique Mirova et de BNP Paribas via BNP PAM. Les autres financières considérées comme soutenant - dans une moindre mesure par rapport aux trois autres - les régulations sur la finance durable sontLegal & General (davantage au Royaume-Uni qu’en Europe selon l'étude), Nordea, Rabobank, Unipol et Aegon. A l’inverse, InfluenceMap pointe du doigt un groupe de sociétés de gestiondont BlackRock, Invesco, UBS et BNY Mellon, qui «semblent opposer davantage de résistanceausujet de la régulation de la finance durableet se sont opposées à des exigences trop strictes."L’organisation rappelle notamment que ces sociétés ont présenté des arguments visant à restreindre ou affaiblir le scope de réglementations comme la taxonomie verte et les labels verts au niveau européen. Le rapport d’InfluenceMap n’est pas tendre également envers le Crédit Agricole et sa filiale de gestion d’actifs Amundi dont les auteursdisent que les positions divergent entre le groupe qui semble soutenir les réglementations de finance durable et Amundi qui «demeure sceptique sur les besoins d’une réglementation prescriptive». InfluenceMap rappelle ainsi quederrière son soutien général à la taxonomie verte en 2018-2019, la plus grande société de gestion en Europe a suggéré une approche moins rigoureuse de la taxonomie basée sur la transparence plutôt que sur des critères reposant sur la sciencedans ses réponses aux diverses consultations sur le sujet. La société de gestion du Crédit Agricole a également averti contre un excès de normalisation des standards, indique InfluenceMap. L’Efama et l’Aima pas alignées sur les positions de leurs membres L'étude tacle aussi les associations de l’industrie financière, à l’exception de l’Institutional Investors Group on Climate Change (IIGCC). InfluenceMap observe que derrière leurs déclarations générales sur la finance durable, elles onttendance "à user de leur influence pour affaiblir certains éléments-clé des réglementations» visées. L’organisation britannique note ainsi un désalignement entre les associations et la plupart de leurs membres défendant une position opposée sur la finance durable. C’est notamment le cas de l’association européenne de la gestion d’actifs (Efama) et de l’association de la gestion alternative (Aima). «La plus grande réticence de l’industrie de la finance se concentre sur des points qui nécessiteraient soit une plus grande transparence sur le financement d’activités pouvant endommager la planète (taxonomie verte par exemple) soit la prise en compte de facteurs ESG dans la décision financière des investisseurs finaux (prise en compte des sujets ESG dans les devoirs de l’investisseur par exemple). Ce sont aussi sur ces deux thèmes qu’il y a eu le moins de progrès réalisés concernant le plan d’action de l’UE sur la finance durable,» indique InfluenceMap dans son rapport.