Le coût des ressources augmente plus vite que les taux sur les crédits, créant un effet de ciseau défavorable. Les prochains trimestres restent incertains.
Credit Suisse envisage de supprimer des milliers de postes dans le monde, rapportait jeudi l’agence de presse Bloomberg, en précisant que le groupe «réfléchit à un plan agressif destiné à réduire ses effectifs qui se situaient à 51.410 fin juin». Engagée dans une stratégie de recentrage sur la gestion de fortune après plusieurs scandales et des pertes, la banque suisse a récemment nommé l’ex-patron de la gestion d’actifs, Ulrich Körner, comme directeur général. Son prédécesseur, Thomas Gottstein, avait présenté à l’automne dernier un programme de baisse des coûts qui prévoyait de réaliser 1 à 1,5 milliard d’euros d’économies «structurelles» chaque année d’ici à 2024. Moody’s a récemment dégradé d’un cran la notation de la dette senior de la banque suisse à Baa2.
La première banque néerlandaise a dégagé un bénéfice avant impôts de 1,74 milliard d’euros sur la période avril-juin 2022 contre 2,07 milliards un an plus tôt, une performance toutefois meilleure qu’attendu grâce à des provisions inférieure aux anticipations. La marge bénéficiaire nette est restée stable à 1,36% et les revenus nets d’intérêts ont augmenté de 3,7% à 3,47 milliards d’euros. «Notre résilience est soutenue par notre solide position en capital et notre cadre de gestion des risques, avec des coûts de risque limités au deuxième trimestre», a déclaré le PDG Steven van Rijswijk, dans un communiqué.
Le groupe helvétique de réassurance Swiss Re a annoncé jeudi le lancement d’une nouvelle filiale de conseil, détenue à 100%, baptisée Swiss Re Insurance-Linked Investment Advisors Corporation (SRILIAC). Celle-ci offre des services de gestion d’investissement aux investisseurs institutionnels qualifiés, en se concentrant principalement sur les titres en relation avec les obligations catastrophes. MariaGiovanna Guatteri, ancienne responsable de la gestion du portefeuille ILS chez Swiss Re, a été nommée PDG de la nouvelle société.
Hannover Re a publié jeudi un bénéfice net au titre du premier semestre 2022 en baisse de 3% sur un an à 649 millions d’euros. Le groupe allemand subit notamment des dépenses pour sinistres majeurs supérieurs à ses prévisions en réassurance dommages, avec un coût de 850 millions d’euros, contre 326 millions d’euros l’an dernier et des prévisions de 611 millions d’euros. Il a constitué une provision de 316 millions d’euros pour les pertes éventuelles liées à la guerre en Ukraine mais aussi de 130 millions d’euros pour la sécheresse de l’an dernier au Brésil et enregistre des sinistres de 186 millions d’euros liés aux inondations en Australie. Hannover Re a toutefois confirmé ses objectifs pour l’année 2022, dont un bénéfice net compris entre 1,4 milliard et 1,5 milliard d’euros.
Le groupe bancaire, qui a provisionné 199 millions d’euros de plus au deuxième trimestre pour risques futurs, estime que la hausse du taux du livret A devrait lui coûter 700 millions d’euros.
La Cour de justice de l’Union européenne estime que le versement de dividendes à certains employés, également actionnaires, de sociétés de gestion peut relever des directives européennes relatives aux politiques et pratiques de rémunération des gestionnaires de fonds.
Dans un contexte marqué par de nombreuses incertitudes géopolitiques et macroéconomiques, Crédit Agricole SA (CASA) a publié jeudi un résultat net part du groupe sous-jacent de 1,9 milliard d’euros au titre du deuxième trimestre, en hausse de 18% sur un an et bien supérieur aux attentes. L’action gagnait plus de 4% à Paris en matinée.
Crédit Agricole SA, qui publie ses résultats du deuxième trimestre ce jeudi matin, a annoncé mercredi soir la nomination de deux nouveaux directeurs généraux délégués. Jérôme Grivet, directeur général adjoint en charge des finances puis du pôle pilotage groupe, prendra ses nouvelles fonctions le 1er septembre. Il aura la responsabilité du pilotage et des fonctions de contrôle. Olivier Gavalda deviendra, lui, DG délégué à compter du 1er novembre. L’actuel patron de la caisse de Crédit Agricole d’Ile-de-France sera responsable du développement du groupe. Xavier Musca reste DG délégué et prendra le 1er septembre la responsabilité des grandes clientèles, comme annoncé fin juillet. Par ailleurs, Philippe Brassac, DG de CASA, «assurera directement la supervision d’Amundi», précise le communiqué de la banque. Cette réorganisation s’inscrit dans le cadre du plan stratégique 2025 du groupe, mais fait suite également au départ surprise de Jacques Ripoll, qui coiffait le pôle grandes clientèles avec CA CIB.
Gilles Momper, directeur financier d’ALD Automotive, décrypte les résultats du premier semestre de la filiale spécialisée dans la location de longue durée de la Société Générale.
La banque japonaise Nomura a accusé une chute de 97% sur un an de son résultat net pour la période d’avril à juin, qui correspond au premier trimestre de son exercice fiscal. Le groupe a subi de plein fouet la volatilité des marchés. Si les activités de fixed income ont bien résisté, la banque d’investissement voit ses revenus reculer et les activités de gestion enregistrent une perte.
L’assureur du Lloyd’s de Londres Hiscox a publié mercredi une perte avant impôts de 107 millions de dollars (105 millions d’euros), contre un bénéfice de 113 millions de dollars au premier semestre 2021. Cette contre-performance s’explique notamment par un résultat d’investissement négatif de 244 millions de dollars contre des gains de 62 millions de dollars à la même époque l’an dernier. L’assureur a précisé que ses pertes liées au conflit en Ukraine, y compris dans le domaine de l’aviation, s’élevaient à 48 millions de dollars nets de réassurance.
La troisième banque italienne, dont le principal actionnaire est aujourd’hui Crédit Agricole, n’entend plus céder ses activités en assurance vie. Elle prévoit désormais de limiter sa recherche d’un nouveau partenaire à ses seules activités d’assurance dommages. Une décision pourrait être prise d’ici à fin septembre. A la tête de la banque, Giuseppe Castagna a indiqué aux analystes, dans le cadre de la présentation de ses comptes semestriels, que la banque garderait le contrôle total de son activité d’assurance-vie après avoir récemment racheté la participation de Covea dans leur joint-venture, tout en recherchant un partenaire d’assurance non-vie. Le Crédit Agricole et Axa font figure de principaux candidats à l’opération.
Commerzbank a publié mercredi un bénéfice net de 470 millions d’euros au titre du deuxième trimestre 2022, malgré des charges de 228 millions d’euros sur les trois mois liés au conflit en Ukraine. Selon le consensus de prévisions publié par la banque allemande, les analystes prévoyaient en moyenne un bénéfice de 370 millions d’euros. Au deuxième trimestre 2021, elle avait enregistré une perte de 527 millions d’euros. Commerzbanka confirmé ses objectifs pour 2022, sous réserve d’absence d’une perturbation économique grave comme une pénurie de gaz naturel, comprenant notamment un bénéfice net de plus d’un milliard d’euros et un ratio CET1 de plus de 13% à la fin de l’année (13,7% à fin juin).
La banque a essuyé une perte nette de 1,48 milliard d'euros au deuxième trimestre en raison de la vente de Rosbank. Mais sa croissance et ses résultats dépassent les attentes.
L’opération de sauvetageannoncée la semaine dernièrepar Credit Suisse n’a pas convaincu Moody’s. L’agence a dégradé d’un cran la notation de la dette senior de la banque suisse à Baa2 ainsi que la notation de sa dette senior à long terme et de ses dépôts à A2. Elle maintient ces dernières sous perspective négative. Moody’s met en avant les difficultés de la banque d’investissement dans l’environnement de marché actuel mais aussi les défis que représente le changement de management et de culture des risques au sein du groupe. Ce dernier a annoncé qu’il allait mener une «revue stratégique» de ses activités sous la supervision d’un nouveau directeur général, Ulrich Körner. S&P Global Ratings révise, de son côté, la perspective pour toutes les entités de Credit Suisse de stable à négative, pointant «l’incertitude entourant le changement des cadres dirigeants, et l’absence d’une stratégie claire.»
La banque canadienne Toronto-Dominion Bank (TD Bank) a annoncé mardi un accord en vue d’acheter la banque d’investissement américaine Cowen pour 39 dollars par action, portant le coût total de l’opération à 1,3 milliard de dollars (1,2 milliard d’euros). La transaction, qui devrait être conclue au cours du premier trimestre 2023, permettra à TD Bank d’atteindre des revenus mondiaux pro forma de 5,8 milliards de dollars. La banque canadienne a déjà annoncé le rachat en début d’année de First Horizon Corp pour 13,4 milliards de dollars afin d’étendre sa présence aux Etats-Unis.
L’assureur italien a publié un résultat net sur les six premiers mois de l’année 2022 en baisse de 9% sur un an à 1,4 milliard d’euros, affecté par 138 millions d’euros de dépréciations relatives à son exposition à la Russie.
Alors que banquiers et assureurs avaient été convoqués à Bercy, le projet de loi, qui doit être définitivement adopté ce mercredi, leur impose de nouvelles obligations.
Les assureurs ont 18 mois pour constituer un pool, qui pourrait notamment exercer une activité de réassurance allant jusqu’à 90% des risques couverts, avant qu'un décret ne le fasse à leur place.
Les pertes du secteur de l’assurance et de la réassurance dues aux catastrophes naturelles dans le monde ont atteint 35 milliards de dollars (34 milliards d’euros) au premier semestre 2022, soit 22% de plus que la moyenne de la dernière décennie, selon l’institut Swiss Re. En outre, des événements d’origine humaine ont déclenché 3 milliards de dollars de pertes assurées supplémentaires, portant le total des pertes assurées liées aux catastrophes à 38 milliards de dollars. Les inondations en Australie ont abouti à un nouveau record en termes de pertes assurées liées à des inondations à 3,5 milliards de dollars, ce qui représente la catastrophe naturelle la plus coûteuse pour le secteur sur le semestre écoulé.
La gestion de portefeuille intégrant les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) vient de vivre une semaine délicate aux Etats-Unis. Dans un mouvement anti-woke et anti-ESG mené par les Républicains, le gouverneur de l’Etat de Floride,Ron DeSantis, a proposé une loi pour la session législative de 2023 qui interdirait entre autres les gérants d’actifs sélectionnés par le State Board of Administration (SBA) de mettre en oeuvre toute analyse ESG dans leur gestion pour le compte du fonds de pension de l’Etat de Floride. La proposition de loi interdirait également les grands banques, sociétés de carte de crédit et autres pourvoyeurs de fonds de ne pas investir dans certaines compagnies publiques à cause de la notation ESG de celles-ci. Le SBA de Floride compte quelque 250 milliards de dollars sous gestion.Ron DeSantis s’en est pris à la gestion ESG qu’il assimile à «une fraude financière» dans un communiqué de presse. Il suggère que l’ESG «menace la vitalité de l'économie américaine» et que ses partisans tentaient d’imposer «un agenda idéologique woke». La semaine dernière a également vu le Trésorier de l’Etat de Virginie de l’Ouest, Riley Moore, annoncer le bannissement de BlackRock, Goldman Sachs, Wells Fargo, JP Morgan et Morgan Stanley des fonds de pension de l’Etat. Ces institutions financières, qui figurent sur une liste noire, sont accusées de «boycotter» les énergies fossiles de par leurs plans de réduire leurs expositions à ce secteur. Plus tôt dans l’année, d’autres Etats comme le Texas s’en sont pris à l’ESG. Des politiques républicains du Texas avaient compilé une liste noire de fonds mutuels, ETF et gérants «boycottant» les énergies fossiles afin que ceux-ci soient bannis des plans de pension de l’Etat.
S&P Global Ratings a indiqué maintenir sa perspective pour la notation du réassureur Scor à «négative», après l’avoir abaissée en début d’année, tout en confirmant sa note de crédit «AA -». Cela fait suite aux résultats semestriels de Scor qui a publié au titre des six premiers mois de l’année 2022 une perte de 239 millions d’euros et un ratio de solvabilité estimé à 240% contre 226% au 31 décembre 2021. «Scor met en œuvre les actions nécessaires au redressement de sa rentabilité technique, à la réduction de la volatilité de ses résultats, tout en développant son fonds de commerce», a réagi le réassureur dans un communiqué.
La banque suisse a accordé 289 millions de francs (296 millions d’euros) de bonus différés aux salariés de sa banque d’investissement depuis fin juin, selon son rapport trimestriel. Un montant à comparer aux 395 millions de francs accordés lors de l’ensemble de l’exercice 2021, marqué par des pertes liées aux affaires Archegos et Greensill. En pleine crise, Credit Suisse doit mettre la main au portefeuille pour retenir les talents, alors que le groupe subit des défections de haut rang dans sa banque d’investissement. Le 27 juillet, la banque a annoncé une lourde perte semestrielle et remplacé son directeur général pour la troisième fois en cinq ans.