Alors que la police allemande a perquisitionné mardi les bureaux de la Deutsche Bank et de DWS dans le cadre de son enquête pour fraude sur des fonds ESG «vendus plus verts et durables qu’ils ne l’étaient en réalité», selon le parquet de la ville, Deutsche Bank a annoncé ce mercredi matin la démission d’Asoka Woehrmann, en charge des métiers de l’asset management de la banque allemande et directeur général de DWS. La banque ne fournit aucune explication à cette démission mais indique qu’elle se fait «en acccord avec le groupe». Asoka Woehrmann , directeur général depuis 2018, sera remplacé par Stefan Hoops à partir du 10 juin. Ce dernier est le responsable de l’activité de banque d’affaires de Deutsche Bank. Il avait rejoint la banque allemande en 2003 et avait notamment travaillé à New York en 2008 dans le trading de crédit. Dans un communiqué séparé envoyé par DWS, Asoka Woehrmann explique que « les allégations formulées tant à l’encontre de DWS que de moi-même au cours des derniers mois sont devenues un fardeau pour l’entreprise, pour moi et pour ma famille. Aussi, afin de protéger l’institution et mes proches, je prends la décision de quitter mes fonctions et de m’orienter vers un nouveau départ». «C’est avec beaucoup de respect que j’accueille sa décision, qui témoigne d’un sens aigu des responsabilités», a déclaré de son côté Karl von Rohr, président de la Deutsche Bank et président du conseil de surveillance de DWS. Les perquisitions d’hier étaient « en lien avec les accusations de greenwashing qui ont été portées contre DWS», deuxième gestionnaire d’actifs européen, avait confirmé un porte-parole de Deutsche Bank. «Nous avons continuellement coopéré pleinement avec tous les régulateurs et autorités concernés sur cette question et nous continuerons à le faire», précise DWS de son côté. La perquisition a associé des représentants de la BaFin – le superviseur financier allemand. Ce dernier avait ouvert en 2021 une enquête contre DWS, en parallèle du gendarme boursier américain – la SEC – après les dénonciations d’une ex-responsable de l’investissement durable accusant son ex-employeur de greenwashing. Les superviseurs ont décidé de durcir la lutte contre les fausses promesses de l’investissement vert, comme en témoignent les nouvelles règles de commercialisation proposées fin mai par la SEC, et l’amende infligée à une filiale de BNY Mellon.