En matière de reporting sur les donnés environnementales, sociales et de gouvernance, la France fait figure de pionnière, a remarqué Michel Capron, professeur de l’Université Paris VIII et spécialiste du reporting RSE, lors de la conférence organisée par Novethic le vendredi 3 décembre. Avec la loi NRE (nouvelles régulations économiques), le pays a été l’un des premiers à se doter d’une réglementation sur la publication de données extra-financières par les entreprises, rappelle-t-il. Promulguée en juillet dernier, la loi Grenelle 2 modifie et étend la loi NRE. Le décret d’application est encore en négociations mais on sait d’ores et déjà que les entreprises de plus de 500 salariés devront fournir des informations sur leurs engagements sociétaux en développement durable. L’application se fera en 2012 pour l’exercice 2011. Les organismes indépendants qui vérifieront les informations seront les commissaires aux comptes ou des professions ayant une déontologie proche de cette profession, précise Michel Capron. En Europe, certains pays, comme le Danemark, commencent à mettre en place des lois s’inspirant du modèle français. Mais la route est longue pour parvenir à une situation homogène. « L’Europe est assez frileuse », regrette Michel Capron. Le parlement a certes adopté un rapport d’un député français Harlem Désir qui préconise l’obligation de reporting social et environnemental, mais rien ne dit que cela sera suivi d’effets.Les législateurs ne sont pas les seuls à encourager la publication d’informations extra-financières par les entreprises. Certains investisseurs le font, comme SAM, société d’investissement responsable, qui s’occupe d’indices socialement responsable avec Dow Jones. Pour autant, le marché n’est pas toujours convaincu de l’intérêt de ces données. Des accidents de type BP sont néanmoins là pour rappeler que l’extra-financier rejoint parfois cruellement le financier.Anne-Catherine Husson-Traore, directrice générale de Novethic, a également mentionné l’initiative d’Aviva Investors pour encourager les entreprises de marchés à prendre en compte ces enjeux. Mais pour l’instant, celles ci restent assez peu enthousiastes.Enfin, le reporting ESG signifie aussi pour les sociétés de gestion rendre compte des résultats extra-financiers de leurs investissements dits responsables. C’est ce que font notamment BNP Paribas Investment Partners et la Maif. Là encore, dans ce domaine, l’hétérogénéité est la règle.