Suite aux évolutions récentes des prix des CDS et des taux obligataires sur les Etats, cette note s’intéresse au sujet de la fixation des prix sur les marchés de CDS, notamment souverains. Dans ce cadre, des entretiens ont été effectués avec des intervenants sur ces marchés. Ces intervenants s’accordent pour indiquer que, pour l’Allemagne et les Etats-Unis, les évolutions récentes des marchés de CDS n’ont eu aucun impact sur les coûts de financement de ces Etats. Ce constat rejoint celui de la recherche académique qui n’a pas pour l’instant établi de lien de causalité entre les prix des CDS et les taux obligataires pour les souverains les mieux notés. Le marché des CDS sur souverains reste peu profond par rapport aux marchés obligataires, les possibilités d’arbitrage sont coûteuses et risquées et les intervenants ne sont pas nécessairement les mêmes. Les analyses menées confirment, notamment sur la période récente, l’absence d’un marché leader entre les CDS et les obligations. Elles permettent de constater également que, tant que les niveaux de spreads restent peu élevés, les corrélations entre marché des CDS et des obligations sont faibles : tant que le risque de défaut semble contenu, les obligations jouent leur rôle de valeur refuge. En revanche, lorsque le risque souverain s’accroît fortement et que les spreads atteignent un certain niveau, les obligations perdent leur fonction de valeur refuge, une corrélation apparaît. La France paraît s’inscrire dans cette configuration depuis l’automne 2011. Au-delà du lien entre spreads sur les CDS et sur les obligations, le marché des CDS continue de manquer de transparence et reste concentré. Pour le CDS France, 80% des contrats ont pour contrepartie un des 5 principaux participants et 97% des contrats un des 10 principaux participants. La fixation des prix sur les CDS souverains est également influencée par la perception de la couverture réelle qu’apportent ces produits en cas de défaut et par le rôle important des activités de couverture du risque de contrepartie des principales banques. Étude complète en pièce jointe