Les intervenants du forum ont souligné que la mise en place combinée des directives Bâle 3 et Solvency 2 sur les banques et sociétés d’assurance va se traduire par une réduction des crédits bancaires aux entreprises et une baisse de l’investissement en actions des sociétés d’assurance. Le modèle de financement des entreprises européennes va évoluer vers moins de financements bancaires et plus de financements de marché, dans un rapport qui pourrait passer de 80/20% aujourd’hui à 60/40%. Frédéric OUDEA, Président-Directeur Général Société Générale, a rappelé la nécessité de développer les financements de long terme, alors que l’impact des nouvelles réformes de la régulation financière n’a pas été suffisamment évalué dans sa globalité, que le calendrier de mise en place a été raccourci, et que la crise de confiance qui frappe l’Europe entraine un risque de fragmentation des marchés de l’euro zone et un moindre attrait pour les investisseurs étrangers. Bernard SPITZ, Président de la FFSA, a indiqué que ces régulations favorisent l’orientation des investissements vers le court terme et génèrent un surcroît de volatilité. Leur calibrage est dès lors nécessaire, faisant à défaut courir un risque de paralysie de la croissance en Europe. Il ne s’agit plus d’une question technique, mais de choix politiques. Michel PEBEREAU, Président d’honneur de BNP Paribas, a souligné la nécessité d'établir le bon équilibre entre la croissance économique et le niveau souhaité de st abilité. Paris EUROPLACE insiste, dans ce contexte, sur l’urgence de prendre des mesures pour faciliter l’accès des entreprises au marché, quelque que soit leur taille. Les priorités d’actions concernent : l’accélération du développement de l’outil boursier pour les PME. Paris EUROPLACE soutient le projet de « Bourse de l’Entreprise » présenté par NYSE Euronext à l’occasion des Rencontres Financières Internationales de Paris EUROPLACE. Ce projet se caractérise par une dimension résolument européenne, la recherche d’une masse critique de cotation d’entreprises, et un modèle économique qui fasse converger les intérêts des investisseurs, des intermédiaires et des émetteurs. la mise en place de nouveaux moyens pour permettre aux entreprises de se financer sur le marché obligataire, y compris pour les PME : facilitation des procédures d'émission, mise en place de groupements d'émetteurs pour les PME et de nouvelles plateformes (telle que BondMatch de NYSE Euronext) pour améliorer la liquidité et la transparence sur le marché secondaire. Christian NOYER, Gouverneur de la Banque de France, a souligné que les économies européennes n’ont jamais été réformées de manière aussi profonde en aussi peu de temps. Il rappelle qu’il est toutefois nécessaire de poursuivre le renforcement de l’intégration financière européenne. Henri de CASTRIES, Président-Directeur Général AXA, a insisté sur la nécessité de réduire les dépenses publiques, de mener les réformes structurelles pour améliorer la compétitivité économique de la zone euro, et de renforcer la convergence économique en Europe. Saluant les avancées du dernier Sommet Européen, notamment l’affirmation de la mise en place progressive d’une Union Bancaire européenne, avec un renforcement de la régulation financière des banques, la mise en place de mécanismes de garantie mutualisés et la possibilité pour le FSF/MSF (Mécanisme de Stabilité Financière Européen) d’apporter des capitaux aux banques en difficulté, Gérard MESTRALLET, Président de Paris EUROPLACE, a souligné l’urgence de leur mise en oeuvre. Gérard MESTRALLET a enfin fait part des inquiétudes de la place financière de Paris face aux premières annonces gouvernementales sur la fiscalité des dividendes et la taxe sur les transactions financières. Le cumul de ces mesures risque d’entrainer des difficultés supplémentaires, au moment même où les entreprises ont besoin d’un accès au marché des fonds propres, et ceci dans un contexte de compétition européenne et internationale accrue. Le développement d’une place financière forte en France est un enjeu majeur, en termes d’apport de financement à l'économie et aux entreprises, et de plus en plus pour préserver le contrôle de nos centres de décision dans un monde largement ouvert et concurrentiel. Paris EUROPLACE souhaite approfondir le dialogue avec les Pouvoirs Publics pour mettre en ??uvre les 5 priorités stratégiques proposées par son Livre Blanc diffusé lors de la campagne présidentielle : orienter l'épargne française vers l’investissement de long terme ; relancer le financement des entreprises, et notamment des PME ; conforter, en l’adaptant, le rôle des banques dans le financement de l'économie ; accélérer les développements de la finance durable sur la place de Paris et au plan européen ; accélérer notre contribution à la construction d’une place financière européenne plus intégrée et compétitive.