7,2 milliards d’euros. Tel est le montant de hausses d’impôts inscrit dans le deuxième projet de loi de finances rectificative (PLFR) pour 2012 qui a été présenté au conseil des ministres hier et qui apportera 6,1 milliards d’euros supplémentaires en 2013, soit un effort cumulé d’environ 13,3 milliards d’euros à la fin de l’année prochaine. En 2012, la charge des recettes supplémentaires proposées se répartit à 53 % sur les ménages et à 47 % sur les entreprises. Au sein des ménages, ce sont les ménages dont les patrimoines ou les revenus sont les plus élevés qui sont, pour l’essentiel, mis à contribution puisqu’ils supportent 73 % des prélèvements supplémentaires à la charge des ménages.Parmi l’ensemble des mesures annoncées (voir lien figurant au bas de la page), un nombre significatif d’entre elles intéressent directement le secteur financier : - La création d’une contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés sur les montants de dividendes distribuésLa mesure propose d’instaurer une contribution égale à 3 % du montant des dividendes distribués dont le rendement compensera la suppression de la retenue à la source sur les sommes distribuées à des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) étrangers. Le principe de liberté de circulation des capitaux s’oppose à ce que la législation française soumette à une retenue à la source les dividendes de source française lorsqu’ils sont versés à des organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) non résidents, dès lors que ces dividendes n’y sont pas soumis lorsqu’ils sont versés à des OPCVM français. Deux mesures complémentaires sont ainsi proposées :- la suppression de la retenue à la source applicable aux revenus distribués aux organismes de placements collectifs (OPC) étrangers.- l’instauration d’une contribution additionnelle à l’impôt sur les sociétés de 3 %Cette mesure applicable sur les montants distribués par les sociétés et organismes français ou étrangers passibles de l’impôt sur les sociétés en France ne s’appliquera pas aux distributions des organismes de placements collectifs afin de ne pas porter atteinte au principe de neutralité entre placements intermédiés et détention directe, ni aux petites et moyennes entreprises (PME) indépendantes en raison des difficultés d’accès au financement en fonds propres qu’elles subissent. Elle ne concernera pas les montants distribués à des sociétés bénéficiant du régime mère-fille et détenant une participation supérieure à 10 % du capital de la société ou de l’organisme distributeur. La nouvelle contribution sera due pour les montants distribués à compter de l’entrée en vigueur de la présente loi.- La contribution exceptionnelle sur la fortune au titre de l’année 2012Cette mesure revient sur l’allègement de la fiscalité pesant sur les contribuables disposant des patrimoines les plus élevés décidé en 2011 et sera suivie d’une réforme pérenne de l’ISF qui sera présentée dans le cadre du projet de loi de finances pour 2013. Il est proposé d’instaurer, à la charge des personnes dont le patrimoine net imposable est supérieur à 1,3 million d’euros (redevables de l’ISF au titre de l’année 2012), une contribution exceptionnelle sur la fortune, calculée selon un barème progressif identique à celui appliqué pour le calcul de l’ISF dû au titre de 2011. L’ISF dû au titre de 2012, avant imputation des réductions d’impôt, sera toutefois imputable sur le montant de la contribution exceptionnelle.- La limitation des niches sociales patronales sur l’épargne salarialell est question de limiter les avantages sociaux dont bénéficie l’épargne salariale afin d’éviter la substitution de cette forme de rémunération variable et non soumise à cotisations sociales aux hausses de salaires directs qui contribuent au financement de la protection sociale. Il est proposé d’augmenter de 8 % à 20% le taux du « forfait social », à la charge de l’employeur, sur les différentes formes d’épargne salariale : intéressement, participation, abondement de l’employeur aux plans d’épargne entreprise (PEE) et aux plans d’épargne pour la retraite collectifs (PERCO), retraite supplémentaire d’entreprise, prime dividendes.- La taxation accrue des stock-options et distributions d’actions gratuitesIl est proposé de faire passer de 14 % à 30% la taxe due par les entreprises sur les avantages qu’elles accordent à quelques-uns de leurs mandataires sociaux et salariés sous forme d’actions gratuites ou de stock-options. Il est proposé également de faire passer de 8 à 10% la taxe due par les bénéficiaires de cet avantage.Afin «d’amorcer la réorientation des prélèvements obligatoires vers le soutien à l’investissement et à l’emploi», le PLFR prévoit également : - Le doublement du taux de la taxe sur les transactions financièresIl s’agit de porter le taux de cette taxe à 0,2 % du montant des transactions effectuées à compter du 1er août 2012. Ce taux est identique à celui de la proposition de directive européenne. Il est proposé d’avancer la date d’appréciation du critère tenant au montant de la capitalisation boursière des sociétés émettrices des titres. Cette disposition devrait ainsi permettre aux opérateurs de connaître, dès le 1er décembre 2012 et non au 31 décembre comme prévu actuellement, les titres de sociétés dont les transactions réalisées à compter du 1er janvier 2013 entreront dans le périmètre de la taxe.- La création d’une contribution exceptionnelle due par certains établissements de créditIl est question de mettre en place, au titre de 2012, une contribution additionnelle exceptionnelle d’un montant identique à celui de la taxe de risque systémique acquittée en 2012. Son taux est aujourd’hui fixé à 0,25 % du montant des exigences minimales en fonds propres. Il est proposé une contribution additionnelle exceptionnelle d’un montant identique à celui de la taxe de risque systémique acquittée en 2012. L’ensemble des mesures peut être consulté en cliquant sur le lien suivant : http://proxy-pubminefi.diffusion.finances.gouv.fr/pub/document/18/12727.pdf