L’Autorité des marchés financiers (AMF) présentera un nouveau plan stratégique sur trois ans «cet été ou au plus tard à la rentrée», a annoncé le président du régulateur Gérard Rameix, le 23 janvier à l’occasion des vœux à la presse. Si l’ancien plan mettait l’accent sur l’amélioration des conditions de commercialisation des produits financiers, le prochain souhaite «remettre la finance au service de l‘économie réelle qui seule lui donne tout son sens», a souligné Gérard Rameix. Pour atteindre ces objectifs, l’AMF prévoit de développer un certain nombre de solutions de financement à sa disposition. Le président du régulateur cite notamment la bourse de l’entreprise pour les émetteurs moyens et intermédiaires, l’intensification de l’activité obligataire à Paris ou encore les solutions «professionnelles et crédibles» de titrisation. Le collège de l’AMF travaillera sur les différents points du plan dès le mois de février avant de lancer les consultations pour parvenir à une publication au cours de l'été. Au-delà des priorités du nouveau plan stratégique, Gérard Rameix souhaite que son institution contribue à créer un cadre favorable à une épargne de long terme. «Nous devons convaincre les uns et les autres que ce n’est ni forcément risqué pour l’épargnant, qui doit pouvoir considérer un rapport rendement/risque satisfaisant, ni forcément contraire à une nécessaire justice fiscale», a-t-il insisté. Gérard Rameix a également plaidé pour que l’AMF poursuive et intensifie sa présence dans les instances européennes et internationales. «Nous devons convaincre que la part prépondérante des transactions doit s’effectuer sur des marchés transparents et régulés, que les instruments sophistiqués permettant le trading à haute fréquence doivent être contrôlés et cantonnés», a-t-il expliqué. Pour assurer cette présence au sein des instances de régulation, l’AMF souhaite que l’ensemble de la Place de Paris devienne plus visible sur certains sujets. " La Place doit se mobiliser en conséquence et participer davantage aux travaux et consultations européens en cours, soit auprès de la Commission européenne et du Parlement Européen, soit auprès de l’ESMA, l’autorité européenne des marchés financiers dont le rôle s’accroît tous les jours. En revanche, une fois que le droit européen est fixé, quel que soit son niveau, l’AMF demandera à tous les acteurs français de l’appliquer loyalement afin que le « level playing field » entre nos acteurs et ceux des autres places soit préservé», a insisté Gérard Rameix.