Le président français François Hollande a affirmé le 10 avril qu’il fallait «éradiquer» les paradis fiscaux «en Europe et dans le monde», tirant les conclusions de l’affaire Cahuzac. «Nous allons nous mobiliser contre les paradis fiscaux», a déclaré le chef de l’Etat dans une allocution à l’issue du Conseil des ministres, annonçant plusieurs mesures.Les banques françaises notamment «devront rendre publique chaque année la liste de toutes leurs filiales partout dans le monde, pays par pays. Elles devront indiquer la nature de l’activité de chacune de ces filiales et fournir, pour chaque pays, le chiffre d’affaires, les effectifs, les résultats, les impôts payés et les aides publiques reçues. L’ensemble de ces informations seront publiques et à la disposition de tous, en particulier de la société civile et des ONG, qui en formulaient depuis longtemps la demande. Il ne sera plus possible pour une banque de dissimuler les activités qu’elle mène dans un paradis fiscal ; elle devra, le cas échéant, s’en expliquer et rendre des comptes " «Je veux que cette obligation soit également appliquée au niveau de l’Union européenne et demain étendue aux grandes entreprises», a poursuivi le président français.Par ailleurs, «la France établira chaque année une liste de paradis fiscaux», a-t-il déclaré. En fait, une liste régulièrement actualisée existe déjà, mais elle ne contient plus énormément de paradis fiscaux dès lors que la plupart ont signé avec la France des accords d'échange de renseignements fiscaux. Ces échanges se font toutefois uniquement à la demande de l’administration et de manière souvent restrictive. Selon le chef de l’Etat, la liste sera dorénavant établie «en fonction non seulement de signatures de conventions avec les pays, mais de la réalité, de l’effectivité des informations qui seront données».Enfin, le président de la République a prôné «un échange automatique d’informations», et non plus uniquement à la demande, «sur les revenus et le patrimoine détenus par les Français à l'étranger ou par des étrangers en France». «Ce doit être la règle en Europe pour que nous puissions mettre un terme au secret bancaire et à la dissimulation des avoirs», a-t-il insisté.