Plus de 2,5 millions de documents concernant des sociétés offshore ont été transmis à un réseau international de journalistes, selon Le Matin Dimanche et la SonntagsZeitung, qui y ont eu accès. Peut-être une mauvaise nouvelle pour les deux géants suisses UBS et Credit Suisse qui auraient noué des relations avec une société, Portcullis TrustNet, apparemment impliquée dans de nombreux cas de fraude fiscale ou de blanchiment. Par l’intermédiaire de TrustNet, UBS aurait ainsi été en relation avec plus de 2.900 sociétés dans une douzaine de paradis fiscaux. Le site d’informations financières finews indique qu’UBS et Credit Suisse se sont refusé à tout commentaire sur leurs relations avec TrustNetLe Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), basé à Washington, a reçu sous forme informatique une masse de données occupant 260 gigabytes, soit un volume 160 fois supérieur aux câbles diplomatiques américains publiés par Wikileaks en 2010. Avec ses partenaires travaillant dans près de quarante pays, l’ICIJ a présenté le 4 avril les premiers résultats de l’exploitation de cette fuite. Il y a plus d’un an, un paquet a été envoyé anonymement par la poste à une adresse en Australie. Le disque dur qui se trouvait à l’intérieur a ensuite été transmis à l’ICIJ. Ces «Offshore Leaks» contiennent une quantité d’informations bien supérieure à toutes les fuites de données bancaires survenues ces dernières années de Suisse vers l’Allemagne ou la France, notent les deux journaux. Les documents - des contrats et des fax numérisés, des copies de passeports, des e-mails, de la correspondance bancaire et de nombreux autres documents - sont issus de deux sociétés spécialisées dans les domiciliations offshore. Depuis plusieurs mois, plus de 80 journalistes du monde entier travaillent sur cette masse de données, tentant de décortiquer les montages financiers internationaux, souvent complexes, et de mettre en contexte ces informations. Quelque 122.000 entités (sociétés, trusts, etc.) sont concernées, reliées à plus de 130.000 personnes dans 140 pays. Plus de 35 médias de toute la planète ont dévoilé dès le 4 avril les premiers résultats de leurs investigations sur les Offshore Leaks.