Alors qu’approche la date de l’entrée en vigueur de la directive AIFM, le 22 juillet prochain, le travail de transposition bat son plein. Le Haut Comité de Place vient de lancer une consultation ouverte jusqu’au 15 mai. De son côté, l’Autorité des marchés financiers (AMF) poursuit ses travaux et vient d’ouvrir un guichet d’agrément simplifié pour les sociétés de gestion déjà agréées. «Le dialogue est ouvert avec les sociétés de gestion. Celles qui disposent déjà d’un agrément doivent procéder à une simple mise à niveau pour se mettre en conformité avec la directive», a indiqué le 25 avril Xavier Parain, directeur adjoint à la gestion d’actifs de l’AMF, à l’occasion d’une conférence du Club Pierre organisée par Herbert Smith Freehills.La mise à niveau passe par une «analyse de gap», sur la base d’une grille de huit critères, qui doit permettre à la société de gestion de combler l'écart qui pourra exister sur les dispositions relatives au reporting par exemple, ou encore sur celles concernant les rémunérations, a expliqué Xavier Parain. «Les sociétés de gestion peuvent donc nous renvoyer leur coupon-réponse dès à présent», a lancé Xavier Parain.. Les premiers agréments seront délivrés le 23 juillet, à l’occasion de la première réunion du collège suivant l’entrée en vigueur de la directive. En attendant, quelques points d’attention sont encore en examen, notamment sur la définition du fonds alternatif d’investissement (FIA ou AIF). L’AMF devrait prochainement publier un guide d’accompagnement sur la définition du FIA et l’Autorité européenne des marchés (AEMF ou ESMA) travaille sur les frontières séparant les FIA des autres fonds. Xavier Parain a ainsi évoqué la question du seuil des 100 millions d’euros d’actifs qui ne doit pas être pris au pied de la lettre. Ce montant de 100 millions d’euros d’actifs est un «montant AIFM» qui se calcule en prenant en compte l’effet de levier. Autrement dit, un fonds de 20 millions d’euros d’actifs gérés avec un effet de levier entre dans le périmètre de la directive. Cela dit, on ne se retrouve pas non plus complètement en dehors du périmètre si l’on est en dessous du seuil des 100 millions, dans la mesure où s’applique notamment dans ce cas un mini-reporting. Au-delà des implications réglementaires, la question de l’impact de la directive en termes de coûts a également été évoquée. Selon Xavier Parain, cet impact pourrait représenter globalement quelques dizaines de points de base mais il devrait surtout s’appliquer aux véhicules qui n’ont pas de dépositaire, comme les SCI ou les SCPI. Sinon, les fonds traditionnels, quelque 8.000, sont déjà compatibles avec la directive et pour ces véhicules-là, l’impact sera pratiquement nul, a-t-il précisé.