Scope Ratings, qui vient de démarrer une activité de notation financière à Londres, a publié le 17 septembre sa première méthodologie de notation des banques. Selon cette méthodologie, les notations doivent être plus lisibles, plus prospectives et plus transparentes afin de mieux correspondre aux réalités du monde bancaire de l’après-crise.Dans un premier temps, Scope notera les banques européennes, mais sa méthodologie, applicable à tous les établissements dans le monde, permettra d’effectuer des comparaisons pertinentes basées sur des notations homogènes. La méthodologie, dont la pierre angulaire est l‘Issuer Credit-Strength Rating (ICRS ou Notation de Solidité Financière Intrinsèque), intègre un mix qualitatif et quantitatif. Scope définit cette notation comme «un avis sur la capacité de la banque à remplir ses engagements contractuels financiers en temps et en heure tout en assurant sa continuité d’exploitation». Les notations des titres de dette seront basées à la fois sur la solidité financière de l’émetteur (l’ICSR) et la nature des titres.L’importance du nouveau cadre réglementaire de résolution et de redressement des banques est au cœur de la méthodologie de Scope. D’après l’agence, la mise en œuvre disciplinée et en temps voulu de ces mesures par les régulateurs devrait accroître progressivement la stabilité et le caractère prévisible des notations des banques. En particulier, le recours aux mécanismes de renflouement interne (bail-in) dans des situations de crise devrait diminuer les probabilités d’insolvabilité et accroître la stabilité du secteur bancaire. Selon Sam Theodore, l’auteur de cette méthodologie, l’analyse et des notations de Scope s’appuieront tout particulièrement sur l’évaluation de la façon dont les banques ajustent leurs stratégies et leurs activités à un environnement réglementaire plus sévère et à une surveillance renforcée.En outre, la probabilité d’un soutien des banques en difficulté par les pouvoirs publics a diminué, estime Scope. En conséquence, il est peu probable que Scope utilise ce facteur comme source de renforcement de ses notations, en particulier celles des banques en bonne santé financière. De manière générale, le relèvement des notes à la suite d’un soutien externe devrait être l’exception et non pas la règle dans des systèmes bancaires soumis à des réglementations transparentes. Des exceptions pourront être faites dans le cas de banques de grande taille présentant une détérioration de leurs fondamentaux de crédit, et pour lesquelles les signes de soutien potentiel sont tangibles. Ce pourrait être le cas, par exemple, de banques qui jouent un rôle clairement défini dans la politique de financement public.Au cours des prochains mois, Scope prévoit de publier des méthodologies de notation distinctes pour les instruments de fonds propres et les obligations sécurisées. Dans un souci de dialogue constant avec les investisseurs, les émetteurs et les autres parties prenantes, Scope invite les acteurs du marché à formuler des commentaires sur sa nouvelle méthodologie de notation des banques d’ici fin octobre 2013.