Le Liechtenstein doit renforcer ses critères de vigilance à l'égard de la clientèle et s’assurer de leur pleine mise en œuvre par les institutions financières, selon un rapport du Conseil de l’Europe publié le 3 juillet à Strasbourg. Le secteur bancaire compte pour environ un tiers du produit intérieur brut et représente 16% des emplois directs de ce micro-pays de 36.000 habitants situé entre la Suisse et l’Autriche.Le Comité du Conseil de l’Europe pour la lutte contre le blanchiment des capitaux, Moneyval, crédite Vaduz de progrès considérables dans l'évolution de son cadre juridique, depuis une précédente évaluation en 2007. «Toutefois, la mise en oeuvre est encore inégale et pas toujours optimale», note l'équipe d'évaluation, principalement formée d’experts du Fonds monétaire international.Si le mécanisme «proactif» de confiscation des avoirs du crime a prouvé son efficacité, note le rapport, «la quasi-absence de condamnations pour blanchiment d’argent (une seule depuis 2007) et le très petit nombre de poursuites interpellent sur le caractère effectif de l’approche répressive». «Certaines vulnérabilités intrinsèques continuent d’exposer le pays aux risques de blanchiment d’argent», rappelle Moneyval à propos d’un modèle économique «centré sur la banque privée, la gestion de fortune et les affaires avec des non résidents».Le rapport critique, dans ce contexte, un mécanisme de supervision qui ne tient pas suffisamment compte, dans son approche, des risques spécifiques. Le Liechtenstein a annoncé, en novembre dernier, sa décision de mettre fin au secret bancaire et d’adhérer au système automatique d'échange d’informations développé par l’OCDE, qui devrait entrer en vigueur fin 2015 ou début 2016.En atttendant, le rapport critique l’insuffisante capacité des établissements financiers et des autorités de supervision du pays à identifier les bénéficiaires finaux des avoirs détenus dans la Principauté. «Malgré d’importants progrès réalisés pour améliorer la transparence des personnes morales et des constructions juridiques, les autorités du Liechtenstein doivent renforcer la surveillance des prestataires de services aux sociétés et fiducies, afin de garantir qu’ils obtiennent et conservent des informations complètes, exactes et actualisées sur les bénéficiaires effectifs».