Dans le cadre de l’édition 2015 de sa lettre annuelle détaillant ses priorités pour l’année en cours, la Financial Industry Regulatory Authority (FINRA), autorité américaine en charge du secteur financier, annonce qu’elle portera une attention toute particulière aux pratiques commerciales liées aux produits financiers. En ligne de mire, les ETP dit « smart beta ». Contrairement aux fonds indiciels classiques qui reproduisent un indice composé de titres pondérés en fonction de leur capitalisation boursière, ces fonds « smart beta » privilégient des indices créés à partir d’autres critères comme la faible volatilité ou les taux de distribution. Or « Sur le marché des produits ETP, l’utilisation d’indices basés sur des pondérations alternatives a connu une croissance significative en termes de produits et d’actifs investis », écrit la Finra dans son document. Un développement qui n’est pas sans risque. « Pour les investisseurs individuels, les produits qui répliquent ces indices peuvent être complexes et inhabituels, poursuit le régulateur américain. En outre, les ETP qui suivent ces indices peuvent être peu liquides et avoir des écarts de prix à l’achat et à la vente importants, rendant la négociation de ces fonds plus coûteuse, en plus de leurs frais de gestion qui sont en général plus élevés ». La Finra ajoute que « certains de ces indices alternatifs peuvent avoir une rotation plus élevée que celle des indices traditionnels, entraînant des coûts de transactions supérieurs pour les ETPF qui les suivent ». Le régulateur américain s’interroge notamment sur l’impact des aléas boursiers ou de tout autre mouvement de marchés sur ces indices et, in fine, sur la performance de ces fonds. « Bien que des tests et des recherches académiques mettent en lumière l’efficacité potentielle et l’intérêt des indices alternatifs, la question reste posée de savoir comment ces indices et les produits qui les suivent peuvent se comporter dans des environnements de marchés différents », conclut la Finra.