En 2009, une dégradation des taux de couverture est probable alors que, pour la première fois depuis 20 ans, l"encours des fonds monétaires américains dépasse celui des fonds actions, estime Romain Boscher, le directeur de la gestion actions de Groupama AM. Dans ce contexte, mieux s"en tenir à une approche défensive.NM : Dans ce contexte, quelle est votre stratégie d"investissement ? RB : Nous allons continuer à bannir les produits dont on ne maîtrise pas le fonctionnement. De même, nous continuons à éviter les sociétés tributaires d"un appel au marché en 2009, qu"il s"agisse du marché actions ou obligataire. NM : Quelles sont les principales zones de risques en 2009 ? RB : Je pense notamment qu"il faudra aussi considérer le marché obligataire avec beaucoup de circonspection car les taux de recouvrement vont se dégrader. Les marchés avaient l"habitude d"espérer, en cas de faillite, un taux de recouvrement de près de 30 % du nominal de l"obligation. Même si les spreads sont à des niveaux historiques, il faut donc continuer à aborder ces marchés avec prudence. Le scénario le plus noir serait qu"une crise de confiance relative à la solidité des principaux Etats, derniers dominos, s"installe. Cela aurait un effet désastreux pour la dette souveraine. On a récemment vu qu"en Allemagne les 6 milliards d"euros émis par l"Etat allemand n"ont été que partiellement souscrits et c"est un signe inquiétant. Toutefois, ce risque de crise sur les emprunts d"Etat n"est pas notre scénario central. NM : Le marché monétaire vous inquiète-t-il ? RB : Aujourd"hui, les taux courts sont à zéro aux Etats-Unis et l"encours des fonds monétaires américains dépasse celui des fonds actions, ce qui n"était plus arrivé depuis 20 ans. Voir autant d"argent amassé là a quelque chose de périlleux et lorsque les investisseurs retrouveront le goût du risque, ce type de segment sera, nous l"espérons, un pourvoyeur de capitaux pour les classes d"actifs risquées, actions en tête. Au final, tout dépendra du comportement des épargnants qui ont le choix entre le risque 0 à taux proche de 0 et un rendement élevé au prix d"un risque qui l"est, il est vrai, tout autant à ce stade. Ce qui peut légitimer le fait de placer durablement à un taux proche de 0 serait une déflation durable et non transitoire comme escomptée en 2009. NM : Quelles sont les bonnes allocations d"actifs en 2009 ? RB : Nous restons favorables à une approche prudente. La crise financière n"est malheureusement pas terminée et la crise économique ne fait que commencer. Aussi, nous tenons nous toujours à l"écart des secteurs financiers et cycliques. Les télécoms, la santé et la consommation courante sont nos secteurs préférés. De même, nous privilégions les sociétés qui n"auront pas besoin de faire appel au marché. NM : Et en termes de zones géographiques ? RB : La crise de 2008 a démontré que les remparts s"effondrent et que la globalisation financière fait baisser presque dans les mêmes proportions les grandes places financières comme cela a été le cas en 2008 aux Etats-Unis, en Europe et au Japon. Il n"y a pas de zone géographique à l"abri d"un possible trou d"air possible en ce début d"année.
Pour Romain Boscher, directeur de la gestion actions de Groupama AM, rare société de gestion à avoir développé sa collecte en 2008, les indices boursiers pourraient se stabiliser, fin 2009, sur la base des niveaux atteints? fin 2008.Newsmanagers : Comment avez-vous passé l"année 2008 ?Romain Boscher : La gestion actions de Groupama représente environ 13 milliards d"euros, répartis entre la gestion ALM, la gestion active benchmarkée, la gestion satellite et la gestion internationale ; indifféremment en OPCVM ou sous mandat.En 2008, notre situation a évolué a contrario de celle de la Place puisque nous enregistrons une collective positive de près de 200 millions d"euros pour le pôle action. Nos performances financières, très supérieures aux indices, conjuguées aux performances commerciales, ont nettement ralenti la diminution mécanique (avec l"effondrement des Bourses) des encours gérés en actions.NM : Quelles leçons tirez-vous de la crise financière de 2008 ?RB : Ce qui s"est passé l"année dernière ne nous a pas vraiment surpris car nous faisions partie des rares sociétés de gestion à avoir indiqué, dès le début de l"exercice, que le marché allait connaître un environnement très dégradé et une baisse des résultats des sociétés cotées. Nous avions vu juste sur la tendance. Mais l"ampleur et la rapidité de la baisse nous ont surpris. Par ailleurs, si nous craignions aussi une propagation de la crise, n"adhérant pas aux théories de découplage, nous avons cependant été impressionnés par la vitesse de propagation.NM : Quelles sont vos prévisions pour 2009 ?RB : Contrairement au consensus, qui mise sur une stabilité du profit des entreprises, nous estimons que les bénéfices vont encore baisser de 35 % en zone euro. De même, nos anticipations en matière de PIB ne sont pas favorables puisque nous anticipons une baisse de 1,75 % du PIB des grands pays développés comme les Etats-Unis, le Japon et l"Europe. Par ailleurs, certains pays émergents sont en risque de décrochage comme l"Afrique du Sud, la Corée ou l"Estonie. NM : Quel est votre scénario central ?RB : Notre scénario central est que le pire de la crise économique et financière sera atteint au premier semestre 2009. Les Bourses pourraient se stabiliser, en fin d"année, sur des niveaux voisins de ceux atteints à la fin 2008. En effet, le niveau actuel des indices est compatible avec le recul des profits de 35 % dont je parlais plus haut. L"ampleur de la baisse anticipée s"explique par l"impact cumulé de la dégradation du résultat d"exploitation, du résultat financier (forte hausse des coûts de financement) et du résultat exceptionnel (dépréciation d"actifs, déficit des fonds de pensions) ; sans parler de la dilution des BNPA inhérentes aux augmentations de capital.
Avec la crise financière, la situation des caisses de pension suisses est entrée dans une zone de turbulences qui peut inquiéter. Dans un communiqué diffusé à l"occasion de la publication de son rapport annuel sur la situation financière des institutions de prévoyance et des assureurs-vie, l"Office fédéral des assurances sociales (Ofas) estime que la situation générale des caisses de pension «s"est sans doute fortement dégradée en 2008".A la fin 2007, le taux de couverture moyen des caisses de droit privé s"élevait à 116 %. Elles n"ont pas pu le maintenir à ce niveau puisque elles ont besoin d"un rendement moyen de l"ordre de 4 % par an rien que pour conserver leur taux de couverture et qu"entre janvier et fin novembre 2008, l"indice Pictet LPP 25 a perdu 8 %. Avec un taux de couverture moyen de couverture de 103 % à 104 %, ce sont entre 30 % et 50 % des caisses qui devraient présenter un découvert en 2008, ce pourcentage pouvant fluctuer à la hausse comme à la baisse en raison de la forte volatilité des marchés. L"Ofas remarque toutefois que la dégradation de la situation ne signifie pas pour autant que les prestations des caisses sont en danger. «Les risques de la prévoyance n"ont que peu de rapport avec ceux du système bancaire», souligne l"Office. «Par exemple, les caisses gèrent leurs liquidités de manière autonome et, de ce fait, ne sont pas dépendantes de prêts provenant d"autres caisses». Il n"existe donc ni risque systématique ni danger de «contagion», conclut l"Ofas.
Michael Hasenstab est gérant du fonds obligataire FTIF Templeton Global Bond Fund chez Franklin Templeton. Pour les trois mois à venir, les principales sources de performance sont selon lui les baisses de taux d’intérêt, les devises asiatiques et la dette émergente en dollars. Il explique sa position d"achat sur les devises asiatiques par sa confiance en la croissance en Asie (hors Japon), qui devrait selon lui #rester positive, même si elle ralentit#.
Selon Le Temps, les sociétés qui travaillaient avec Bernard Madoff et qui se présentaient comme des «sélectionneurs» de fonds, ont monté - ou fait monter - des fonds relais dont l’unique but était de canaliser les capitaux de leurs riches clients chez Madoff. En touchant au passage d’importantes commissions. Les huit plus importantes d’entre elles géraient 27 milliards de dollars, selon l’agence Bloomberg, rappelle le quotidien. Vendredi, une caisse de retraite de Los Angeles a attaqué en justice la firme américaine Fairfield Greenwich, qui gérait le plus gros - et le plus ancien - fonds relais alimentant Madoff (7,5 milliards de dollars), en lui réclamant le remboursement d’un milliard de dollars de commissions indûment perçues. La plainte pourrait se transformer en «class action».
Les investisseurs de Northern Rock vont entamer cette semaine leur bataille contre le gouvernement sur leur droit à recevoir une compensation, rapporte le Financial Times. Les hedge funds SRM Global et RAB Capital, qui détenaient tous les deux environ 20 % de la banque avant sa nationalisation en février, ont rejoint la horde de 150.000 actionnaires individuels qui portent plainte contre le Trésor.
A fin novembre, les actifs sous gestion des fonds commercialisés de droit français étaient de 773,74 milliards d’euros contre quelque 921,83 milliards d’euros en décembre 2007, soit une baisse de 16,1 %, rappelle La Tribune en citant des chiffres d"Europerformance. Si 2009 s"engage aussi mal que 2008, «une concentration du secteur n’est pas à exclure» et «beaucoup de structures pourraient voir leurs réserves constituées ces dernières années fondre comme neige au soleil, ce qui les mettrait en danger», estime notamment le quotidien financier.
Jusqu"à 40 % des sociétés de capital-investissement pourraient faire faillite dans les trois prochaines années en raison de l’aggravation de la crise économique, selon un livre blanc, publié récemment par l’IESE Business School en partenariat avec le cabinet Boston Consulting Group (BCG). De 2003 à 2007 «presque toutes les sociétés de capital-investissement ont été en mesure de croître de manière exponentielle grâce à un climat financier et économique exceptionnellement favorable. Cela a particulièrement été possible grâce à quatre grands moteurs de croissance : une quantité massive de dettes bon marché, la hausse de la rentabilité dans tous les secteurs industriels, l’escalade des prix des capitaux et la répartition d"importants actifs des investisseurs institutionnels vers des fonds de capitaux privés», affirment les deux auteurs, le professeur Heinrich Liechtenstein de l"IESE Business School et Heino Meerkatt, expert en capital-investissement chez BCG à Munich. «La récente crise financière et économique a bousculé tous ces facteurs dans des directions opposées». Bien que les auteurs prévoient un grand nombre de cessations de paiement parmi les sociétés de portefeuille, ils ne prévoient pas une «vague de choc» économique. «Nous sommes certains que ces sociétés - même si elles sont en cessation de paiement - ont les mêmes chances de survie que les entreprises qui ne sont pas contrôlées par des sociétés de capital-investissement», indiquent-ils. Ce sont les sociétés de capital-investissement que cela touchera le plus, estiment les auteurs qui prévoient une disparition de 20 à 40 % de ces entreprises. 30 % d"entre elles devrait survivre, disent-ils, mais les autres seront en balance. Les sociétés de capital-investissement devraient prendre trois mesures pour faire face à la crise : se concentrer sur des améliorations opérationnelles, chercher des occasions de prendre des participations dans des sociétés de portefeuille contrôlées par d’autres sociétés de capital-investissement et envisager de proposer des actions plus largement dans le monde des entreprises.
Deborah Fuhr est responsable de la recherche sur les ETF chez Barclays Global. Dans un entretien aux Echos, elle rappelle qu"à la fin d’octobre, les ETF européens ont enregistré une collecte de 61 milliards de dollars. Leur succès repose notamment sur leur transparence, souligne-t-elle. #Ils sont également simples, liquides, peu coûteux et peuvent être achetés ou vendus à n’importe quel moment de la journée#, ajoute Deborah Fuhr. En 2009, elle anticipe que les investisseurs en ETF #devraient davantage se tourner vers des produits obligataires, de crédit. Ils pourraient revenir sur des indices d’actions larges comme le marché américain, européen, et japonais#, précise-t-elle au quotidien.
Selon Arturo Bris, professeur à l’IMD, interviewé par le quotidien helvétique Le Temps, le short selling (opération qui consiste à vendre un titre qu’on ne détient pas aujourd’hui et espérer le racheter plus tard à un plus bas prix) est en voie de réhabilitation à condition d"être entouré d"une transparence accrue. Pour l"enseignant, qui s"apprête à publier une étude portant sur 799 actions américaines et sur divers marchés internationaux ayant interdit le short selling, «il n’y avait pas de raison valable à l’interdiction».
Dans un entretien accordé à l"Agefi, Hanna Stekelorom, responsable de la gestion crédit chez Natixis Asset Management, estime notamment que l"abondance de l"offre devrait maintenir les marges de crédit sur le marché primaire à des niveaux élévés. #Le resserrement des marges de crédit ne pourra se faire que quand les conditions de financement sur les marchés interbancaires vont se détendre et quand les marchés financiers seront rassurés sur l’efficacité des politiques mises en places et la pérennité de la reprise éventuelle#, précise-t-elle notamment dans les colonnes du quotidien numérique.
Selon l"Agefi, la banque pourrait ouvrir une activité de gestion de fortune avec Sumitomo Mitsui Financial Group (SMFG). Le montant des actifs détenus par les ménages japonais est estimé à 15.900 milliards de dollars, précise notamment le quotidien numérique.
Rahtbone Brothers a annoncé vendredi que son encours total à fin décembre ressortait à 10,46 milliards de livres contre 13,12 milliards douze mois plus tôt, ce qui représente une contraction de 20,3 %. Sur ce total, les fonds gérés par Rahtbone Investment Management Ltd représentaient 9,43 milliards, soit 16 % de moins que fin 2007 et la hausse organique annalisée de l’encours sous-jacent s’est située à 7,3 %Les fonds gérés par Rathbone Unit Trust Management Ltd ont pour leur part plongé de 45,5 % à 1,89 milliard de livres, avec des remboursements nets de 234 millions.
Crédit Agricole Asset Management Alternative Investment Sgr est la première société de gestion italienne à avoir adopté les nouvelles mesures en matière de liquidité destinées aux hedge funds, rapporte Il Sole ? 24 Ore. Ces dispositions prévoient notamment la possibilité d"introduire des gates et des side-pockets. CAAM AI a ainsi créé une side-pocket pour les actifs illiquides des fonds des gammes Multi Arbitrage, Multi Strategy, Long/Short et Opportunity.
Selon La Tribune, #un cabinet d’avocats aurait lancé, pour le compte d’un client, une procédure de saisie de compte bancaire à l’encontre de la Sicav Luxalpha#. Cette saisie porte sur 1 million d"euros. #En réponse, Luxalpha a demandé, par référé, le cantonnement au montant revendiqué# car #une fois prononcées, les saisies sur compte bloquent l’ensemble des actifs d’un compte#, précise le quotidien financier.
Jeudi, l’Association française de gestion financière (AFG) a réuni ses membres touchés par l"affaire Madoff. Ces derniers sont déterminés à agir, certaines sociétés de gestion ayant déjà saisi des cabinets d’avocats pour préparer des actions judiciaires contre les dépositaires des fonds touchés, rapporte Les Echos. #Si cela ne suffit pas, quelques-unes veulent mettre la pression sur la place luxembourgeoise, son autorité, la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) et les promoteurs#, en ne souscrivant plus des parts de fonds domiciliés dans le Grand Duché, précise le quotidien, #et commencent même à racheter, c’est-à-dire à vendre, des parts qu’elles ont dans leurs fonds ou dans les comptes des clients#.
Les procureurs fédéraux américains ont passé un accord avec les avocats de Bernard Madoff afin de repousser la date butoir pour présenter un acte d"accusation dans l"affaire pénale concernant l"escroc, rapporte le Wall Street Journal. Ils avaient initialement jusqu"à lundi pour le faire. Désormais, ils ont jusqu"à la mi-février.
Selon le Financial Times, près de 10 acquéreurs potentiels, dont Schroders, ont présenté des propositions pour New Star lors du premier tour de la vente. Parmi les autres sociétés de gestion qui ont soumis des offres indicatives figurent Henderson, Gartmore, Neptune IM et Aberdeen AM. Le prix serait supérieur à 100 millions de livres, mais peu pensent que ce niveau sera effectivement atteint.
Selon La Tribune, UBS pourrait enregistrer une perte de 13 milliards d"euros en 2008, dont 5,3 milliards d"euros pour le seul T4. La présentation officielle des résultats de la banque aura lieu le 10 février.
L’action Deutsche Börse a perdu 7,25 % vendredi sur Xetra, le marché craignant que le hedge fund TCI ne liquide sa position. La rumeur a été alimentée selon la Börsen-Zeitung par l’annonce du départ au 1er janvier 2009 de Patrick Degorce, co-fondateur du fonds de Chris Hohn et auteur en 2007 de la lettre qui avait provoqué le démantèlement d’ABN Amro.
Patrick Degorce, ancien dirigeant de Merrill Lynch et ex-officier de la Marine française, a quitté The Children’s Investment Fund Management, qu"il avait contribué à lancer en 2004. Le fonds a perdu 43 % environ en 2008, selon des personnes proches du dossier citées par le Wall Street Journal.
Bernard Madoff ordered his UK company to transfer about USD150m to his US firm just weeks before he confessed to running a fraud scheme, two former employees of Madoff Securities International said, according to the Financial Times. Mr Madoff explained that he was nervous about sterling.
In its 9 January issue, Il Sole - 24 Ore reports on EUR140bn in outflows from mutual funds on sale in Italy in 2008. The daily newspaper states that the leading management firm in the sector, Intesa Sanpaolo, saw net redemptions of EUR33bn in the 12-month period, while Pioneer Investments (UniCredit) saw outflows of EUR32.8bn. Other management firms which have lost assets are Banco Popolare (-EUR9.2bn), Crédit Agricole A.M. (-EUR8bn), Arca (-EUR5.8bn), Mps (-EUR5.5bn) and Ubi (-EUR5.1bn). Firms which posted positive net inflows are rare: Mediolanum (EUR891m), Generali (EUR242m), State Street Global investors (EUR280m), Banca Finnat Euroamerica (EUR273m), Agora, Pfm, and Rothschild.