La Grèce a décidé de repousser de quelques mois une nouvelle adjudication obligataire en raison des remous sur le marché de la dette en zone euro provoqués par les incertitudes politiques en Italie, ont déclaré mercredi des responsables grecs. Après avoir mis en œuvre des réformes économiques en échange de l’aide financière de ses partenaires européens et du Fonds monétaire international (FMI), Athènes a sollicité les investisseurs à deux reprises ces 12 derniers mois, via des titres à cinq ans en juillet 2017 et à sept ans en février.
Le moral des investisseurs s’est dégradé en juin pour le cinquième mois consécutif et retombe à son plus bas niveau depuis octobre 2016 en raison de la situation politique en Italie et des tensions commerciales avec les Etats-Unis, montre l’enquête mensuelle de l’institut allemand Sentix publiée hier. Son indice de confiance fléchit ce mois-ci à 9,3 contre 19,2 en mai. Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne un repli limité à 18,4. Le jugement des investisseurs sur leurs conditions actuelles s’est dégradé; quant à leurs anticipations, elles sont au plus bas depuis août 2012.
La Banque centrale européenne (BCE) a ralenti en mai ses rachats d’obligations souveraines italiennes alors même que la crise politique battait son plein, montrent les données publiées hier par la BCE. La BCE a racheté en mai pour 3,6 milliards d’euros d’emprunts du Trésor italien, soit environ 8% de moins que ce qui est prévu par ses règles de répartition, selon des calculs de Reuters. La BCE a expliqué cet écart par la nécessité de racheter davantage de titres émis par l’Allemagne, dont un montant élevé d’obligations était arrivé à échéance en avril. Elle s’efforce ainsi de démentir les accusations en provenance d’Italie selon lesquelles elle aurait volontairement acheté moins de dette italienne dans le but de peser sur la composition du nouveau gouvernement à Rome. La BCE a acheté pour 6,9 milliards d’euros d’obligations allemandes en mai pour compenser le faible montant du mois précédent, le plus bas depuis le lancement de ce programme, comme elle l’avait annoncé.
Le moral des investisseurs se dégrade en juin pour le cinquième mois consécutif et retombe à son plus bas niveau depuis octobre 2016 en raison de la situation politique en Italie et des tensions commerciales avec les Etats-Unis, montre lundi l’enquête mensuelle de l’institut allemand Sentix. Son indice de confiance fléchit ce mois-ci à 9,3 contre 19,2 en mai. Les économistes interrogés par Reuters attendaient en moyenne un repli limité à 18,4. Le jugement des investisseurs sur leurs conditions actuelles s’est dégradé; quant à leurs anticipations, elles sont au plus bas depuis août 2012.
Le nouveau gouvernement italien, composé du Mouvement 5 Etoiles (M5S) et de La Ligue (extrême droite), va revenir sur la réforme du code du travail introduite en 2015 par le gouvernement de centre gauche de Matteo Renzi. Cette annonce a été faite hier par le chef de file du M5S, Luigi di Maio, ministre du Travail et de l’Industrie. La réforme introduite en 2015 levait certaines restrictions sur les licenciements dans les grandes entreprises tout en accordant des incitations fiscales temporaires à l’emploi de salariés suivant des dispositions moins protectrices pour ces derniers.
Le Trésor italien a émis ce matin 1,82 milliard d’euros d’obligations d’Etat de maturité 1er février 2028 et de coupon 2%, à un prix nettement en-dessous du pair de 91,85 correspondant à un rendement de 3%. Il s’agit d’une réouverture de ligne déjà existante dont les encours sont de 14,2 milliards d’euros. L’émission a été suivie par les investisseurs, avec une demande qui a atteint 2,7 milliards d’euros, dans un contexte de fortes tensions depuis le début de semaine sur le marché secondaire de la dette italienne lié à un contexte politique eurosceptique inquiétant dans le pays.
Tout programme ayant pour effet d’affaiblir les finances publiques de l’Italie pourrait saper la confiance et mettre en péril des années de précieuses réformes, a averti mardi le gouverneur de la Banque d’Italie. Ignazio Visco s’exprimait lors de l’assemblée générale de la banque centrale, alors que le pays s’achemine vers des élections anticipées dans un climat d’euroscepticisme important. L'économie italienne donne enfin des signes de redressement et la situation des finances publiques s’améliore après des années d’efforts, a-t-il fait valoir. «Les règles du jeu peuvent être débattues, critiquées même; elles peuvent sûrement être améliorées, a-t-il dit. Mais nous ne pouvons ignorer les contraintes constitutionnelles: la protection de l'épargne, l'équilibre des comptes et le respect des traités.»
Tout programme ayant pour effet d’affaiblir les finances publiques de l’Italie pourrait saper la confiance et mettre en péril des années de précieuses réformes, a averti mardi le gouverneur de la Banque d’Italie. Ignazio Visco s’exprimait lors de l’assemblée générale de la banque centrale alors que le pays s’achemine vers des élections anticipées où l’adhésion à l’euro et à l’Union européenne tiendront une place centrale.
Les rendements d’Etat italiens ont poursuivi leur mouvement de forte correction, déjà entamé hier, en se tendant d’environ 50 points de base (pb) supplémentaires sur la partie à 10 ans pour dépasser le seuil des 3%, et de plus de 150 pb sur la partie à 2 ans à 2,4%. La forte correction sur la partie courte a même fait repasser le spread italien 2 ans à 315 pb, au-dessus de celui à 10 ans (275 pb) pour la première fois depuis 2011 lors de la dernière crise de la dette souveraine en zone euro.
Si l’incapacité du système politique italien à former un gouvernement de coalition entre le Mouvement 5 Etoiles et la Ligue ont rassuré dans un premier temps les marchés, le maintien d’un degré élevé d’incertitudes quant à l’avenir politique du pays est ensuite vite réapparu en cours de matinée. Sur le marché actions, la Bourse de Milan a ouvert en hausse, soutenue notamment par ses banques, avant de repasser dans le rouge, tout comme les actions des banques locales telles qu’UniCredit ou Intesa Sanpaolo.
Les obligations d’Etat italiennes connaissent une nouvelle séance difficile, avec une hausse du rendement à 10 ans de plus de 15 points de base à un niveau de 2,55%, alors que le Bund allemand 10 ans a quant à lui bénéficié d’un effet de fuite vers les actifs sûrs de la part des investisseurs, qui a fait revenir son rendement 10 ans sous le seuil de 0,4%. Malgré un léger répit en fin de séance, le spread italien reste supérieur au seuil symbolique des 200 pb face au Bund, et est supérieur de plus de 50 pb au rendement portugais.
Le pays souhaite un allégement de dette avant son retour sur les marchés, alors que la hausse du dix ans grec liée au risque italien confirme sa fragilité.