La Commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers a prononcé un blâme à l’encontre de la société de gestion Efigest Conseil. Elle a également prononcé à l’encontre de Jean-Noël Vignon et de Sylvain Bruley, ses dirigeants à l’époque des faits, en 2018, une sanction de 50.000 euros assortie d’un blâme pour le premier et une sanction de 30.000 euros assortie d’un avertissement pour le second. Efigest Conseil, dénommée Efigest Asset Management à l’époque des faits, était une société de gestion de portefeuille qui gérait, au 29 septembre 2018, environ 13,7 millions d’euros d’encours en gestion collective pour le compte de 3 fonds et 4,6 millions d’euros en gestion sous mandat. La Commission des sanctions a tout d’abord constaté «des manquements d’Efigest Conseil relatifs à l’utilisation de commissions pour services d’aide à la décision d’investissement et d’exécution d’ordres (SADIE)», note le régulateur. Elle a ainsi établi que la société avait versé de telles commissions à un prestataire externe en contrepartie «de prétendues analyses financières dont ni l’existence ni l’utilisation n’ont pu être établies, de sorte que ces commissions étaient constitutives de coûts indus pour les fonds sous gestion». Elle a également considéré que la société avait récupéré le montant de ces commissions SADIE par le biais d’un mécanisme de rétrocession. La Commission a ensuite retenu que la société n’avait pas communiqué aux clients non professionnels le niveau de frais indirects prélevés dans le cadre de la gestion de leurs mandats. Manquements relatifs au contrôle interne Enfin, la Commission a caractérisé des manquements de la société relatifs à son dispositif de contrôle interne. A cet égard, elle a retenu «l’absence d’évaluation régulière de l’adéquation et de l’efficacité des systèmes, mécanismes et dispositifs de contrôle interne». Elle a également estimé que la société n’avait pas réalisé un pilotage suffisant de son prestataire externe pour le contrôle interne. Elle a en outre jugé établi «le défaut de traitement raisonnable et étayé par la société d’une recommandation émise par ce prestataire concernant les risques liés à l’information des porteurs». La Commission a considéré que l’ensemble de ces manquements était imputable à Jean-Noël Vignon et Sylvain Bruley, en leur qualité de dirigeants effectifs d’Efigest Conseil à l’époque des faits. En revanche, la Commission a écarté le grief tiré de l’absence de procédure comptable et de l’absence de communication à l’AMF d’explications sur la méthode de comptabilisation des commissions SADIE, le grief tiré de la méconnaissance de l’obligation d’apporter son concours aux contrôleurs avec diligence et loyauté ainsi que le grief tiré du caractère incomplet de l’information des porteurs d’un des fonds sous gestion. Cette décision peut faire l’objet d’un recours.
Mark Barnett, l’ancien gérant star d’Invesco, a rejoint Tellworth Investments, la société de gestion fondée par un ancien duo de Schroders Paul Marriage et John Warren en 2017. Mark Barnett avait quitté Invesco où il dirigeait l’équipe actions britanniques en mai dernier après 24 années de services. Son départ est intervenu dans un contexte compliqué. Il fut l’un des protégés de Neil Woodford avant que ce dernier ne quitte Invesco pour fonder sa propre société, laquelle a dû fermer après d’importants problèmes de liquidités. Avant de partir d’Invesco, Mark Barnett s’était vu retirer plusieurs mandats suite à de mauvaises performances. L’arrivée de Mark Barnett chez Tellworth s’accompagnera du lancement d’une stratégie income et croissance.
Le fonds de pension néerlandais PGGM a accordé un mandat de 360 millions de dollars (303 millions d’euros) à Alpha Investment Partners Limited, filiale d’investissement privé du singapourien Keppel Capital Holdings. Le mandat, sous forme de compte séparé, dispose d’une option d’allocation complémentaire pouvant aller jusqu’à 320 millions de dollars. Le fonds Alpha ciblera des opportunités core-plus principalement dans l’immobilier commercial de villes clés du Japon et de Chine ainsi qu’à Singapour. «Après le succès de nos précédents investissements avec Alpha, nous sommes ravis de pouvoir étendre notre relation, commentent Jikke de Wit et Ping Ip de PGGM Real Estate. Cet investissement reflète notre confiance dans les perspectives de croissance à long terme de l’Asie et dans la capacité d’Alpha d’identifier des opportunités attractives dans ces marchés.» PGGM investit en effet depuis plus de 15 ans dans les fonds de la gamme Alpha.
Les fonds actions commercialisés en Suède ont enregistré une collecte nette de 18,5 milliards de couronnes suédoises, soit 1,8 milliard d’euros, en mars, selon les dernières statistiques de l’association suédoise des fonds Fondbolagens Förening. Depuis le début de l’année, ils ont drainé 51,1 milliards de couronnes. Les fonds en actions suédoises et les fonds actions monde ont été particulièrement prisés en mars, avec des collectes de 12 milliards de couronnes et 10 milliards de couronnes respectivement. La collecte a été plus modérée pour les fonds diversifiés, avec 3,1 milliards de couronnes. Les fonds monétaires et les hedge funds sont dans le rouge, à respectivement -3,8 milliards et -2,4 milliards de couronnes. Au total, les fonds commercialisés en Suède affichent des souscriptions nettes de 15,8 milliards de couronnes en mars et de 37,8 milliards au premier trimestre. Les encours du secteur ont atteint à fin mars un nouveau record à 5.918 milliards de couronnes.
Edmond de Rothschild Asset Management a recruté Rupert Pybus en tant que responsable mondial du marketing et des produits. Il devient membre du comité exécutif. L’intéressé vient de Columbia Threadneedle, où il a passé ces dix dernières années, notamment en tant que responsable mondial de la marque et du marketing. Son arrivée fait suite au départ de Gad Amar cet été. Une partie de ses fonctions avaient été reprises par Marie Jacot Cardoen, nommée directrice commerciale. Mais la partie marketing/produits dont il avait aussi la charge était en attente d’un nouveau responsable. Basé à Paris, Rupert Pybus supervisera les équipes marketing, appels d’offres, gestion de produits et spécialistes produits d’Edmond de Rothschild Asset Management. «Il mettra en œuvre une stratégie globale pour améliorer la visibilité de notre savoir-faire et de notre marque en gestion d’actifs, et contribuera à renforcer les relations avec les clients et la croissance de nos activités», détaille la société de gestion. Rupert Pybus sera rattaché à Christophe Caspar, directeur général de la gestion d’actifs. Il prendra ses fonctions le 1er mai.
L’inadéquation entre la liquidité potentielle des actifs et le délai de remboursement offert aux investisseurs par le secteur des fonds d’investissement alternatifs (FIA) inquiète l’Autorité européenne des marchés financiers (Esma). Dans une note publiée la semaine dernière, l’'Esma souligne que ce décalage affecte principalement les fonds immobiliers et les fonds de fonds. En ce qui concerne les fonds immobiliers qui représentent 15% de la de la valeur nette d’inventaire (VNI) des fonds alternatifs de l’Union européenne (UE), le régulateur précise que ceux offrant une liquidité quotidienne à mensuelle représentent 50% de la VNI tandis que 44% des fonds immobiliers commerciaux offrent une liquidité quotidienne. Cependant, le profil de liquidité des fonds immobiliers commerciaux au niveau agrégé indique un décalage important car les investisseurs ne peuvent racheter que 17% de la VNI dans un délai d’un mois et seulement 10% des actifs peuvent être liquidés dans ce délai. Cette inadéquation est prédominante pour les stratégies immobilières commercialles et résidentielles, qui représentent 81 % de la VNI de cette classe d’actifs. Les fonds de fonds, qui représentent 15 % de la VNI des fonds alternatifs de l’UE, investissent principalement dans des OPCVM d’actions et d’obligations (72 % des expositions des fonds identifiés). Cependant, les investisseurs ne peuvent racheter que 39% de la VNI dans la journée, alors que la plupart de ces fonds offrent des demandes de liquidité quotidiennes. La taille de l’univers des fonds alternatifs de l’UE s’est élargie pour atteindre 6.8000 milliards d’euros de VNI à la fin de 2019, enregistrant une augmentation de 15 % par rapport aux 5.900 milliards d’euros de 2018. L’Esma attribue cette croissance au lancement de nouveaux FIA en 2019 et à des effets de valorisation positifs. La taille du secteur européen des hedge funds est restée stable en 2019, à 354 milliards d’euros, représentant 5 % de tous les FIA. Cependant, lorsqu’on les mesure par les expositions brutes, ils représentent 62 % des FIA, car ils s’appuient fortement sur les produits dérivés. L’effet de levier est très élevé, à plus de 900 % après ajustements, en particulier pour la stratégie reposant sur les produits dérivés, ajoute l’Esma. Les fonds de capital-investissement ont représenté 7 % de la valeur liquidative de tous les FIA (456 milliards d’euros) et ont connu la plus forte croissance en 2019. L’Esma aoute que les États membres européens peuvent autoriser les gestionnaires d’actifs non européens à commercialiser des fonds alternatifs au niveau national sans droit de passeport, par le biais du régime national de placement privé (NPPR). Ces fonds non européens représentaient un cinquième du marché des fonds alternatifs (2.100 milliards d’euros).
Le problème de Credit Suisse est de ne s’être jamais concentré sur une chose après la crise financière, selon des dirigeants actuels et anciens cités par le Wall Street Journal. L’établissement a choisi de garder une banque d’investissement et une activité de gestion d’actifs accolée à une banque privée. L’idée était que ces différentes activités pourraient travailler ensemble. En réalité, la société de gestion et la banque d’investissement étaient trop petites pour se battre contre les géants de Wall Street. La banque a essayé de gagner de l’argent avec moins de clients que ses concurrentes et a fini par négliger les risques, selon ces dirigeants. L’article du WSJ décrit comment Credit Suisse a choisi de minimiser toute une série d’avertissements concernant Greensill et Archegos avant l’implosion de ces deux entités. D’autres risques pourraient se cacher au sein du Credit Suisse, écrit le WSJ. L’année dernière, l’établissement était le plus grand souscripteur de Wall Street de Spac. Son activité de gestion d’actifs figure également parmi les principaux gestionnaires de collateralized loan obligations (CLO). Ces deux domaines préoccupent les régulateurs financiers.
A l’occasion d’une nouvelle série de contrôles thématiques courts (SPOT), l’AMF a analysé les pratiques opérationnelles de 5 sociétés de gestion de taille moyenne pour faire face au risque d’une atteinte malveillante à la disponibilité, l’intégrité, la confidentialité et la traçabilité de leurs systèmes d’information. Ses constats ont été enrichis des observations faites à l’occasion d’un contrôle classique réalisé auprès d’un sixième établissement, spécialisé dans le capital-investissement.Les points d’attention du régulateur ont porté sur :l’organisation et la gouvernance du dispositif de cybersécurité ;le pilotage des prestataires informatiques sensibles ;la gestion des incidents d’origine cyber ;la supervision des processus d’accès à distance au système d’information.La période d’étude, 2017-2020, a permis une analyse du dispositif de pilotage des risques d’origine cyber mis en place lors du premier confinement, incluant l’activation des plans de continuité d’activité et la supervision des connexions à distance des collaborateurs et des partenaires au système d’information des sociétés de gestion. L’AMF a, par ailleurs, complété son examen par des tests d’intrusion dont la réalisation opérationnelle a été déléguée à un prestataire externe qualifié par l’Agence nationale de sécurité des systèmes d’informations (ANSSI).Dans son document de synthèse, le régulateur constate un renforcement de l’organisation et de la gouvernance des dispositifs de cybersécurité au sein des sociétés de gestion. Parmi les bonnes pratiques observées, le régulateur a, par exemple, relevé la prise en charge du sujet par un cadre dédié au sein du comité exécutif, la mise en œuvre de campagnes de sensibilisation régulières des collaborateurs et la prise en compte des risques d’origine cyber dans les cartographies des risques et les plans de contrôle.En revanche, le travail de formalisation progressive d’une stratégie de cybersécurité, déjà observé en 2019, demeure inabouti sans l’élaboration, au préalable, d’une classification et d’une cartographie des données sensibles et des systèmes critiques. En outre, compte tenu de la multiplication et de la sophistication croissante des attaques observées par le régulateur, le pilotage et le contrôle des interactions entre les sociétés de gestion et leurs prestataires informatiques externes doivent rester des priorités au moment de définir, en amont, les efforts de sécurisation.
Rendez-vous pour la 9è Cérémonie des Couronnes le mardi 13 avril à 17h00. Plus que jamais, nous avons besoin de vivre des moments joyeux et festifs, cette cérémonie sera l’occasion de nous plonger dans les meilleurs souvenirs que les investisseurs institutionnels conservent de l’Olympia et des artistes qui s’y sont produits.
Ils publient aujourd'hui le rapport de synthèse des travaux de Place et proposent aux professionnels certaines avancées sur le sujet, qu'ils monitoreront dès l'année prochaine.
Fossé. Après six mois d’échanges « constructifs » organisés par le Forum Fintech ACPR-AMF avec des banques et des prestataires de services sur actifs numériques (PSAN), force est de constater que les établissements de crédit ont toujours plus peur des sanctions en cas de blanchiment ou de financement du terrorisme que de la perte d’opportunité en passant à côté d’un nouveau marché. Ce groupe de travail avait pour objectif de trouver des solutions afin que les PSAN puissent ouvrir un compte bancaire en France en fournissant les informations suffisantes pour tranquilliser les banques, et que leurs clients puissent acheter et vendre librement des cryptoactifs. Malgré les clarifications qui devraient faciliter les relations entre les deux camps, la Fédération bancaire française a préféré se désolidariser des conclusions du rapport publié le 25 mars. Selon l’Adan, qui représente les PSAN, 64 % d’entre eux envisagent de délocaliser leurs activités.