La Norvège, premier producteur pétrolier d’Europe occidentale, va réduire pour la première fois depuis 18 ans sa production de brut, de 250.000 barils/jour en juin et de 134.000 barils/jour au cours du second semestre, a annoncé mercredi soir la ministre de l’Energie, Tina Bru, afin de se joindre aux efforts visant à relever les cours de l’or noir. «En outre, le lancement de la production sur plusieurs gisements est repoussé à 2021, a-t-elle ajouté. En conséquence, la production norvégienne 2020 sera inférieure en décembre de 300.000 barils/jour (sur 1,9 à 2 millions barils/jour en temps normal, ndlr) à celle qui était initialement prévue par les entreprises. Cette réglementation prendra fin à la fin de l’année.»
Cushing, Oklahoma, s’affiche fièrement comme le carrefour mondial du pétrole sur ce panneau en forme de pipeline (photo). Hors champ, c’est en effet là qu’est stocké dans d’énormes réservoirs le brut américain. La saturation rapide de ces capacités de stockage, liée à l’effondrement de la demande mondiale d’or noir, met sens dessus-dessous le marché pétrolier, avec en point culminant la cotation à prix négatif le 20 avril. Depuis, la pression à la baisse s’est reportée sur les barils à livrer en juin, menacés eux aussi de passer sous la barre du zéro si les baisses de production décidées par les grands pays pétroliers ne prennent pas rapidement effet.
Les prix du baril de brut léger américain WTI accentuaient leur repli lundi après-midi. Vers 17h40, le contrat livrable en juin abandonnait 28% à 12,2 dollars. Le contrat sur le baril de Brent, moins touché par les problèmes de stockage, cède tout de même près de 10% à 19,30 dollars.
Les cours du pétrole ont à nouveau chuté lundi, en raison des inquiétudes concernant les capacités de stockage aux Etats-Unis alors que l’économie mondiale est toujours à l’arrêt à cause de la pandémie de coronavirus. Le contrat Juin 2020 sur brut WTI, remonté après l’effondrement du 20 avril, chutait ce matin -16% à 14,30 dollars/baril, alors que les analystes estimaient que les réservoirs de stockage à Cushing (Oklahoma), déjà remplis à 70% mi-avril, pourraient atteindre bientôt leur pleine capacité.
L’effondrement des prix du baril de pétrole en début de semaine, avec un passage inédit en territoire négatif des prix du contrat de mai 2020 sur le brut léger américain (WTI), se fait sentir chez les opérateurs de marché. Le courtier américain Interactive Brokers a enregistré une provision de 88 millions de dollars (81 millions d’euros) pour couvrir les pertes de ses clients, selon un communiqué publié mardi soir. Certains clients détenaient des positions longues en contrats futures sur le WTI traités sur les plateformes du CME et d’ICE Europe. Lors d’une conférence téléphonique, le patron du courtier, Thomas Peterffy, a indiqué qu’Interactive Brokers avait 15% des positions ouvertes sur le contrat de mai. Barclays a annoncé la liquidation le 30 avril d’un des ETN de sa gamme iPath.
Quel automobiliste ne rêverait d’être payé pour faire son plein d’essence ? Tel est l’incroyable renversement qu’a vécu cette semaine le marché du pétrole lorsque, pour la première fois de l’histoire, les prix du brut léger américain se sont mis à coter en territoire négatif. A l’approche du jour fixé pour la livraison de barils dont plus personne ne savait que faire, l’affolement a saisi les vendeurs, pressés de se débarrasser de leurs contrats coûte que coûte. Cette dislocation sans précédent signe la décrépitude de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, et augure de jours difficiles pour une industrie déjà confrontée au déclin programmé de la demande pour les énergies fossiles.
L’effondrement des prix du baril de pétrole en début de semaine, avec un passage inédit en territoire négatif des prix du contrat de mai 2020 sur le brut léger américain (WTI), se fait sentir chez les opérateurs de marché. Le courtier américain Interactive Brokers a enregistré une provision de 88 millions de dollars (81 millions d’euros) pour couvrir les pertes de ses clients, selon un communiqué publié mardi soir.
Les autorités de Singapour ont ouvert une enquête sur une société de courtage de pétrole, Hin Leong Trading, soupçonnée d’avoir dissimulé des centaines de millions de dollars de pertes, a indiqué la police mardi. Le groupe, un acteur majeur des marchés pétroliers pendant des décennies, apparaît comme une victime du chaos dans lequel la crise du coronavirus a plongé le marché du brut. Aux abois après la dégringolade des cours qui a miné ses revenus et poussé plusieurs banques à réclamer des remboursements de dettes, la société s’est déclarée en faillite, a indiqué l’agence Bloomberg. La société, plombée par des dettes, a dissimulé près de 800 millions de dollars de pertes sur plusieurs années dues à des contrats à terme.
L’Arabie saoudite a assuré mardi qu’elle était prête à prendre de nouvelles mesures afin de stabiliser le marché pétrolier, en coordination avec ses alliés de l’"Opep+" et d’autres pays producteurs, a rapporté l’agence de presse officielle SPA en citant un communiqué du gouvernement. Cette déclaration du premier exportateur mondial intervient alors que le prix à terme du pétrole brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) est tombé lundi pour la première fois en territoire négatif.
Le président Donald Trump a demandé mardi à son administration de mettre sur pied un programme de soutien financier à l’industrie pétrolière et gazière des Etats-Unis, frappée par la chute des cours du brut, qui sont passés lundi soir pour la première fois de leur histoire en territoire négatif. «Nous ne laisserons jamais tomber la grande industrie pétrolière et gazière américaine. J’ai ordonné au secrétaire à l’Energie et au secrétaire au Trésor d'élaborer un plan qui mettra des fonds à disposition afin que ces entreprises et ces emplois très importants soit garantis à très long terme», a écrit le président américain sur son compte Twitter.
Le prix du baril de Brent de la mer du Nord est tombé mardi sous les 20 dollars, touchant les 18,10 dollars en matinée. Vers 12h30, il plongeait encore de près de 19% à 20,7 dollars. Il s’agit de son plus bas niveau depuis décembre 2001.
La chute des cours du pétrole s’accentue lundi après-midi, alors que le surapprovisionnement du marché, lié à une chute de la demande après les restrictions mises en oeuvre dans de nombreux pays pour lutter contre la propagation du coronavirus, entraîne des problèmes de stockage.
Les cours du pétrole ont poursuivi, lundi matin, la chute initiée une semaine plus tôt malgré l’accord trouvé par les pays de l’Opep+pour diminuer la production de 9,7 millions de barils/jour (mbj). Le contrat Juin 2020 sur le Brent a perdu encore près de 4%, autour de 27 dollars/baril, ce qui porte sa baisse à près de 15% en une semaine, et le contrat Juin 2020 sur le brut WTI a chuté de plus de 8% 22,87 dollars/baril, soit une chute de 24% en une semaine. Enfin, le contrat Mai 2020 sur le brut WTI atteignait lundi midi les 12,99 dollars/baril, soit un effondrement de plus de 42% en une semaine, à relativiser cependant puisque ce contrat doit expirer mardi, et donc que «la majeure partie des intérêts ouverts et du volume sont déjà dans le contrat de juin», a rappelé Warren Patterson, responsable de la stratégie matières premières d’ING.
La demande mondiale de pétrole a plongé en avril de 25 millions de barils/jour (mbj), à des niveaux qui n’avaient plus été observés depuis vingt-cinq ans, et aucune réduction de l’offre par les pays producteurs ne permettra de compenser pleinement ce puissant déséquilibre de court terme sur le marché, a déclaré mercredi l’Agence internationale de l’Energie (AIE). D’ailleurs, malgré l’accord de dimanche, les cours n’ont pas arrêté de chuter depuis lundi matin : de 25 à environ 19,50 dollars/baril pour le contrat mai 2020 sur le brut WTI mercredi, de 33 à environ 28,40 dollars/baril pour le contrat juin 2020 sur le Brent.
Les pays producteurs de pétrole de Opep associés à d’autres pays producteurs comme la Russie dans l’organisation informelle Opep+ ont trouvé un accord de principe, jeudi soir, afin de réduire leur production globale de 10 millions de barils/jour (mbj) à compter du 1er mai, pour deux mois, avant un ajustement de 8 mbj jusqu’à fin décembre.