Après trois mois d’existence, GIS European Recovery Equity, le compartiment de la sicav luxembourgeoise de Generali Investments, exposée quasi exclusivement sur l’Europe du sud (*), affiche un encours de 424 millions d’euros. Avec pour objectif de tirer profit d’un effet «recovery», 250 millions ont été investis par la société de gestion - correspondant à de l’amorçage - tandis que 150 millions ont été investis par des investisseurs institutionnels. «Principalement allemands», a précisé François Gobron, le gérant du fonds, à l’occasion d’une présentation de l’OPCVM à des conseillers en gestion de patrimoine indépendants. «Après avoir investi dans des titres Bund qui ne rapportent plus grand-chose, ou dans l’indice DAX qui est arrivé à un sommet en termes de valorisations, les institutionnels allemands trouvent dans la thématique de notre fonds des vertus décorrélantes», a expliqué le gérant.Mais le stock picking réalisé par la gestion obéit à une contrainte précise : les entreprises recherchées sont tournées vers leur marché domestique, et non pas vers l’international. Un cadre qui n’est pas sans arrière-pensées dans la mesure où l’on note un engouement croissant pour des pans de l'économie de ces pays. En matière de fusions-acquisitions, les pays émergents sont d’ores et déjà très présents. «C’est le cas dans les infrastructures au Portugal où les Chinois sont d’actifs investisseurs», a noté François Gobron, «ou encore le cas du Brésilien Oi qui a racheté l’an dernier Portugal Telecom."Récemment», a noté le responsable, «China’s Fosun a aussi pris le contrôle de l’assurance portugaise (80 % du capital) et en 2013 le singapourien Temasek holdings a pris une participation de 1 milliard d’euros dans l’espagnol Repsol. Pour sa part», a–t-il ajouté, «le français Vinci a racheté les aéroports portugais pour 3,1 milliards d’euros, et en Espagne, les fonds d’investissement Blackstone et Apollo s’intéressent aux portefeuilles d’actifs immobiliers en difficulté de banques espagnoles. Enfin, en Grèce, des fonds de capital-investissement sont désireux d’injecter de l’argent frais dans des sociétés grecques en difficulté…"Actuellement, François Gobron privilégie le Portugal et la Grèce - où des entreprises semi publiques, mal gérées, doivent nécessairement se restructurer. Ces deux marchés représentent près de 45 % de l’ensemble. Le gérant a salué la compétitivité retrouvée de l’Espagne en matière de coûts salariaux, expliquant de fait que des entreprises comme Renault ont renforcé ses capacités quand bien même le constructeur français dispose au Maroc d’une usine flambant neuve. En revanche, l’Italie n’a pas encore pris les mesures nécessaires. Le poids de ce pays est de l’ordre de 16%. Adepte d’une gestion GARP (Growth at a reasonable price), le fonds qui présente un biais «midcaps» (56 % du portefeuille) doit se singulariser par un turn over annuel faible, de l’ordre de 20 %. Les valeurs financières représentent plus de 30 % du portefeuille dont 20 % de valeurs bancaires, devant l’industrie et les matériaux – près de 20 % pour les deux secteurs. Depuis le début de l’année, le fonds a progressé de 15,80 % contre 3,14 % pour l’indice de référence Euro Stoxx - Price Index.