En gestion d’actifs comme dans d’autres secteurs, la nouveauté fait vendre, constate Lipper dans une nouvelle étude*. Et ce, même en temps de crise ! Ainsi, en 2008, les fonds lancés pendant l’année ont enregistré des souscriptions nettes de 120 milliards d’euros, alors que, dans le même temps, les fonds ayant vu le jour les années précédentes voyaient sortir 520 milliards d’euros. L’analyse menée par Lipper entre 2002 et 2008 montre aussi que les lancements de nouveaux produits garantissent des souscriptions.Lipper note que les banques sont particulièrement dépendantes des lancements de nouveaux fonds, les souscriptions dans les nouveaux produits dépassant chaque année entre 2002 et 2008 celles dans les fonds existants. Pour les sociétés de gestion, le constat est un peu différent, les ventes de fonds plus anciens ayant tendance à être plus importantes que les nouveaux. Mais en 2008, ces sociétés n’ont pu compter que sur leurs nouveaux produits. Pas étonnant dans ce contexte que plus de 2.500 fonds aient été lancés chaque année en Europe entre 1998 et 2008, ce qui a conduit à une augmentation de 70 % du nombre de fonds sur la période. Résultat, on compte plus de 35.000 fonds en Europe, soit un fonds pour 1.000 investisseurs actifs sur le Vieux Continent, alors qu’il n’y en a que 8.000 aux Etats-Unis ! Et la taille médiane d’un fonds est de 25 millions d’euros. Pour Lipper, cette prolifération de fonds, si elle bénéficie à leurs promoteurs en drainant des actifs, n’est pas vraiment dans l’intérêt des investisseurs. Cela induit des coûts plus élevés, même si Lipper reconnaît qu’une réduction du nombre de fonds ne conduirait pas forcément à une baisse des TER. Mais les sociétés de gestion pourraient néanmoins être tentées d’en fermer pour augmenter leur rentabilité. Mais, surtout, selon Lipper la prolifération de fonds augmente la probabilité que les fonds soient vendus parce qu’ils sont à la mode, et non parce qu’ils conviennent à l’investisseur. * Profiting from Proliferation?