Avec l’avènement de la Blockchain dans les métiers de la gestion, on prédit la disparition de certains intermédiaires. Comment s’adapter ? Laurent Majchrzak - La Blockchain ne remet pas en cause le rôle de la banque dépositaire ni celui du teneur de registre, acteur essentiel de la protection des investisseurs. Pour que la fonction de teneur de registre puisse être totalement intégrée au système, il faut des évolutions réglementaires majeures. Dans le modèle actuel, le teneur de registre est responsable de l’intégrité des parts d’OPC (organismes de placement collectif) détenues par les investisseurs ainsi que de la régularité des transactions. Qu’en est-il dans le protocole Blockchain ? La même interrogation se pose concernant le règlement des parts rachetées. Aujourd’hui, les flux financiers provenant du donneur d’ordre (investisseur) sont virés sur le compte du teneur de registre. Dans la Blockchain, les fonds doivent transiter par un « wallet » dans un système alternatif de paiements, dont la surface financière peut ne pas offrir toutes les garanties nécessaires. Certes, la technologie permettra de remplir la mission opérationnelle du teneur de registre (réception et traitement des ordres…), mais guère davantage.