Quel avenir pour le marché des ETF en Europe ? Telle était la question de fond qui aura marqué la quatrième édition de la conférence annuelle InsideETFs Europe organisée par IndexUniverse qui s’est tenue les 4 et 5 juin à Amsterdam. La tonalité était plutôt optimiste même si les obstacles au développement de ce marché en Europe sont encore nombreux. Un marché qui représente moins du cinquième du marché mondial dominé par les Etats-Unis qui affiche toutefois plusieurs années d’avance.Les intervenants n’ont pas caché leur confiance sur le potentiel du marché européen. Les lignes sont en train de bouger, trop lentement il est vrai au goût de certains, mais selon les estimations des praticiens du secteur, les actifs sous gestion en Europe pourraient facilement doubler de taille au cours des prochaines années. Selon les derniers chiffres de Lipper, les actifs sous gestion en Europe s’inscrivaient à environ 310 milliards d’euros à fin mars, soit plus de 400 milliards de dollars (lire par ailleurs).Les horizons ouverts par les multiples chantiers réglementaires, la réglementation RDR, la directive MIF2, sont probablement à l’origine d’une bonne partie de l’optimisme affiché par les acteurs du secteur. Toutes ces évolutions sont pourtant autant de défis que les professionnels devront tenter de transformer en opportunités de développement.Ainsi de la réglementation RDR, entrée en vigueur en début d’année et qui devrait donner un coup de pouce au marché retail en invitant les conseillers indépendants (IFA) à inclure les ETF dans leur offre de produits. Mais les conseillers seront-ils à la hauteur? «Avec internet et toutes les données disponibles, le rôle du conseiller va évoluer», a souligné Han Dieperink, chief investment officer chez Rabobank. Avec la suppression programmée des rétrocessions aux Pays-Bas à compter de début 2014, «nous assistons à un changement de paradigme», a-t-il insisté.Un changement qui implique aussi que les clients et les banques jouent le jeu. «La clientèle fortunée est prête à payer du conseil mais les clients plus modestes ne le sont pas», selon Us van Leijen, fondateur de la société de services financiers De VermogensMeesters. De son côté Eduardo Anton, analyste ETF et mutual funds chez Inversus Bank, a relevé qu’en Espagne, 70% des mutual funds étaient entre les mains des quatre principales banques du pays, que la fiscalité des ETF constituait un frein à leur développement et que les Espagnols n'étaient pas habitués à payer pour du conseil.Ce qui a fait dire au chercheur Mirzha de Manuel (CEPS-ECMI) qu’il était déçu par les initiatives réglementaires bruxelloises. «Les propositions de la Commission ne sont pas assez ambitieuses» et la directive MIF2 comporte encore beaucoup de zones d’ombre, en ce qui concerne par exemple les prêts de titres pour les ETF.Cela dit, les initiatives se multiplient pour améliorer la liquidité du marché, par le biais par exemple de plateformes de traitement des titres post-marché, comme celle de BlackRock et Euroclear qui porte sur la mise en place d’une seule plateforme européenne de règlement ou encore celle de Tradeweb qui a construit une plateforme qui offre aux clients la possibilité de négocier de façon beaucoup plus efficace les opérations de gré de gré, l’essentiel des échanges sur les ETF se faisant de gré à gré en raison de la fragmentation du marché européen.C’est dire que malgré la pesanteur des traditions qui freinent son développement, le marché européen des ETF semble croire en son potentiel. Surtout quand le responsable mondial de iShares, Mark Wiedman, déclare que «l’Europe constitue probablement notre priorité numéro un dans le monde»...