En Europe, l’engagement n’est pas une pratique universellement approuvée. De nombreux investisseurs institutionnels, même parmi les plus importants, ne s’engagent pas forcément systématiquement sur les problématiques environnementales, sociales et de gouvernance (ESG).Un rapport que vient de publier Eurosif («Shareholder Stewardship : European ESG Engagement Practice 2013") souligne toutefois que les pratiques d’engagement progressent en Europe et que leur contribution à la création de valeur à long terme est de plus en plus visible. Le dialogue des investisseurs avec les entreprises sur les problématiques ESG a le potentiel de créer de la valeur en générant des bénéfices, en réduisant les risques et les externalités ESG négatives, en encourageant de meilleures pratiques entrepreneuriales, en modifiant les comportements éthiques et en améliorant in fine la réputation des sociétés. Au cours des dix dernières années, les actifs soumis à une politique d’engagement autour des critères ESG n’ont cessé d’augmenter pour s'établir à près de 2.000 milliards d’euros fin 2011, selon le rapport d’Eurosif qui couvre quatorze pays européens. Le rapport souligne en outre que le développement de l’engagement ne concerne pas seulement les actifs, mais également les pays et les classes d’actifs. Du côté des pays couverts par l'étude, trois d’entre eux au moins se distinguent par une forte – voire spectaculaire - progression de l’engagement : l’Italie où les actifs concernés passent d’un peu plus de 300 millions en 2009 à 18,5 milliards d’euros en 2011, le Danemark qui affiche une progression de 111,9% à 187,7 milliards d’euros ou encore l’Espagne avec une hausse de 88,8% à plus de 11 milliards d’euros. Traditionnellement confiné aux actions, l’engagement est également à l'œuvre sur les segments des obligations corporate et de l’immobilier.La stratégie préférée d’engagement des investisseurs est le dialogue en direct, par le biais de communications écrites, téléphoniques ou encore dans le cadre d’une rencontre, avec un pourcentage de 37% du panel. Viennent ensuite l’engagement collaboratif (27%) et l’engagement de groupes industriels et/ou de responsables politiques (20%). L’engagement est souvent conjugué avec d’autres stratégies d’investissement durable comme l’intégration ou l’exclusion. En réalité, environ 70% des actifs européens soumis à une politique d’engagement font aussi l’objet d’une approche d’intégration.