Les temps changent. Dans les années 70, l’homme politique et écrivain Alain Peyrefitte pointait dans son livre « Quand la Chine s’éveillera », la puissance de cette nation, notamment économique, en mesure de rebattre les cartes et l’ordre mondial. De quoi susciter quelques inquiétudes... Quarante ans plus tard, beaucoup souhaitent surtout que la Chine ne s’endorme pas. Aux premières loges, l’univers de l’asset management exprime toujours ses craintes de façon spectaculaire. La semaine dernière, les interrogations sur la croissance chinoise ont ainsi fait sortir 6 milliards de dollars des fonds investis dans l’ensemble des marchés émergents. Il ne semble pas pourtant que l’Asie ait pour tout le monde perdu tous ses charmes. Dans le secteur ultra concurrentiel de la gestion privée, le géant suisse UBS s’y est même imposé. Et de belle manière. Il est aujourd’hui le numéro un du « wealth management » sur le continent, tandis que d’autres comme la Société Générale ou Coutts s’y sont cassés les dents. Les raisons du succès de la banque helvète sont multiples. Sa taille en est une. Sur ce point,une étude de KPMG Switzerland et l’université de Saint-Gall parue cette semaine enfonce le clou. Elle prévoit qu’une banque privée sur trois en Suisse devrait disparaître dans les trois ans. Dans le viseur, les petites structures qui doivent soit abandonner le marché, soit modifier fondamentalement leur business model afin de rentabiliser et pérenniser leur activité. «Il ne leur reste plus beaucoup de temps pour faire les changements nécessaires», a prévenu un responsable du conseil chez KPMG Switzerland. Bigre… Bien évidemment, la collecte, les encours sont des éléments clés. Et, au fond, aucun établissement dans le monde n’échappe à ce constat. BlackRock le premier. Mais en bon américain, le groupe voit grand. En clair, pour grossir, la société de gestion ne vise pas désormais une clientèle mais… une génération ! La génération Y en l’occurrence. En rachetant la société de technologies financières FutureAdvisor, spécialisée dans le conseil et la gestion numérique dans le secteur de la gestion de fortune, elle s’offre une présence sur un segment représentant quelque 30% du total des actifs investissables aux Etats-Unis.Toujours en matière de collecte, ABN Amro, un autre géant de la gestion privée, a annoncé cette semaine que sa banque privée avait capté 1,5 milliard d’euros au deuxième trimestre. En Europe, l’établissement batave aura participé à la forte collecte depuis le début de l’année. Mais ce sont les marchés italien et allemand qui sont les champions en la matière. L’Allemagne justement, fait aussi l’actualité d’un établissement français. Le groupe Oddo, qui vient de trouver un nom à sa nouvelle société de gestion intégrant les équipes et les encours de Meriten Asset Management. Finalement, ce sera… Oddo Meriten AM. Nul ne sait le temps passé par les équipes marketing pour ce résultat. Disons que le groupe n’aura pas chinoisé, ce qui, en ce moment, se comprend...