Depuis la mi-septembre, l’actualité de nos amis Anglais tourne « ovale »… Non pas que ces derniers n’ont jamais rien fait comme tout le monde – quoique - , mais, cela n’aura échappé à personne, parce qu’ils accueillent leur coupe du monde de Rugby, ce jeu dont il sont si fiers puisqu’ils l’ont inventé. Las, l’élimination surprise de leur équipe le week-end dernier a jeté un froid. Et il est clair qu’après le sens figuré, c’est bien au sens propre que cela ne tourne plus rond. A-t-elle voulu être solidaire ? Toujours est-il que la très puissante association britannique de gestion d’actifs a vécu en deux temps cette semaine un traumatisme à l’égal de celui des supporteurs des joueurs de la Rose. Dans un premier temps, il a été question de voir des géants de l’asset management comme M&G, Schroders ou Fidelity quitter l’Investment Association. Mais finalement, c’est Daniel Godfrey, son directeur général, qui est parti le premier, donnant à Guy Sears les clés de l’association à titre intérimaire. Il semble que les priorités fixées par l’ancien responsable n’étaient pas en phase avec celles de ses adhérents... Il n’y a évidemment aucun lien entre cette information et celle parue cette semaine annonçant que la société de gestion Schroders allait installer une équipe de gestion à Paris dédiée aux infrastructures. Mais de ce côté-ci de la Manche, on appréciera que les Anglais ne sont pas tous adeptes du « french bashing ». D’autant que la gestion d’actifs française a ses champions. A commencer par le premier d’entre eux, Amundi, qui vient de donner les détails d’un évènement majeur dans sa jeune existence : son introduction en Bourse. Prévue à la mi-novembre, elle doit accroître encore ses capacités de développement.Toujours dans l’Hexagone, la semaine consacrée à l’ISR touche à sa fin mais elle a encore été l’occasion de nouvelles annonces. Certaines encourageantes. D’autres déprimantes. Retenons dans la première catégorie. Accompagnée d’AllianzGI, L’Ircantec, l’institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’Etat et des collectivités publiques, a entrepris en début de semaine une démarche «pilote» dans le cadre de son engagement en faveur de la transition énergétique. Une belle initiative qui doit en appeler d’autres dans la mesure où les grands spécialistes de l’ISR attendent beaucoup des institutionnels. Par ailleurs, calculette en main, Cedrus AM a calculé que l’ISR a permis d’éviter une perte de 650 millions d’euros sur le titre Volkswagen. Ce dernier n’avait pas sa place dans les portefeuilles compte tenu d’une note faible sur le pilier «gouvernance» et de diverses controverses sur l’environnement. Un certain nombre de gérants devraient s’en souvenir… Côté déprime en revanche, une enquête a pointé que plus des deux tiers des Français n’ont jamais entendu parler d’ISR… On trouvera cependant quelques paradoxes devant une telle proportion, alors que les statistiques de l’Association Française de la Gestion financière sur l’épargne salariale mettent en évidence une nette progression des actifs gérés en un an dont… plus de 10 % sur des fonds ISR, qui représente désormais 21 milliards d’euros d’encours. Sur les marchés, on a appris cette semaine que les investisseurs ont surtout investi au troisième trimestre dans des zones où les banques centrales poursuivent une politique active d’assouplissement quantitatif, à savoir l’Europe et le Japon. Les inquiétudes sur la croissance en Chine et les signes de ralentissement de l'économie mondiale ont par ailleurs alimenté l’aversion au risque et poussé les investisseurs à privilégier les liquidités. Les fonds monétaires ont ainsi engrangé 42 milliards de dollars. A propos de liquidités, à Londres, devant un tribunal, s’est ouvert cette semaine le procès de six anciens intermédiaires financiers accusés d’avoir participé à la manipulation du taux de référence interbancaire Libor. La couleur est mise : les six anciens employés de trois sociétés de courtage plaident tous non-coupable.Enfin, après la justice, les autorités fiscales. Selon une étude du cabinet d’audit PwC, les fondateurs des sociétés de gestion, leurs dirigeants et gérants star vont de plus en plus faire l’objet d’enquêtes. Et les médias auront également leur part. La raison de cette menace ? Plusieurs sociétés de gestion ont été nommées l’année dernière dans des documents montrant que plus de 340 grandes entreprises ont passé des accords secrets au Luxembourg pour éviter de payer des milliards de dollars de taxes. Parmi elles figureraient Fidelity, Henderson, Schroders et l’activité de gestion de BNP Paribas.A propos de concurrence fiscale que se livrent les pays pour attirer les multinationales, selon un rapport parlementaire publié cette semaine, il en coûterait entre 40 et 60 milliards d’euros par an à la France. Bonne nouvelle cependant, dans ce cadre, on parle désormais de refonte des normes fiscales internationales. Cette proposition a dû être validée par le G20, au niveau des ministres des Finances cette semaine puis ce sera au tour des chefs d’Etat en novembre. On n’oubliera pas alors que cette harmonisation a été maintes fois souhaitée, et par beaucoup, avant d’être systématiquement bottée en touche. Souhaitons que les temps aient donc changé et qu’il soit désormais clairement question de transformer l’essai...