Il y a parfois des analogies faciles entre le monde du sport et celui de l’asset management. Notamment ce mercato qui bat son plein dans l’univers du ballon rond en ce début de saison. A coups de millions d’euros, les joueurs sont transférés d’un club à l’autre, chacun d’entre eux rêvant de constituer ou de recomposer la meilleure équipe possible. A la clé : performances et capitaux... Il en va donc de même pour la gestion d’actifs. Surtout en cette période de rentrée. Chaque société de gestion affiche sa volonté de disposer des meilleurs effectifs. Et cette semaine a été particulièrement riche en mouvements et annonces. Ainsi a-t-on appris le départ du directeur général d’Aberdeen France pour Robecco France. Par ailleurs, deux dirigeants sont arrivés à la tête de Royal of Scotland Bank à Paris pour remplacer son ancien dirigeant, Stéphane Rozès. BBVA France s’est également donné un directeur central adjoint dans la Capitale, et Axa IM est allé chercher un économiste international senior à l’Insee. Franklin Templeton a aussi débauché chez Amundi, Lazare Frères Gestion chez AllianzGI et, en Suisse, le chef stratégiste du groupe Reyl s’apprête à quitter la société pour un établissement encore tenu secret. Le capital humain à la base de la réussite d’une société de gestion ? L’idée a donc ses adeptes. Mais sans remettre en cause cette conviction, d’autres ont aussi rappelé une évidence : l’union fait la force ! Ainsi, toujours cette semaine, La Banque Postale a engagé la fusion de ses deux entités de gestion privée, à savoir la Banque Privée Européenne (BPE) et La Banque Postale Gestion Privée (LBPGP). Leur histoire était différente, leur avenir sera commun. En Suisse également, on a développé des idées assez proches. Le groupe Syz a ainsi finalisé le rachat de Royal Bank of Canada (Suisse), et une société de conseil en gestion de fortune, Kehrli & Zehnder Global Wealth Management AG, a annoncé la conclusion d’un partenariat stratégique avec Santro Invest AG, une société de gestion plutôt orientée vers les clients institutionnels. Pour sa part, Axa joue la carte de la réorganisation interne. Son entité Axa Wealth, qu’on disait vendue à tort, vient en effet d'être sélectionnée comme centre d’investissement multigestion au niveau européen pour l’ensemble du groupe.Que chacun fourbisse ses armes se comprend. Car les enjeux sont considérables… et les parcours parfois semés d’embûches. Royal Bank of Scotland, Deutsche Bank et UBS en savent quelque chose, qui se battent pour conserver leur droit à gérer l’argent des retraités américains après que les régulateurs outre-Atlantique les aient menacés de le leur retirer pour avoir plaidé coupable de manipulation de marchés en début d’année. Enfin, impossible de finir ce tour d’actualité hebdomadaire sans se pencher sur les marchés. La panique fin août consécutif aux doutes sur la croissance chinoise a généré de la volatilité mais surtout des réallocations massives. Près de 30 milliards de dollars en une semaine ont ainsi quitté les fonds investis en actions ! Pendant ce temps, la Chine continue sa route. Sa banque centrale vient de créer un fonds d’investissement d’un montant total de 10 milliards de dollars dédié à l’Amérique latine et aux investissements dans des domaines tels que l’industrie, la haute technologie, l’agriculture, l'énergie et les infrastructures. De leur côté, les autorités à Pékin ont fait le ménage dans le monde de la finance et de la régulation après avoir annoncé qu’elles avaient arrêtées les responsables du krach boursier. Ces personnes ont été transférées en prison. Drôle de mercato…