A l'épreuve des chiffres, l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) qui a tenu jeudi 7 avril sa conférence de presse annuelle, a constaté des risques accrus en matière de blanchiment d’argent l’année dernière. Dans son rapport annuel sur l’enforcement, le régulateur a conduit 794 clarifications (contre 782 en 2014) et a clos 55 procédures d’enforcement (59 en 2014). D’autre part, dans quatorze cas (neuf en 2014), la FINMA a prononcé des interdictions de pratiquer et d’exercer. Avec beaucoup d'à propos, le régulateur suisse a abordé les risques accrus de blanchiment d’argent sur la place financière suisse «qui exigent une intensification de la surveillance», a-t-il expliqué. «Les établissements doivent également redoubler d’efforts en la matière», a indiqué la FINMA en invitant les banques à signaler de manière plus rigoureuse les relations de clientèle et les transactions suspectes... Mark Branson, directeur de la FINMA, a également pointé les risques croissants de blanchiment d’argent, surtout en lien avec les fonds provenant de clients des pays émergents. «Le blanchiment est bien sûr un problème planétaire, mais la Suisse, en tant que première place mondiale pour la gestion de fortune transfrontière pour clients privés, y est particulièrement exposée», a ajouté Mark Branson en indiquant que cette situation requiert, en plus d’une surveillance accrue, un traitement responsable et rigoureux des risques de blanchiment d’argent par les assujettis. Le responsable a également demandé aux banques plus d’engagement pour signaler les transactions et les relations de clientèle suspectes aux autorités pénales, convaincu de l’intérêt «du droit de communication pour renforcer la lutte contre le blanchiment et donc la réputation de la place financière.» Enfin, concernant ses comptes annuels qui ont été présentés au cours de la manifestation, la FINMA a fait état pour 2015 de charges d’un montant de 124 millions de francs, inférieures d’environ trois millions de francs à celles de 2014 (127 millions). En y ajoutant les réserves constituées conformément à la loi, il en résulte un montant de 136 millions de francs - contre 140 millions en 2014. Ce montant est couvert par les recettes dues aux émoluments et aux taxes de surveillance, a noté le régulateur.