L’Autorité des marchés financiers (AMF) doit publier, ce 6 février, pour la première fois, une enquête sur les frais facturés par les gestionnaires d’actifs, rapporte le quotidien Les Echos. « Notre objectif est d’informer l’investisseur du niveau à partir duquel la tarification pratiquée, à performance égale, peut être considérée comme excessive », déclare au quotidien économique Xavier Parain, le directeur de la gestion d’actifs de l’AMF.Concrètement, l’AMF a calculé les frais courants moyens (pondération par les encours) pratiqués par les 6.260 fonds commercialisés en France en 2015. Ceux demandant un minimum de souscription de plus de 100.000 euros ont été exclus car ils « ne sont pas distribués largement auprès du grand public ». Pour les fonds de droit français, les frais ressortent à 0,10 % sur le monétaire, 0,69 % sur les obligations, 1,58 % sur les actifs mixtes et 1,80 % sur les actions. Les tarifs sont légèrement supérieurs (sauf sur les actions) pour les fonds de droit étranger : 0,20% sur le monétaire, 1,10% sur les obligations, 1,62% sur les actifs mixtes et 1,68% sur les actions.Pour identifier les fonds pratiquant une tarification potentiellement excessive, l’étude a isolé ceux qui avaient facturé des frais courants supérieurs de plus de deux fois l’écart type à la moyenne de leur catégorie. Sont ainsi considérés comme des « OPCVM prélevant des frais courants élevés », les fonds monétaires présentant plus de 0,65 % de frais, les fonds obligations à plus de 2,06 %, les fonds actions à plus de 3,26 % et les fonds mixtes à plus de 3,47 %. Ce tri, assez peu sélectif, a permis d’identifier un nombre minime de fonds : 148, ce qui correspond à 0,33 % des encours des fonds étudiés. Autre particularité parmi les OPCVM français identifiés : en plus des frais courants, ils prélèvent quasiment tous des commissions de mouvements. Ces frais additionnels, perçus lorsque le gérant achète ou vend, représentent globalement 4% du chiffre d’affaires des sociétés de gestion françaises. Soucieuse d’aller au-delà du simple constat, l’AMF prévoit de publier deux études prochainement, l’une sur les commissions de surperformance et l’autre sur les commissions de mouvement.