Alors que la bataille autour du projet de directive sur les hedge funds et le private equity (AIFM) continue de faire rage, le Trésor vient très opportunément de publier un rapport rédigé par un groupe de travail dédié à l’asset management qui tente d’identifier les défis que la City doit relever pour s’imposer à l'échelle internationale comme un centre de premier plan pour la gestion d’actifs.Robert Jenkins, le président l’Association britannique de la gestion (IMA), qui a coprésidé aux côtés du chancelier de l’Echiquier, Alistair Darling, le groupe de travail, a relevé, sans prétendre à l’exhaustivité (22 recommandations au total), trois points essentiels de son point de vue. Tout d’abord, ne pas susciter des attentes excessives chez les investisseurs. Que ce soit en informant ou en éduquant l’investisseur, «nous devons assurer des attentes réalistes en termes de risque et de rendement. Si nous manquons cet objectif, nous ne manquerons pas de décevoir. Et si nous décevons trop souvent, nous échouerons», insiste Robert Jenkins.Deuxième point évoqué par Robert Jenkins, la problématique des coûts. «Le coût du conseil doit être distingué et distinct du coût du produit. Qui est payé par qui doit devenir encore plus transparent», écrit Robert Jenkins. Les mesures envisagées, comme la suppression des rétrocessions, devraient être adoptées dans l’ensemble des pays de l’Union afin que les mêmes règles s’appliquent partout en Europe, ajoute Robert Jenkins.Troisième point, Robert Jenkins pense que la fiscalité pourrait être mise au service de l’industrie de la gestion d’actifs. Evoquant les exemples de l’Irlande et du Luxembourg, qui poussent les feux de la gestion d’actifs grâce à leur politique fiscale très favorable, il estime qu’un régime «on shore» attractif pourrait être mis en place pour la gestion alternative. «Pour le dire de façon un peu provocante, faites venir l’Irlande et le Luxembourg au Royaume-Uni et ne permettez pas que l’industrie alternative britannique déménage dans un pays comme l’Irlande ou le Luxembourg», écrit Robert Jenkins. Le rapport insiste par ailleurs sur l’importance de l'épargne à long terme, sur l’importance dans ce contexte de l’accessibilité et de la simplicité des produits et sur la nécessité de mieux intégrer au niveau européen la gestion d’actifs dans la problématique des pensions. Sur le chapitre de l’encadrement des marchés de capitaux, le rapport met en garde contre des mesures qui pourraient avoir des conséquences contre-productives comme par exemple l’interdiction ou les restrictions imposées sur les ventes à découvert.