Le ministre de l’Économie, Christine Lagarde a annoncé le 29 octobre avoir confié à Pierre Fleuriot, Président de Crédit suisse France, une mission pour concerter et faire des propositions en préparation de la révision de la directive européenne Marchés d’instruments financiers (dite directive MIF) qui est attendue en 2010. La mission évaluera les évolutions et décisions intervenues depuis 2004 et formulera des propositions en matière de fonctionnement des marchés en ciblant sa réflexion sur les marchés d’actions et d’obligations, précise Bercy dans un communiqué."Concrètement, je veillerai à ce que l’Europe avance en direction des objectifs de politique publique que le gouvernement poursuit en matière de marchés financiers. Il s’agira, pour l’Union européenne, de construire dans les années qui viennent une vision d’ensemble de ce que sont des marchés financiers sûrs, équitables et tournés vers le financement durable de la croissance», écrit Christine Lagarde dans sa lettre de mission qui décline les différents problèmes apparus à la faveur de l’application de la directive : fragmentation des marchés, disparités dans les coûts de transactions, impact des dark pools sur la transparence des marchés et l’efficience du processus de formation des prix, déficit d’harmonisation sur les activités post-marché."Je souhaite tout d’abord que l’intégrité des marchés soit inscrite au premier rang de ces objectifs. Au-delà, il convient d’accroître la transparence sur les marchés et obligataires et de garantir à tous les participants un accès équitable et transparent aux transactions. Une information disponible et largement exploitable constitue la première garantie pour que les prix des instruments financiers se forment efficacement en lien avec les fondamentaux de l'économie réelle et au service des entreprises et des investisseurs. Je souhaite également renforcer l’accès des utilisateurs finaux aux meilleurs prix. La réglementation ne doit pas indûment placer certains acteurs en position d’obtenir de meilleurs prix. Enfin, la suppression des risques systémiques notamment des risques de contrepartie par une compensation appropriée des instruments est une priorité essentielle».Pierre Fleuriot remettra ses conclusions à Christine Lagarde d’ici le 31 janvier. Jean-Pierre Hellebuyck, vice président d’Axa IM, et Olivier Poupart-Lafarge, ancien directeur général délégué de Bouygues et membre des collèges de l’AMF et de l’ANC (Autorité des normes comptables), apporteront leur contribution à ces travaux.