Dans un discours prononcé le 20 octobre devant les ministres de l’Economie des Vingt-Sept, le président de l’International Accounting Standards Board (IASB), David Tweedie, a fait un point d’étape sur le dossier de la comptabilisation des instruments financiers et indiqué que suite aux travaux engagés avec toutes les parties prenantes et notamment avec les différentes instances européennes, l’IASB a été amenée à «apporter des modifications à ses propositions initiales pour régler les problèmes qui ont été soulevés ».Suite aux vives critiques formulées par les banques, notamment du côté français, l’IASB semble vouloir ménager un retour en douceur de la comptabilisation au coût historique. « Je peux confirmer que l’extension de l’utilisation de la fair value n’a jamais été dans nos intentions», a souligné David Tweedie qui affirme que l’IASB ne demandera pas aux banques que leur portefeuille de prêts soit comptabilisé à la juste valeur. Suite aux remarques de l’Efrag et de la Commission européenne, David Tweedie a indiqué, sans entrer dans les détails techniques, que les instruments financiers éligibles à la comptabilisation au coût amorti seront plus nombreux que dans ce qui avait été proposé initialement dans l’exposé sondage. L’IASB a également accepté de lever l’interdiction pour les institutions financières de reclasser des actifs du trading book dans le banking book. Autrement dit, l’IASB est d’accord pour que ces reclassements soient autorisés à partir du moment où la banque change de modèle économique. David a précisé par ailleurs que les inquiétudes des compagnies d’assurances ont également été prises en compte. Le projet de norme sur les contrats d’assurance n’entrera pas en vigueur «avant 2013 ou 2014 au plus tôt» et des améliorations ont été apportées sur la comptabilisation des investissements en actions. Le détail des travaux sur l’IAS 39 seront présentés dès le mois prochain. Il reste que les modifications consenties par l’IASB ne vont pas faciliter les efforts de convergence avec le référentiel comptable américain, plus favorable à la fair value et même à la full fair value. Dès la semaine prochaine, l’IASB doit rencontrer les autorités comptables américaines (FASB) pour tenter d’aplanir les divergences qui subsistent encore, notamment sur le provisionnement des pertes sur prêts ou encore sur la comptabilité de couverture.