Après l’AFG il y a quelques jours, c’est l’Association française des investisseurs institutionnels (AF2i) qui est montée au créneau, le 14 octobre à l’occasion du Club de Perspective 2009 de l’AF2i, pour défendre une réforme du marché obligataire.Quatre associations professionnelles de la place, l’AF2i, l’Association française de la gestion financière (AFG), la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA) et l’Association française des trésoriers d’entreprise (AFTE) ont rédigé une note commune sur le sujet qu’elles ont présenté à l’AMF et à Paris Europlace.Au-delà du constat sur les dysfonctionnements du marché obligataire, notamment la difficulté de négocier sur des bases fermes et l’absence de valorisations incontestables, les associations préconisent des améliorations sur au moins deux points. Tout d’abord, la transparence post-trade des opérations, c’est-à-dire avoir des informations sur les volumes et les prix pour les obligations corporate en catégorie investment grade et les «covered bonds» (les obligations d’Etat n'étant pas concernées). «Actuellement, la diffusion de cette information n’est pas assurée. Alors que cette information existe. L’AMF, la Banque de France reçoivent cette information des prestataires de services d’investissement. Elles utilisent cette information pour leurs besoins propres mais rien n’est prévu sur la rediffusion de ces éléments au marché», a expliqué Etienne Stofer, administrateur à l’AF2i. «Le régulateur peut le faire», a lancé Etienne Stofer. L’autre voie d’amélioration serait de progresser sur la transparence du pre-trade. «La situation actuelle n’est pas tenable sur le long terme dans la mesure où l’on se dirige vers plus de transparence et donc plus de concurrence. Actuellement, on ne sait pas où trouver la concurrence». Mais aucune plate-forme ne diffuse l’information.Jean Tricou, directeur à la Fédération bancaire française (FBF) a salué les travaux des quatre associations. «On ne fera pas toutefois l'économie d’une réflexion européenne sur le sujet, ce qui pourrait prendre au moins trois ans», a-t-il relevé. «A titre personnel, a-t-il poursuivi, je trouve que le diagnostic est légitime et nuancé. Il me semble plus facile d’avancer sur le post-trade. Les plates-formes existent, le coût serait moindre. En revanche, les revendications sur le pre-trade me semblent plus difficiles à satisfaire car elles sont plus coûteuses». Il faudrait que les BFI aient une réflexion sur le sujet, a-t-il suggéré.Etienne Stofer a reconnu que le problème était européen, soulignant au passage que le marché obligataire américain était beaucoup plus performant, mais a relevé qu’il fallait surtout trouver un accord entre les trois poids lourds du marché européen, à savoir la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.