Un collectif de grands investisseurs, composé notamment d’Aviva Investors et du Fonds de réserve pour les retraites*, s’apprête à écrire aux dirigeants des autorités de cotation et des Bourses pour réclamer l’intégration du reporting développement durable aux règles de cotation.Cet «appel à l’action» s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large lancée par Aviva Investors l’année dernière, qui s’appuie sur les Principes de l’Investissement Responsable (PRI) adoptés sous l’égide de l’ONU. Il bénéficie déjà du soutien d’investisseurs représentant au total 558 milliards de dollars d’encours sous gestion. «L’objectif de cette initiative collective est de promouvoir un environnement boursier qui oblige les entreprises à évaluer le caractère plus ou moins responsable et durable de leur modèle et qui les encourage à soumettre au vote de leur assemblée générale une stratégie volontariste en matière de développement durable», indique un communiqué diffusé lundi par Aviva Investors. Le principal objectif de la proposition d’instauration d’une obligation d’information sur la politique RSE de l’entreprise (avec vote de l’assemblée générale) est de susciter le débat au sein des conseils d’administration des sociétés cotées à travers le monde, et entre la société et ses actionnaires. Le cadre suggéré pour ces débats est le Pacte Mondial des Nations Unies, et il est proposé que le reporting soit effectué selon le principe comply or explain, qui oblige l’entreprise à se conformer aux règles ou à expliquer pourquoi elle y a dérogé. Les trois principes clés des modalités du vote de l’assemblée sont : (i) le rapport serait publié dans son intégralité ou synthétisé dans le Rapport et les Comptes ; (ii) le vote serait consultatif, et (iii) il incomberait aux actionnaires d’approuver le rapport. A l’exception de quelques exemples notables (Bourses de Singapour, de Johannesburg et d’Istanbul), les Bourses ne manifestent pas encore une réelle volonté de faire évoluer leurs règles de cotation. Une enquête commandée par Aviva Investors sur les exigences des 30 premières Bourses mondiales (par la capitalisation) en ce qui concerne le respect des critères ESG, intitulée «Sustainable Stock Exchanges – Real Obstacles, Real Opportunities», montre qu’actuellement, la majorité des entreprises de marché (57 %) ne prévoit pas de recommandations sur le reporting développement durable dans leurs règles de cotation. Il ressort également de cette enquête que si 70 % des Bourses consultées reconnaissent qu’elles doivent encourager les entreprises à assumer davantage leurs responsabilités en matière de développement durable et la quasi-totalité d’entre elles compte lancer de nouvelles initiatives dans ce domaine, seulement 25 % seraient prêtes à modifier leurs règles de cotation pour obliger les entreprises à évaluer le caractère plus ou moins responsable et durable de leur modèle. À peine plus de 10 % des Bourses seraient prêtes à suggérer aux entreprises de soumettre cette question au vote de l’assemblée générale. * À ce jour, les membres de «l’appel à l’action» comprennent Aviva Investors, le Fonds de Réserve pour les Retraites – FRR, SNS Asset Management, Triodos Investment Management, Mn Services N.V., The Cooperative Asset Management, et Northwest & Ethical Investments. «L’appel à l’action» bénéficie également du soutien de Ceres.