La directive OPCVM IV de la Commission Européenne, dont l’entrée en vigueur est prévue le 1er juillet 2011 pour les pays membres, devait permettre aux sociétés de gestion de réaliser d’importantes économies d’échelle en leur permettant de fusionner plus facilement des fonds existants de leur gamme, agréés dans différents pays. Ce qui par la même occasion réduirait le nombre trop important de fonds européens. Mais pour plusieurs professionnels de la gestion, réunis autour d’une table ronde sur les effets immédiats d’OPCVM IV organisée lors de la première journée de la Spring Conference de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement (Alfi) à Luxembourg, la directive n’aura pas l’effet escompté. Pour Jeremy Soutter, global head of product chez Aviva Investors, les anciennes sociétés de gestion, disposant d’une gamme de fonds bien étoffée, « ne bénéficieront pas du nouveau cadre réglementaire, plus favorable aux petites structures et aux nouveaux produits ». Le manque d’unité européenne autour des modalités de taxation n’incitera pas les sociétés de gestion à fusionner des fonds, « il est donc bien possible que nous nous retrouverons avec le même nombre de produits qu’avant, voire plus », insiste Jeremy Soutter. C’est aussi l’avis de Marnix Arickx, responsable hedge fund engineering chez BNP Paribas Investment Partners Belgique. « Je suis persuadé que l’industrie des fonds se servira d’OPCVM IV. Mais elle le fera pour la création de nouveaux fonds transfrontaliers, pas pour la fusion de produits existants », souligne-t-il. Les participants trouvent néanmoins quelques points positifs à OPCVM IV. « Les campagnes de lancement internationales de produits seront grandement facilitées par la directive », se réjouit Marnix Arickx.
Le 15 mars, une porte-parole de la Commission de surveillance du secteur financier (CSSF) luxembourgeoise, a refusé de commenter «le cas concret» mais a confirmé le communiqué publié le matin par le groupe KBC annonçant que la cession projetée de KBL European Private Bankers (KBL epb), actif dans dix pays européens, pour 1,35 milliard d’euros, au groupe indien Hinduja «n’aura pas lieu». L'établissement belge a précisé que la CSSF a confirmé le 14 mars «sa décision de ne pas poursuivre l'évaluation de l’acquisition de KBL epb par le groupe Hinduja», le régulateur étant arrivé "à la conclusion que sa décision aurait été de s’opposer» à cette transaction. Toujours selon KBC, «la CSSF a tiré cette conclusion au vu de l’application des critères prévus par la loi sur le secteur financier et après concertation avec les autres autorités compétentes».L’encours de KBL epb (2.522 personnes dont 418 banquiers privés) à fin décembre ressortait à 47 milliards d’euros.
Dans les prochaines années, l’industrie des fonds d’investissement au Luxembourg devra faire face "à un véritable tsunami réglementaire», note Marc Saluzzi, responsable asset management chez PwC, lors d’une intervention au cours de l’Alfi Spring Conference, organisée ces 15 et 16 mars par l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement dans la capitale du Grand Duché. Pour le spécialiste, ces nouvelles réglementations, comme la directive AIFM (Alternative Investment Fund Managers), auront un impact particulièrement important pour l’industrie des fonds alternatifs, «qui part quasiment d’une régulation zéro», souligne-t-il. Marc Saluzzi estime que ces nouveaux cadres réglementaires offrent au Luxembourg, doté déjà d’un certain nombre d’avantages compétitifs grâce au standard UCITS, la chance d’un nouveau départ et «l’opportunité de devenir un centre mondial important pour les différents produits alternatifs». Pour s’imposer comme référence auprès des gestionnaires de fonds d’investissement alternatifs, la place luxembourgeoise devra s’efforcer de poursuivre une stratégie claire et «commune à tous les acteurs de l’industrie», souligne Marc Saluzzi. Et pour y arriver, l’intéressé propose de mettre les investisseurs institutionnels «au cœur de la stratégie de conquête» menée par la place luxembourgeoise. «Ces investisseurs représentent 50 % des encours alternatifs dans le monde, et nous ne leur avons pas suffisamment tendu la main dans le passé. Cela doit changer», insiste Marc Saluzzi, qui rappelle que pour «se rapprocher des investisseurs institutionnels», il faut obligatoirement «sonder leurs besoins et s’y adapter». Cette clientèle se trouve donc au centre d’un certain nombre de mesures qui lui semblent indispensables à mettre en place rapidement. L’objectif doit être de «devenir la place de domiciliation de choix pour les investisseurs institutionnels». Il insiste par ailleurs sur la nécessité d’offrir une «boîte à outils» efficace pour les AIFM et d’attirer les meilleurs acteurs de services financiers au Luxembourg. Il faudrait également s’efforcer de créer une marque mondiale pour les fonds alternatifs luxembourgeois comme cela a été fait pour UCITS. Enfin, le Luxembourg doit avoir comme but de devenir la plateforme mondiale de distribution de produits alternatifs.Pour l’instant, seulement 4 % des encours alternatifs sont domiciliés au Luxembourg, selon les chiffres de PriceWaterhouseCooper à fin 2009. Il reste donc du chemin à parcourir pour faire du Luxembourg «la» place de référence en la matière.
Selon L’Agefi, UBS a révélé dans son rapport annuel 2010 publié mardi 16 mars avoir reçu des assignations de la part du département américain de la justice, de la SEC et du régulateur des dérivés, la CFTC. L’enquête doit établir «si UBS a cherché à certains moments à manipuler, seul ou avec d’autres acteurs, les taux Libor». Ces taux agrègent les déclarations d’un panel de banques: sans correspondre à des transactions réelles, et sont censés refléter les conditions auxquelles les membres du panel s’attendent à emprunter une «quantité raisonnable» sur le marché. La crise financière a pu pousser certaines banques à minorer ces conditions de financement afin de cacher au marché leur difficulté à trouver de la liquidité.
Le gouvernement américain a décidé de suspendre l’exécution du contrat de conseil de Deloitte Consulting au profit de la Banque centrale d’Afghanistan, rapporte The Wall Street Journal. Cette mesure intervient à la veille de la publication par l’inspecteur général de l’U.S. Agency for International Development (USAID), l’organisme qui a octroyé le contrat, d’un rapport accablant sur l’incapacité du régulateur afghan à juguler la corruption chez la première banque du pays, kabul Bank.
Solvabilité II présente deux aspects positifs. Tout d'abord, nous avons été conduits à faire progresser la culture de risque de nos maisons, c'est-à-dire à mieux réfléchir, mieux travailler sur des questions telles que la gouvernance des modèles, la gestion et la répartition des risques, la diversification géographique, etc., et à mieux formuler ces questions.
Intesa Sanpaolo a été chahutée en Bourse de Milan hier après que la banque italienne a relelvé son estimation d’impact de l’application de Bâle III. Ces règles pourraient réduire le ratio Core Tier One de 100 points de base, contre un impact précédemment envisagé de 68 pb.
Le holding de contrôle de l’assureur Fondiaria-SAI a fait savoir hier qu’il mettait un terme à ses négociations avec Groupama. Le mutualiste français ambitionnait de monter à 17 % dans Premafin et jusqu'à 20 % dans sa filiale. L’Italie constitue toujours un marché prioritaire pour le groupe.
BNP Paribas a annoncé avoir fusionné deux de ses filiales de gestion d’actifs spécialisées, Harewood Asset Management et Sigma, au sein d’une nouvelle société Theam dont la banque veut doubler les encours sous cinq ans. Theam, qui gère 50 milliards d’euros avec une équipe de 120 personnes, devient à cette occasion une filiale à 100% de BNP Paribas Investment Partners, le pôle de gestion d’actifs de BNP Paribas.
Le holding qui contrôle l’assureur italien Fondiaria-SAI fait savoir dans un communique que «les conditions justifiant la poursuite de ses contacts concernant l’entrée de Groupama SA au capital de Premafin ne sont plus réunies». Il étudie d’autres solutions pour renforcer son capital, a-t-il précisé. En octobre dernier, Groupama avait signé un accord avec la famille Ligresti, propriétaires du holding, pour acquérir 17,1% de Premafin et grimper jusqu'à 20% dans Fondiaria. Mais la semaine dernière, le mutualiste français avait décidé de renégocier l’accord pour lever les préventions de la Consob, qui le contraint à lancer une OPA sur les deux sociétés. En vain, donc.
Il s'agit d'une approche à la fois prudente et équilibrée de la prise en compte du risque : la prudence implique un calibrage du SCR (Solvency Capital Requirement) au seuil de confiance à 99,5 %, tandis que l'équilibre implique la neutralité globale des capitaux. Ces exigences entraîneront une hausse du SCR pour certaines entreprises et une baisse pour d'autres.
Au stade actuel d'élaboration de Solvabilité II, nous disposons de quelques constats individuels mais pas d'un constat au niveau du marché français ou européen car nous n'avons pas encore de résultats agrégés. Mais on entend des bruits, çà et là, qui donnent l'impression que les résultats sont plus favorables que ceux que nous pouvions anticiper il y a neuf mois, avant les modifications introduites par la Commission dans la formule standard du QIS5.
L’étude d’impact QIS5 a confirmé que les compagnies d’assurance française ont bien résisté à la crise et avaient retrouvé fin 2009 une solidité financière élevée, selon la FFSA, qui précise que «néanmoins, ces résultats ne permettent pas de valider le projet dans son état actuel compte tenu des incertitudes qui demeurent sur les modalités de calcul des futurs ratios prudentiels et leur extrême sensibilité aux conditions de marché». La FFSA rappelle la nécessité de définir de façon cohérente le périmètre des fonds propres, de réduire certains calibrages et de garantir l’égalité de traitement entre les acteurs.
Bankia, qui regroupe six caisses d'épargne espagnoles dont Caja Madrid, vient de mandater Bank of America, Deutsche Bank, JP Morgan et UBS pour diriger sa prochaine introduction, Lazard sera la banque conseil dans cette opération. Si les besoins en capitaux de Bankia s’élèvent à 5,8 milliards d’euros, en cas d’introduction en Bourse, il ne lui suffira de ne lever que 1,8 milliard car le ratio exigé descend alors à 8% contre 10% autrement.
Reuters souligne que les actionnaires de la holding prônent une «solution italienne» concernant l’assureur. Les chances de conclure un nouvel accord avec Groupama diminuent du fait de l’opposition de Salvatore Ligresti, dont la famille détient la majorité du capital de Premafin. Une issue possible pourrait se trouver du côté d’UniCredit.
Les risques résidentiels liés aux tremblements de terre sont réassurés par le gouvernement. Séismes et tsunamis sont exclus des contrats sur le nucléaire
La direction de Lloyds Banking Group serait disposée à renoncer au projet de versement d’un bonus au titre de l’année en cours au bénéfice de l’ancien directeur général Eric Daniels, face à l’opposition marquée des actionnaires à ce sujet. C’est ce qu’indique le quotidien britannique sans identifier ses sources.
Les autorités de régulation chinoises envisageraient d’imposer un minimum de 80 milliards de yuans (8,7 milliards d’euros) d’actifs et de 2 milliards de yuans (220 millions d’euros) de résultat net aux banques commerciales du pays qui souhaiteraient réaliser des introductions en Bourse ou des levées de fonds, indique le journal qui ne cite pas ses sources.
Liu Mingkang, le président de la Commission de régulation du secteur bancaire chinois, la CBRC, a confié au Shanghai Securities News que le risque de crédit des banques chinoises pourrait bien augmenter du fait des prêts accordés aux véhicules de financement des gouvernements locaux. Il se veut rassurant sur les prêts au secteur de la promotion immoblière.
Les pays de l’OCDE concluent accord sur accord d'échange d’informations avec les pays qui figurent sur leur liste des paradis fiscaux, mais sans résultats concrets. Singapour est en train de supplanter la Suisse et conserve son secret bancaire, note Expansión. L’OCDE concentre ses efforts sur les paradis fiscaux occidentaux, ce qui en fait éclore en Asie (et même en Afrique, avec l’exemple récent du Ghana qui a choisi cette option pour son développement).Au ministère espagnol des Finances (Hacienda), on se plaint que les accords signés jusqu’ici n’aient pas encore apporté d’information importante. Francisco de la Torre, porte-parole des inspecteurs du fisc, estime qu’il faut des règles communautaires pour s’attaquer à ce fléau : il y aura des problèmes d'évasion fiscale tant qu’un pays de la zone euro collaborera avec les économies opaques.Les experts utilisent d’ailleurs des formules toutes faites pour l'évasion du capital : le «sandwich hollandais» (qui aurait été utilisé par le groupe Rumasa) ou le «double Irish» que pratiquent les grandes sociétés qui vendent dans toute l’Europe en passant par l’Irlande. Et, pour les finances publiques espagnoles, les paradis fiscaux les plus nuisibles sont les plus proches : Andorre et Gibraltar, selon Francisco de la Torre.
Dans un entretien aux Echos, la présidente de Vigeo, Nicole Notat, estime que «les critiques à l’égard des agences spécialisées dans la notation extrafinancière «sont le signe de l’affirmation du rôle» de cette notation. «La méthode de collecte de l’information avec ou sans visite d’entreprises a été très discutée. Avec tout le respect que j’accorde à ses promoteurs, le raisonnement qui réduit la qualité des opinions émises au principe de la visite est, à mes yeux, très réducteur. Ce qui compte avant tout, que l’on soit sur place ou à distance, c’est la rigueur, la robustesse et la profondeur du questionnement qui conduit à cibler et solliciter les indicateurs et informations, rendant compte d’un engagement tangible de l’entreprise sur ses facteurs de risque ESG. Ceux-ci ne se limitent pas à de belles déclarations sans preuve de passage à l’acte. A cet égard, le dialogue avec l’entreprise, sur des questions précises, est central», explique Nicole Notat.
L’affaire Galleon, qui met en cause un des anciens «managing directors» de McKinsey, tombe mal pour le cabinet de conseil, fier de sa culture d’excellence et de confidentialité, rapporte Les Echos. Dans cette affaire, Rajat Gupta, l’ancien numéro un du cabinet, qui siégeait aux conseils d’administration de Goldman Sachs et de Procter & Gamble, aurait en effet averti le milliardaire Raj Rajaratnam, fondateur de Galleon, de l’investissement de 5 milliards de dollars que Warren Buffett s’apprêtait à injecter dans le capital de Goldman Sachs. «La mise en cause d’anciens collègues dans l’affaire Galleon est très préoccupante», a estimé le 11 mars le cabinet. «Les faits qui leur sont reprochés et qui sont actuellement débattus devant des tribunaux aux Etats-Unis sont diamétralement contraires à nos valeurs, à nos règles et à notre culture. Nous prenons l’affaire Galleon très au sérieux et nous continuons à coopérer pleinement avec les autorités», a-t-il poursuivi.
L’Agefi rapporte que des fuites portant sur les résultats de la cinquième étude d’impact (QIS5) des règles Solvabilité 2 pour le secteur de l’assurance montrent que celui-ci affiche une santé financière «solide», selon l’Autorité européenne de supervision des assureurs, l’Eiopa. L’ensemble du secteur présente un surplus de 395 milliards d’euros sur le seuil de capital cible (SCR, solvency capital requirement) qu’ont fixé les régulateurs pour absorber un choc économique majeur. Quelques compagnies ont néanmoins du souci à se faire, note le quotidien. Environ 15% d’entre elles ne respecteraient pas le SCR. Plus gênant encore, environ 4,6% des assureurs ne pouvaient respecter à fin 2009 le minimum en capital requis, «ce qui déclencherait l’intervention la plus sérieuse de la part du superviseur, c’est-à-dire le retrait de la licence», souligne l’Eiopa.
Selon Les Echos, le groupe bancaire italien a décidé, vendredi, de geler les droits de vote de la banque centrale de Libye, détentrice de 5% de son capital, et le fonds souverain Libyan Investment Authority (LIA), propriétaire quant à lui de 2,6%. UniCredit a fait ce choix pour se mettre en conformité avec les sanctions prises par l’Union européenne contre le régime de Tripoli.
Un porte-parole de DekaBank a confirmé samedi à Reuters la teneur d’un article de la Börsen-Zeitung du même jour selon lequel le gestionnaire central des caisses d'épargne a commis quelques irrégularités dans la comptabilisation de certaines opérations sur actions, ce qui risque de lui coûter une cinquantaine de millions d’euros, rapporte la Frankfurter Allgemeine Zeitung.En fait, Deka aurait laissé passer certains délais légaux et ne pourrait plus bénéficier du remboursement fiscal sur des actions prises en pension auprès de non-résidents au moment du détachement du dividende.