Deux pays de la zone euro, dont la France, ont perdu le 13 janvier leur notation triple A. Sept autres ont vu leur note abaissée et restent sous la menace d’une nouvelle dégradation, seule l’Allemagne étant épargnée par l’agence de notation Standard and Poor’s (S&P). L’agence a non seulement confirmé le triple A de la première économie européenne mais aussi affirmé qu’elle n’envisageait pas de changer son point de vue dans les mois qui viennent. La France, deuxième économie en Europe, a en revanche perdu sa note AAA, une décision largement anticipée par les marchés, mais qui a contraint le président Nicolas Sarkozy a convoquer d’urgence une réunion de crise.L’agence d'évaluation financière a abaissé de deux crans les notes de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal et de Chypre, ces deux derniers Etats étant relégués dans la catégorie des investissements spéculatifs, selon un communiqué publié vendredi en fin de soirée. L’Autriche, qui perd aussi son triple A, ainsi que Malte la Slovaquie et la Slovénie sont dégradées d’un cran avec la France. En revanche, les quatre autres pays notés AAA (Allemagne, Finlande, Pays-Bas et Luxembourg) conservent leur notation, tout comme la Belgique, l’Estonie et l’Irlande qui ne sont pas dégradées.Après cette décision, S&P maintient tous les pays de la zone euro, hormis l’Allemagne et la Slovaquie, sous perspective négative, ce qui signifie que l’agence estime à une sur trois les chances d’un nouvel abaissement en 2012 ou 2013. La Grèce était déjà sous perspective négative.L’agence de notation américaine avait prévenu le 5 décembre qu’elle envisageait d’abaisser la note souveraine de 15 des 17 pays de la zone euro, y compris celle de l’Allemagne. En épargnant cette dernière, mais en sanctionnant la France, l’agence consacre un décrochage entre les deux économies les plus importantes d’Europe. Selon l’agence, les initiatives prises par les responsables européens au cours des dernières semaines pourraient être insuffisantes, entre autres «un processus de réformes basé sur la seule austérité fiscale», pour répondre totalement aux problèmes systémiques en cours de la zone euro. Plusieurs responsables politiques, à commencer par le ministre français des Finances François Baroin, ont minimisé cette décision, anticipée dès vendredi après-midi, y compris par les marchés qui n’ont pas cédé à la panique. Le commissaire européen aux Affaires économiques Olli Rehn a regretté la décision aberrante de Standard and Poor’s. Les pays qui apportent leurs garanties au Fonds de soutien européen FESF ont pour leur part affirmé leur détermination à explorer les options pour maintenir le triple A de ce mécanisme financier, a affirmé Jean-Claude Juncker, le chef de file des ministres des Finances de la zone euro dans un communiqué.