Les noms de 353 contribuables français ont été communiqués par la justice au ministère des Finances dans le cadre de l’enquête ouverte sur des démarchages illicites effectués par des commerciaux d’une filiale d’UBS, a-t-on appris de source proche du dossier. Tous, parmi lesquels des personnalités connues, sont visés par quatre demandes d’entraide administrative, adressées depuis décembre 2012 par Bercy aux autorités suisses, précise Le Monde, qui a révélé l’information.Selon le quotidien, il est déjà acquis qu’une cinquantaine d’entre eux détiennent bien un compte en Suisse, sans qu’on sache encore s’ils ont été déclarés ou non au fisc français. Ce dossier pourrait ajouter à la crise provoquée par l’affaire Cahuzac et qui a conduit l’exécutif à annoncer la préparation d’une loi de moralisation de la vie publique et à demander aux ministres de publier leur patrimoine.La banque helvétique est suspectée d’avoir organisé un démarchage commercial en France ayant pour objet de proposer des placements soustrayant des fonds au fisc français. Trois responsables d’UBS France ont été mis en examen dans ce dossier, dit-on de source judiciaire. Selon Le Monde, 850 millions d’euros sont en jeu et la banque organisait des concerts et des tournois de golf pour prospecter ses clients."Faire croire qu’UBS est la boîte noire du crime mondial, ça me rappelle Clearstream, c’est vraiment la théorie du complot», déclare au quotidien Jean-Frédéric de Leusse, président d’UBS France, qui estime qu’il n’y a pas d’infraction à la loi. «Nous coopérons pleinement avec la justice et s’il y a eu des fautes de faites, la stratégie est claire : on prend des mesures correctives et on assume», ajoute-t-il, évoquant des fautes individuelles.Jean-Frédéric de Leusse exclut pour le moment une transaction financière avec le ministère de l’Economie afin d'éviter un procès. «Il n’y a pas de négociations avec Bercy. Si UBS France a commis une infraction à la loi, je la reconnaîtrai. Mais ma conviction, c’est que ce n’est pas le cas», dit-il.