Les produits alternatifs retail, c’est-à-dire les stratégies d’investissement traditionnellement utilisées par des hedge funds ou des capital investisseurs et qui sont restructurés pour une clientèle de particuliers, le plus généralement au format Ucits, constituent un nouveau segment de marché en pleine croissance, selon une étude publiée par SEI. Les actifs des ETF et des mutual funds alternatifs aux Etats-Unis ont plus que doublé depuis 2008 et représentent désormais plus de 550 milliards de dollars distribués dans 883 portefeuilles. Les Ucits alternatifs ont suivi une trajectoire similaire. L'étude indique aussi que près de trois conseillers financiers sur quatre utilisent des stratégies alternatives, et un pourcentage équivalent de conseillers indiquent qu’ils ont accru leur recours à ces stratégies au cours des douze derniers mois. Des groupes de private equity bien connus, dont AQR, Morgan Stanley Alternatives Investment Partners, Blackstone Group, Carlyle Group, Apollo Global Management et Visum Asset Management, ont déjà lancé ou ont déjà déposé des demandes d’agrément pour lancer de tels produits.Les analystes du secteur, dont McKinsey, estiment que la part des stratégies alternatives dans le segment des mutual funds américains pourrait doubler entre 2010 et 2015. Les stratégies alternatives pourraient ainsi représenter près d’un quart de l’ensemble des revenus retail d’ici à la fin de cette période.Cette évolution pourrait constituer une nouvelle opportunité de développement pour les gestionnaires confrontés à un ralentissement probable des allocations institutionnelles dans les stratégies alternatives. Dans cette perspective, l’instrument le plus intéressant pourrait être le plan de retraite à contributions définies.En effet, les plans de retraite à contributions définies, qui représentaient fin 2012 un encours de près de 5.100 milliards de dollars, sont gérés à hauteur d’environ 60% par le biais de mutual funds. Historiquement hors de portée des stratégies alternatives, les promoteurs des plans de retraite ont commencé à s’aventurer dans l’immobilier, les obligations indexées sur l’inflation et les matières premières. L’alternatif fait aussi son chemins dans les plans de retraite au travers de produits d’allocation, comme les fonds à horizon.Cela dit, l'étude souligne que cette nouvelle voie de développement est semée d’embûches, entre autres culturelles et réglementaires. Il faudra notamment développer de nouvelles infrastructures et de nouvelles expertises de distribution, tout en n’oubliant pas la formation à la fois des conseillers et des investisseurs… Et un peu de patience avant d’engranger les premiers bénéfices alternatifs.