Le gouvernement espagnol a remis au Conseil d’Etat, fin février, son avant-projet de loi portant réforme sur les institutions de capital risque et autres fonds de placement et d’investissements fermés, rapporte Funds People. Ce texte, modifiant la loi du 4 novembre 2003, est désormais entre les mains du Conseil d’Etat, puis il repassera en Conseil des Ministres avant de le remettre au Parlement. L’un des points essentiels de cet avant-projet réside dans la transposition en droit national de la directive européenne portant sur les gérants de fonds alternatifs, dite AIFM. D’après le résumé diffusé par le Conseil des Ministres, l’avant-projet de loi reprend donc des dispositions de la directive AIFM, comme l’introduction de nouvelles exigences pour les sociétés de gestion concernant leur structure et leur organisation afin de garantir le contrôle de risques, de liquidité et de conflits d’intérêts et, en outre, pour mettre en place une politique de rémunération qui évite la prise de risques excessifs. De même, le texte gouvernemental réduit les exigences administratives pour les entités de capital-risque qui, à l’avenir, ne seront plus soumises à un régime d’autorisation mais à une simple formalité d’enregistrement auprès de la CNMV, l’autorité des marchés financiers espagnole. De fait, comme l’a précisé Luis de Guindos, le ministre de l’Economie, «l’autorisation sera nécessaire seulement pour les gérants et non pour les institutions ou les fonds».Par ailleurs, l’avant-projet prévoit un ajustement des exigences minimales de fonds propres pour les sociétés de gestion, s’alignant ainsi sur la directive européenne et les autres sociétés de gestion du Vieux Continent.Les principaux changements apportés par cet avant-projet sont les suivants: - l’introduction de la notion d’entité de gestion de type ferme (ou OEIC pour «open-ended investment company») avec la capacité d’investir dans des actifs de nature non financière, et la consécration des entités de capital-risque comme véhicules de type fermé, faisant de la cotation en Bourse une voie possible de liquidité pour l’investisseur;- la baisse de la barrière à l’entrée pour les gérants, le capital minimum pour les OEIC passant de 300.000 euros à 125.000 euros;- La nécessité pour les OEIC de désigner un dépositaire pour les entités gérées;- La reconnaissance de la capacité des investisseurs à se substituer aux entités gestionnaires dans les termes que prévoient les règlements ou les statuts des entités gérées.Enfin, cet avant-projet de loi comporte des mesures visant à adapter le régime de commercialisation et de gestion transfrontalières de fonds gérés par les sociétés de gestion européennes et étrangères.