Après une phase d’expérimentation en 2016, Le groupe de protection sociale a retenu les solutions et services de Microsoft. C’est un chantier qui occupe déjà les assureurs ou qui va bientôt figurer à leur agenda. Ceux-ci ont aujourd’hui conscience de la nécessité de hâter le pas pour exploiter au mieux leurs données à travers le Big Data . Nouvel exemple, le groupe de protection sociale Humanis - un acteur majeur de la santé et de la prévoyance collectives en France - a annoncé mardi qu’il s’appuierait sur les solutions et services de Microsoft pour son projet Big Data. En tout, celui-ci va faire l’objet d’un investissement « stratégique » de 20 millions d’euros sur cinq ans. « Nous manipulons déjà 1.000 téraoctets de données, et ce volume ne fera que croître dans les années à venir. Le Big Data n’est plus une option aujourd’hui. Il doit nous permettre d’avoir une lisibilité transversale de la donnée au niveau de l’entreprise », explique Pascal Courthial, directeur des systèmes d’information d’Humanis. « L’enjeu est d’aider Humanis à valoriser ses données »,explique de son côté Jean-Louis Baffier, directeur de la division grands comptes et alliances de Microsoft France. « Tarifications encore plus fines » Humanis espère en retirer plusieurs bénéfices, en particulier « une plus grande rapidité d’exécution » et « une plus grande sécurité de nos données ». Il s’agit aussi pour lui d’améliorer la connaissance de ses clients : « Cela doit permettre d’avoir une vision 360° du client en agrégeant l’ensemble des données que nous avons sur lui ». « Le déploiement de ce projet Big Data permettra à Humanis de développer des tarifications collectives encore plus fines et des nouveaux services de prévention toujours mieux adaptés aux besoins individuels », illustre Jean-Pierre Menanteau, le directeur général du groupe de protection sociale. Avant de se lancer, Humanis a d’abord mené une expérimentation, au premier semestre 2016, « sur un panel représentatif de l’entreprise », explique Pascal Courthial. Cette phase de test a notamment porté sur la déclaration sociale nominative (DSN). Généralisée au mois de janvier, la DSN remplace désormais pour les entreprises la transmission de leurs différentes déclarations auprès des organismes sociaux (attestations de salaire en cas d’arrêt de travail, déclarations des mouvements de personnels, informations relatives aux salariés et aux cotisations, etc.) en une déclaration unique et mensuelle générée à partir des données rentrées dans le logiciel de paie. Pour les organismes complémentaires en santé, prévoyance et retraite, le traitement de ce flux mensuel de données est évidemment un enjeu crucial. Selon Humanis, l’apport du Big Data est probant : « Aujourd’hui, le traitement des données de la DSN nous prend 17 jours. Avec le Big Data, il faut 15 heures seulement», détaille Pascal Courthial. L’année 2017 sera consacrée à la mise en place du projet.
Pierre Mie (MEDEF) et Djamal Souami (CFE-CGC) ont été élus à l’unanimité président et vice-président du Centre technique des institutions de prévoyance (CTIP), le 12 janvier 2017. Conformément aux statuts qui prévoient une présidence alternée entre le collège employeurs et le collège salariés, Pierre Mie, représentant MEDEF, succède à Bernard Daeschler, représentant CGT, à la tête du CTIP. La vice-présidence sera assurée par Djamel Souami représentant CFE-CGC. Leurs mandats sont fixés à deux ans. Actuel directeur des affaires sociales du groupe Air France, Pierre Mie a effectué toute sa carrière au sein de la compagnie aérienne. Il a notamment exercé les fonctions de responsable des relations avec les institutions représentatives du personnel et de directeur délégué à la protection sociale et la santé. Très impliqué dans le dialogue social, Pierre Mie est également membre du Conseil d’administration d’Humanis Prévoyance. Nouveau Vice-Président, Djamel Souami est actuellement directeur associé de Micropole, Entreprise Internationale de Services du Numérique (ESN). Après avoir débuté sa carrière dans des cabinets de conseil internationaux, il a exercé plusieurs fonctions de direction au sein de Médéric, CNP et Natixis. Djamel Souami, par ailleurs diplômé de l’ESCP et du Centre des Hautes Etudes d’Assurance (CHEA), est président de l’Union des Directeurs de l’Assurance et de la Protection sociale (UDAP). Engagé depuis de longues années dans le monde paritaire, Djamel Souami est entré au Conseil d’administration du CTIP en 2015.
Société Foncière Lyonnaise (SFL) a signé l’acquisition, pour 165 M€, du siège historique du groupe SMA (SMABTP, SMAvie). « Situé dans le cœur du 15e arrondissement de Paris, 112-122 avenue Emile Zola, l’immeuble bénéficie d’un environnement mixte et d’une excellente accessibilité », selon le communiqué de la foncière. L’opération prendra effet à l’issue du déménagement de SMA pour son nouveau siège, qui doit intervenir au cours du quatrième trimestre 2017. « Cet immeuble d’environ 21 000 m², bâti en 1966 sur une parcelle arborée de 6 300 m², qui offre des potentialités, sera entièrement restructuré par SFL pour devenir un nouveau centre d’affaires majeur de l’ouest de la capitale », ajoute SFL. « Avec cette acquisition, SFL poursuit sa stratégie de création de valeur et confirme son leadership dans les actifs de bureaux prime parisiens et son ambition d’offrir à ses clients actuels et futurs le meilleur environnement de travail pour développer leurs activités et attirer les talents », souligne la SIIC. « Nous concentrons nos recherches sur des acquisitions ciblées d’actifs de bureaux obsolètes dans des secteurs à fort potentiel en vue de les redévelopper et mettre sur le marché des produits neufs « prime » répondant aux nouvelles exigences et aux nouveaux usages », précise Dimitri Boulte, directeur général délégué, directeur des opérations de SFL. Dans cette transaction, SFL était conseillée par les cabinets Lacourte Raquin Tatar, Allen & Overy et l’étude notariale 14 Pyramides ; SMA était conseillée par le cabinet Gide Loyrette Nouel, CMS Francis Lefebvre, l’étude Oudot et Associés, et Strategies and Corp / JLL.
Une enquête préliminaire a été ouverte par le parquet national financier en décembre 2014, notamment pour « abus de biens sociaux » et « détournement de fonds publics ».
Thomas Saunier a été nommé en juin 2016 directeur général du groupe de protection sociale Malakoff Médéric. Un peu plus de huit mois après sa prise de fonction, le successeur de Guillaume Sarkozy livre son premier grand entretien à L’Argus. Cet actuaire, polytechnicien, qui a fait ses armes au sein de CNP Assurances puis de Generali France, explicite le nouveau projet d’entreprise MM20.
Le lobby français de la gestion d'actifs prône la création d'un plan d'épargne retraite individuelle plus favorable à une sortie en capital que le Perp.
Les Français du Royaume-Uni ont eu une désagréable surprise en ce début d'année. Les expatriés qui cotisent à des fonds de pension britanniques ne pourront plus transférer leurs avoirs en France lorsqu'ils y retourneront pour prendre leur retraite. C'est le résultat d'une mesure du gouvernement intervenue le mois dernier.
L’Association française de la gestion financière a présenté ce matin un Livre blanc sur l’épargne retraite, dans lequel elle prône la création d’un nouveau produit individuel destiné à un large public, avec une sortie possible en capital. Le lobby de la gestion d’actifs ne remet pas en question le système par répartition qui « doit rester le socle des retraites en France ». Mais l’AFG souhaite compléter la palette des solutions complémentaires, face à l’omniprésence de l’assurance-vie en euro, dont les rendements baissent inexorablement, et face à la « place minime » de l’épargne retraite sur le marché français.
Les réserves des régimes complémentaires du RSI ont augmenté de 6,2% en 2015 à 16,9 milliards d’euros. Les réserves des régimes du RSI ont affiché une performance financière de +3,4 % complétée par un effet collecte de +2,8 % portant la progression des réserves du RSI à +6,2 %. Les performances financières cumulées depuis le début du RSI sont de l’ordre d’un peu plus de 3,5 % par an pour chacun des régimes dont il a la gestion. La performance s’établit, en moyenne annuelle, à +5,1 % pour le RCI sur les cinq dernières années (n’incluant pas la crise de 2008) soit 4,2 % au-dessus de l’inflation alors même que l’objectif de rendement financier défini dans le cadre du pilotage du régime est de +2,5 % au-dessus de l’inflation. Le RSI regroupe l’Assurance maladie des travailleurs indépendants (artisans, industriels, commerçants et professions libérales), et pour les seuls artisans et commerçants, les régimes d’Assurance vieillesse, de base et complémentaires, ainsi que la couverture du risque d’incapacité de travail à travers les régimes d’indemnités journalières et d’invalidité et de décès. Les régimes de retraite complémentaire et invalidité fonctionnent en répartition provisionnée, ils constituent donc des réserves leur permettant de faire face plus tard à leur besoin de nancement. Ces réserves correspondent aux excédents techniques cumulés, la différence entre les cotisations encaissées et le paiement des pensions et des charges de gestion, et au rendement nancier de ces excédents. La durée de vie des réserves doit être au minimum égale à la durée moyenne de perception des prestations pour les nouveaux bénéficiaires soit environ 10 ans pour les invalides et près de 30 ans pour les retraités. Ces réserves s’élèvent au 31 décembre 2015 à 16,9 milliards d’euros (Md€).
L'ex-présidente de la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav) et secrétaire nationale chargée de la protection sociale à la CFE-CGC, Danièle Karniewicz, est décédée à l'âge de 61 ans. Elle était également administratrice du groupe Malakoff Médéric.
La sanction peut paraître modeste mais sa motivation, elle, est particulièrement sévère. Un ancien dirigeant d’une des plus importantes caisses de retraite de professions libérales a été condamné, vendredi 30 décembre, à 500 euros d’amende pour avoir accordé des avantages indus au président de son conseil d’administration. La décision, rendue par la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF), constate, par ailleurs, que le mis en cause, Jean-Marie Saunier, et son prédécesseur au même poste, François Durin, ont commis d’autres manquements. Mais comme ceux-ci ont déjà été réprimés par le tribunal correctionnel de Paris il y a un an, les deux hommes ne peuvent pas se voir infliger, à nouveau, une peine. Très peu connue du grand public, la CDBF est une institution associée à la Cour des comptes, chargée de sanctionner les infractions en matière de finances publiques. Sont susceptibles de comparaître devant elle des fonctionnaires, des gestionnaires d’organismes publics, des membres de cabinets ministériels, etc. L’affaire qu’elle a eu à examiner concerne le très complexe système d’assurance-vieillesse des professions libérales. Celui-ci est structuré autour d’une caisse nationale (la CNAVPL) et de « sections professionnelles » – parmi lesquelles la Cipav, la Cavec et la Cavom. Ces dernières se sont rassemblées dans le « groupe Berri » – dirigé par M. Durin puis par Saunier, de 2002 à fin 2012. Voilà pour le décor. « GOUVERNANCE FLOUE », « PRATIQUES DISCRIMINATOIRES », « GESTION MÉDIOCRE »... Dans son rapport annuel de 2014, la Cour des comptes avait adressé des critiques très dures à la Cipav, l’entité la plus importante du dispositif (avec quelque 800 000 affiliés) : « gouvernance floue », « gestion médiocre et peu transparente des placements », service « déplorable » aux assurés avec des « pratiques discriminatoires » à l’encontre des auto-entrepreneurs (qui sont censés être rattachés à la Cipav)… La Cour avait aussi souligné « un refus délibéré d’appliquer les règles de commande publique », en particulier en matière de prestations informatiques (pas de mise en concurrence pour la passation de marchés, absence de mesures de publicité…). Or la Cipav a consacré beaucoup d’argent pour moderniser son système d’information : « Les dépenses engagées pour la refonte ont atteint, en 2013, 24 millions d’euros », soit dix fois plus que l’estimation initiale faite en 2005, d’après la Cour. Des dérives se sont aussi produites à la Cavec. Les « irrégularités » commises lors de l’attribution de marchés ont d’ailleurs débouché sur une procédure pénale. Fin 2015, MM. Durin et Saunier ont ainsi été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à deux mois de prison avec sursis et à des amendes, de respectivement 12 000 et 15 000 euros (partiellement assorties d’un sursis). « AVANTAGE INJUSTIFIÉ » Les faits, jugés il y a un an, ont été à nouveau examinés par la CDBF, lors de l’audience qui s’est tenue le 9 décembre. Dans son arrêt, elle constate que la Cavec a signé des contrats de services, en matière informatique, sans respecter les règles de publicité et de mise en concurrence. Les sommes en jeu n’étaient pas négligeables : un peu plus de 6,5 millions d’euros (hors taxe), « à la fin 2012 ». Ce sont des « infractions », conclut la CDBF, mais qu’elle ne réprime pas puisque le tribunal correctionnel l’a déjà fait, l’an passé. En revanche, M. Saunier se voit infliger 500 euros d’amende pour avoir été excessivement indulgent à l’égard de Jacques Escourrou, qui fut président du conseil d’administration de la Cipav jusqu’en 2014. Ce dernier, payant avec beaucoup de retard ses cotisations à la caisse, aurait dû se voir appliquer des pénalités. Tel ne fut pas le cas. Or, M. Saunier « était tenu de procéder au recouvrement » des majorations, estime la CDBF. Mais en s’abstenant d’agir, il a procuré à M. Escourrou « un avantage injustifié entraînant un préjudice pour l’organisme et le régime dont il assurait la gestion ».
Plus de 10 milliards de francs issus des caisses de pension, répartis sur plus d’un million de comptes, dorment à la Fondation institution supplétive LPP, rapporte L’Agefi suisse sur son site internet. Il s’agit de chiffres records. Les caisses n’ont pas retrouvé les titulaires de ces comptes. C’est dès lors l’institution supplétive qui est chargée de les administrer. Si tous les comptes ont bien un détenteur et un numéro d’assurance-vieillesse et survivants (AVS), pour 650.000 d’entre eux (3,2 milliards de francs), la fondation ne dispose pas d’une adresse correcte. Les 360.000 autres, qui abritent plus de 6,8 milliards de francs, sont assortis d’un contact à jour. Lors d’un changement d’emploi ou d’une pause dans la vie professionnelle, l’assuré doit préciser à sa caisse de pension où transférer son deuxième pilier. Mais son dernier employeur doit le rendre attentif à cette question, explique Marco Bagutti, responsable des investissements à la fondation. Pourtant, certains employés omettent de se soucier de leurs avoirs. Si aucune démarche n’a été entreprise six mois après la fin du contrat de travail, la caisse de pension peut reverser l’argent à l’institution supplétive. Après deux ans au plus tard, elle devra procéder au transfert. La fondation ouvrira alors un compte de libre passage au nom de l’assuré. «Dans les faits, la plupart des caisses nous confient les fonds après six mois, et non plus après un ou deux ans comme c'était souvent le cas auparavant», précise Marco Bagutti.
Le Conseil de surveillance du Fonds de Réserve pour les retraites (FRR), lors de sa séance du 1er décembre 2016, a adopté la proposition du Directoire d’exclure du portefeuille les investissements en actions ou obligations dans des entreprises productrices de tabac et dans celles dont l’activité d’extraction de charbon thermique ou de production d’électricité à partir du charbon dépasse 20% de leur chiffre d’affaires. Exclusion du secteur tabac : La consommation de tabac est responsable de 6 millions de décès par an dans le monde et génère des coûts considérables pour les assureurs et les systèmes de santé. Face à ce fléau, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Etats et la société civile se mobilisent de manière croissante pour faire régresser la consommation, ce qui pourrait peser à terme sur la performance de ces entreprises. Le FRR considère, en outre, que le dialogue avec ces entreprises ne peut déboucher sur aucun progrès, puisqu’il ne peut leur être demandé que d’arrêter purement et simplement leur activité. C’est pourquoi le FRR a décidé d’exclure l’industrie du tabac de son portefeuille. Exclusion du charbon : Ces deux dernières années, le FRR s’est fortement impliqué sur la thématique de la transition énergétique et écologique. Il s’est ainsi engagé dans plusieurs initiatives internationales qui visent à réduire les émissions des gaz à effet de serre (GES) de son portefeuille. Il a également rejoint une coalition d’investisseurs qui demande plus de transparence sur la manière dont les entreprises abordent la transition énergétique. Pour concrétiser cet engagement, le FRR a mis en place une politique ambitieuse destinée à réduire les émissions de CO2 de son portefeuille dans sa gestion « bas carbone ». Celle-ci est réalisée par l’intermédiaire d’indices de référence réduisant d’au moins 50% les émissions de CO2 par rapport aux indices standards et en demandant aux gérants passifs sur la plupart des autres indices de mettre en œuvre un processus de gestion visant à réduire l’empreinte carbone du portefeuille. A la fin de l’année 2015 les portefeuilles d’actions du FRR avaient une empreinte carbone inférieure de 25% en termes d’émission de CO2 par million d’euros de chiffre d’affaires par rapport à leur indice et de 30% en termes d’émissions de CO2 par million d’euros investi. En conséquence, il a réduit son exposition aux secteurs fortement carbonés, notamment ceux exposés au charbon. En effet, le charbon, étant plus émetteur que les autres types d’énergie fossiles (au cours de la période 2000-2013, plus de 60 % des émissions mondiales de CO2-énergie ont été produites par le charbon), a tendance à être plus pénalisé dans les calculs d’émissions de CO2 des entreprises. La tenue de la COP 21 en fin d’année dernière a poussé les acteurs de la transition énergétique (Etats, investisseurs, ONG, entreprises...) à prendre position sur différents sujets environnementaux. Les Etats, mais aussi les investisseurs, remettent de plus en plus en cause le charbon qui n’est pas compatible avec le respect d’un objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°. Le FRR a donc décidé une exclusion des sociétés réalisant plus de 20% de leur chiffre d’affaires dans le charbon thermique ou générant plus de 20% de leur production d’électricité, de vapeur ou de chaleur à partir de charbon (thermique ou de lignite), sauf utilisation d’un procédé de capture et de stockage du carbone ou pour les sociétés qui ont formellement annoncé leur engagement dans cette direction et ont commencé à prendre des mesures dans ce sens. Ces deux stratégies seront déployées au cours de l’année 2017 avec le lancement des mandats de gestion actions passives avec une approche ESG pour un montant de cinq milliards et seront appliquées dans les mandats obligataires existants. D’ici la fin 2017, près de 95% du périmètre des actifs du FRR aura mis en œuvre ces exclusions.
L’association Préfon exprime sa vive inquiétude quant aux conséquences de la transition vers le nouveau système. Si Préfon ne remet pas en cause le principe du prélèvement à la source, les modalités techniques retenues par le Gouvernement pour l’année de transition (2017) pénaliseront près de 900 000 fonctionnaires dans leur effort d’épargne retraite. La transition vers le prélèvement à la source sera assurée en ne soumettant pas à l’impôt les revenus de l’année 2017, ce qui aura pour corollaire d’inciter les particuliers à ne plus cotiser à leur régime d’épargne-retraite pendant un an. Cette modalité est inéquitable car la rente acquise est soumise à l’impôt sur le revenu au moment de la retraite alors que la cotisation ne bénéficie pas de l’économie d’impôt pour les cotisations 2017. Les conséquences : Les fonctionnaires et les épargnants en général se verront ainsi pénalisés au moment de leur retraite, leur rente étant amputée d’1/20ème, alors même qu’ils font un effort bénéfique pour l’économie nationale. C’est potentiellement 2,6 milliards d’euros de cotisations qui ne seront pas investis dans le financement de l’économie. Pour Préfon cela représente 350 millions d’euros. Si cela est sans conséquence sur les droits acquis des affiliés, cela ne l’est pas sur son activité. Qu’advient-il des cotisants qui auront cessé de verser en 2017 (rupture des habitudes, perte de confiance) ? Pour le régime créé en 1964 par quatre organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO), soutenu à l’époque par les pouvoirs publics, cela représente une déstabilisation totale. Denis LEFEBVRE, Président de Préfon appelle à «une solution qui permette d’appliquer le prélèvement à la source sans engendrer un frein à l’épargne retraite et sans mettre à mal le pouvoir d’achat des fonctionnaires retraités.»
Le régime de retraite et de prévoyance des clercs et employés de notaires a été créé par la loi du 12 juillet 1937 et n’a pas été intégré au régime général après la création de celui-ci. La ministre des affaires sociales et de la santé a chargé l’IGAS d’une mission d’évaluation de la convention d’objectifs et de gestion (COG) 2012-2015 de la CRPCEN dans la perspective de son renouvellement. Il a été demandé à la mission de se concentrer sur quatre sujets : l’action sociale, les systèmes d’information, le patrimoine de la caisse (actifs financiers et immobiliers), la trajectoire des dépenses de fonctionnement. Au sein de son rapport a été publié ce lundi 12 décembre, l’IGAS pointe notamment le manque de diversification de ses actifs. Les encours à l’actifs de la CRPCEN sont principalement investis dans des biens immobiliers. Celle-ci est ainsi propriétaire de 29 immeubles à Paris, un à Neuilly et un à Pantin, pour une valeur vénale totale de 313 millions d’euros. Elle est également indirectement propriétaire de son siège, d’une valeur de 25 millions d’euros, via sa filiale la Compagnie de Placements Immobiliers Fonciers et Financiers, et de quatre résidences de vacances dont les valeurs n’ont pas été indiquées dans le rapport de l’IGAS. Son portefeuille de titres financiers a été valorisé à 80 millions d’euros à la fin 2014. Il est réparti sur des fonds actions et obligations. L’agent comptable est en charge du suivi des fonds. Il rencontre pour cela les gérants actions chaque trimestre et les gérants obligataires chaque semestre. Il propose ensuite des arbitrages au directeur général. La CRPCEN a notamment fait appel à un consultant en allocation d’actifs en 2012, 2014 et 2015, avec le souhait d’optimiser sa gestion tout en tenant compte de ses deux priorités : la liquidité et la sécurité des placements. La trésorerie représente pour sa part 160 millions d’euros à la fin 2014, et est placée sur compte courant à 0,9% (ou 1,4% lorsque les fonds peuvent être bloqués plus d’une semaine). Lire le rapport
Un an après l’annonce par Emmanuel Macron, ex-ministre de l’Economie, de la création de fonds de pension à la française, ce nouveau véhicule est sur le point de se concrétiser dans le paysage de l’épargne retraite. Le projet d’ordonnance est aujourd’hui dans les mains de la Banque de France.
Sylvie Mandrillon vient de rejoindre Audiens, groupe de protection sociale du monde de la culture, de la communication et des médias, en tant que responsable financier. Elle sera chargée de l’allocation stratégique des différentes entités du groupe, du pilotage et arbitrage. Le poste de directeur financier, anciennement occupé par Paul-André Berger, a été réorganisé en 3 parties (contrôle de gestion, comptabilité et placements-investissements), gérées par 3 personnes dont Sylvie Mandrillon. Diplômée de l’Inseec, Sylvie Mandrillon a commencé sa carrière dans le conseil chez The Nielsen Company comme chef de projet de 2003 à 2007, avant de rejoindre Société Générale Corporate and Investment Banking en tant que gestionnaire BO/MO prêt-emprunt de titres pendant un an. Elle est ensuite entrée à l’Institut de France en 2010, pour s’occuper des portefeuilles de valeurs mobilières de placement. Paul-Andre Berger, directeur financier d’Audiens, a quitté le groupe Audiens. Il a retrouvé l’assureur Helvetia où il poste de directeur financier adjoint de novembre 2012 à décembre 2013. Il a été nommé directeur financier du groupe.
Une réforme de ce type permettrait de réaliser de nombreuses économies d'échelle, explique l'institution. L'idée a récemment été étudiée par la Cour des Comptes.
Qui gère de l’argent pour le compte d’autrui est toujours suspecté de ne pas gérer l’argent confié par ses clients ou ses cotisants au mieux de leurs intérêts. Cette suspicion est encore plus forte s’il délègue lui-même cette gestion. L’appel d’offres public réduit ce risque. Il s’agit de solliciter auprès du plus grand nombre possible de fournisseurs une offre qui réponde à une demande bien formulée et dont les conditions d’évaluation sont définies de manière claire et objective. Lorsque les critères d’évaluation sont simples et si le prix joue un rôle important ceci est relativement aisé. En revanche, quand un fonds de pension sélectionne par appel d’offres un gestionnaire d’actifs auquel il demande de mettre en œuvre une gestion innovante, il se heurte à un certain nombre de difficultés. La technologie peut aider à les surmonter par le recours à l’appel d’offres 3.0. Un fonds de pension de taille significative reçoit souvent plusieurs dizaines de réponses à ses appels d’offres. L’étude de ces nombreuses propositions mobilise beaucoup de temps et d’énergie alors même que par définition elle ne peut conduire qu’à une évaluation « rétrospective » de la qualité de l’offre. Les auditions des gestionnaires permettent d’affiner la comparaison entre les différentes propositions mais c’est un exercice difficile. Par ailleurs, quelles que soient les précautions de vocabulaire utilisées (« les performances passées qui ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures »), on sélectionne une équipe à laquelle on demande une gestion répondant à des critères spécifiques, sur la manière dont elle a su gérer et sur des critères qui la plupart du temps ont un rapport assez éloigné avec ceux retenus dans l’appel d’offres. C’est à ce stade que la technologie peut aider. Grâce à internet, on peut organiser des plateformes sur lesquelles des gestionnaires viennent montrer leur expertise d’asset manager en gérant des mandats notionnels selon des critères définis par un client comme ils le feraient dans le cadre d’un appel d’offres. Les avantages associés au recours à une telle plateforme sont multiples : Tout d’abord n’importe quel gestionnaire d’actifs où qu’il se trouve est en mesure de venir présenter sa gestion. Il est possible d’étudier de manière objective un très grand nombre d’offres. On peut observer « in concreto » la capacité des équipes de gestion à effectivement délivrer une performance conforme à ce que le client entend obtenir et qui a justifié le choix de ses critères d’évaluation. Le reporting des différents gestionnaires participant à l’appel d’offres virtuel sur la plateforme est par définition homogène puisque ces termes sont définis par les critères de gestion et d’évaluation du mandat notionnel. C’est à partir du constat ci-dessus que l’ERAFP a promu avec amLeague et Cedrus AM la démonstration sur la plateforme amLeague d’une gestion décarbonée sur un portefeuille d’actions internationales. Les contraintes qui doivent être respectées par les gestionnaires qui participent à l’expérience ont été définies préalablement et chaque gestionnaire sait donc sur quelles bases sa performance de gestion du mandat notionnel sera appréciée. Pour l’ERAFP, il s’agit d’identifier le (les) gestionnaires que l’expérience désignera comme le (les) plus capable(s) « dans la vraie vie » de répondre à ses attentes et de gérer de l’argent pour le compte du Régime. L’autre grand intérêt de cette expérience est d’assurer une grande visibilité aux gestions mises en œuvre dans le cadre du mandat virtuel au reste du marché et singulièrement aux autres investisseurs. Il est temps de mobiliser les ressources de la technologie pour aller vers la reconnaissance d’appels d’offres gérés sur des plateformes électroniques, comme dans l’expérience décrite ci-dessus. Le moment est venu de conférer un statut juridique à l’appel d’offres 3.0. Rédigé par Philippe Desfossés, Directeur de l’ERAFP