La sanction peut paraître modeste mais sa motivation, elle, est particulièrement sévère. Un ancien dirigeant d’une des plus importantes caisses de retraite de professions libérales a été condamné, vendredi 30 décembre, à 500 euros d’amende pour avoir accordé des avantages indus au président de son conseil d’administration. La décision, rendue par la Cour de discipline budgétaire et financière (CDBF), constate, par ailleurs, que le mis en cause, Jean-Marie Saunier, et son prédécesseur au même poste, François Durin, ont commis d’autres manquements. Mais comme ceux-ci ont déjà été réprimés par le tribunal correctionnel de Paris il y a un an, les deux hommes ne peuvent pas se voir infliger, à nouveau, une peine. Très peu connue du grand public, la CDBF est une institution associée à la Cour des comptes, chargée de sanctionner les infractions en matière de finances publiques. Sont susceptibles de comparaître devant elle des fonctionnaires, des gestionnaires d’organismes publics, des membres de cabinets ministériels, etc. L’affaire qu’elle a eu à examiner concerne le très complexe système d’assurance-vieillesse des professions libérales. Celui-ci est structuré autour d’une caisse nationale (la CNAVPL) et de « sections professionnelles » – parmi lesquelles la Cipav, la Cavec et la Cavom. Ces dernières se sont rassemblées dans le « groupe Berri » – dirigé par M. Durin puis par Saunier, de 2002 à fin 2012. Voilà pour le décor. « GOUVERNANCE FLOUE », « PRATIQUES DISCRIMINATOIRES », « GESTION MÉDIOCRE »... Dans son rapport annuel de 2014, la Cour des comptes avait adressé des critiques très dures à la Cipav, l’entité la plus importante du dispositif (avec quelque 800 000 affiliés) : « gouvernance floue », « gestion médiocre et peu transparente des placements », service « déplorable » aux assurés avec des « pratiques discriminatoires » à l’encontre des auto-entrepreneurs (qui sont censés être rattachés à la Cipav)… La Cour avait aussi souligné « un refus délibéré d’appliquer les règles de commande publique », en particulier en matière de prestations informatiques (pas de mise en concurrence pour la passation de marchés, absence de mesures de publicité…). Or la Cipav a consacré beaucoup d’argent pour moderniser son système d’information : « Les dépenses engagées pour la refonte ont atteint, en 2013, 24 millions d’euros », soit dix fois plus que l’estimation initiale faite en 2005, d’après la Cour. Des dérives se sont aussi produites à la Cavec. Les « irrégularités » commises lors de l’attribution de marchés ont d’ailleurs débouché sur une procédure pénale. Fin 2015, MM. Durin et Saunier ont ainsi été condamnés par le tribunal correctionnel de Paris à deux mois de prison avec sursis et à des amendes, de respectivement 12 000 et 15 000 euros (partiellement assorties d’un sursis). « AVANTAGE INJUSTIFIÉ » Les faits, jugés il y a un an, ont été à nouveau examinés par la CDBF, lors de l’audience qui s’est tenue le 9 décembre. Dans son arrêt, elle constate que la Cavec a signé des contrats de services, en matière informatique, sans respecter les règles de publicité et de mise en concurrence. Les sommes en jeu n’étaient pas négligeables : un peu plus de 6,5 millions d’euros (hors taxe), « à la fin 2012 ». Ce sont des « infractions », conclut la CDBF, mais qu’elle ne réprime pas puisque le tribunal correctionnel l’a déjà fait, l’an passé. En revanche, M. Saunier se voit infliger 500 euros d’amende pour avoir été excessivement indulgent à l’égard de Jacques Escourrou, qui fut président du conseil d’administration de la Cipav jusqu’en 2014. Ce dernier, payant avec beaucoup de retard ses cotisations à la caisse, aurait dû se voir appliquer des pénalités. Tel ne fut pas le cas. Or, M. Saunier « était tenu de procéder au recouvrement » des majorations, estime la CDBF. Mais en s’abstenant d’agir, il a procuré à M. Escourrou « un avantage injustifié entraînant un préjudice pour l’organisme et le régime dont il assurait la gestion ».
Plus de 10 milliards de francs issus des caisses de pension, répartis sur plus d’un million de comptes, dorment à la Fondation institution supplétive LPP, rapporte L’Agefi suisse sur son site internet. Il s’agit de chiffres records. Les caisses n’ont pas retrouvé les titulaires de ces comptes. C’est dès lors l’institution supplétive qui est chargée de les administrer. Si tous les comptes ont bien un détenteur et un numéro d’assurance-vieillesse et survivants (AVS), pour 650.000 d’entre eux (3,2 milliards de francs), la fondation ne dispose pas d’une adresse correcte. Les 360.000 autres, qui abritent plus de 6,8 milliards de francs, sont assortis d’un contact à jour. Lors d’un changement d’emploi ou d’une pause dans la vie professionnelle, l’assuré doit préciser à sa caisse de pension où transférer son deuxième pilier. Mais son dernier employeur doit le rendre attentif à cette question, explique Marco Bagutti, responsable des investissements à la fondation. Pourtant, certains employés omettent de se soucier de leurs avoirs. Si aucune démarche n’a été entreprise six mois après la fin du contrat de travail, la caisse de pension peut reverser l’argent à l’institution supplétive. Après deux ans au plus tard, elle devra procéder au transfert. La fondation ouvrira alors un compte de libre passage au nom de l’assuré. «Dans les faits, la plupart des caisses nous confient les fonds après six mois, et non plus après un ou deux ans comme c'était souvent le cas auparavant», précise Marco Bagutti.
Le Conseil de surveillance du Fonds de Réserve pour les retraites (FRR), lors de sa séance du 1er décembre 2016, a adopté la proposition du Directoire d’exclure du portefeuille les investissements en actions ou obligations dans des entreprises productrices de tabac et dans celles dont l’activité d’extraction de charbon thermique ou de production d’électricité à partir du charbon dépasse 20% de leur chiffre d’affaires. Exclusion du secteur tabac : La consommation de tabac est responsable de 6 millions de décès par an dans le monde et génère des coûts considérables pour les assureurs et les systèmes de santé. Face à ce fléau, l’Organisation mondiale de la santé (OMS), les Etats et la société civile se mobilisent de manière croissante pour faire régresser la consommation, ce qui pourrait peser à terme sur la performance de ces entreprises. Le FRR considère, en outre, que le dialogue avec ces entreprises ne peut déboucher sur aucun progrès, puisqu’il ne peut leur être demandé que d’arrêter purement et simplement leur activité. C’est pourquoi le FRR a décidé d’exclure l’industrie du tabac de son portefeuille. Exclusion du charbon : Ces deux dernières années, le FRR s’est fortement impliqué sur la thématique de la transition énergétique et écologique. Il s’est ainsi engagé dans plusieurs initiatives internationales qui visent à réduire les émissions des gaz à effet de serre (GES) de son portefeuille. Il a également rejoint une coalition d’investisseurs qui demande plus de transparence sur la manière dont les entreprises abordent la transition énergétique. Pour concrétiser cet engagement, le FRR a mis en place une politique ambitieuse destinée à réduire les émissions de CO2 de son portefeuille dans sa gestion « bas carbone ». Celle-ci est réalisée par l’intermédiaire d’indices de référence réduisant d’au moins 50% les émissions de CO2 par rapport aux indices standards et en demandant aux gérants passifs sur la plupart des autres indices de mettre en œuvre un processus de gestion visant à réduire l’empreinte carbone du portefeuille. A la fin de l’année 2015 les portefeuilles d’actions du FRR avaient une empreinte carbone inférieure de 25% en termes d’émission de CO2 par million d’euros de chiffre d’affaires par rapport à leur indice et de 30% en termes d’émissions de CO2 par million d’euros investi. En conséquence, il a réduit son exposition aux secteurs fortement carbonés, notamment ceux exposés au charbon. En effet, le charbon, étant plus émetteur que les autres types d’énergie fossiles (au cours de la période 2000-2013, plus de 60 % des émissions mondiales de CO2-énergie ont été produites par le charbon), a tendance à être plus pénalisé dans les calculs d’émissions de CO2 des entreprises. La tenue de la COP 21 en fin d’année dernière a poussé les acteurs de la transition énergétique (Etats, investisseurs, ONG, entreprises...) à prendre position sur différents sujets environnementaux. Les Etats, mais aussi les investisseurs, remettent de plus en plus en cause le charbon qui n’est pas compatible avec le respect d’un objectif de limitation du réchauffement climatique à 2°. Le FRR a donc décidé une exclusion des sociétés réalisant plus de 20% de leur chiffre d’affaires dans le charbon thermique ou générant plus de 20% de leur production d’électricité, de vapeur ou de chaleur à partir de charbon (thermique ou de lignite), sauf utilisation d’un procédé de capture et de stockage du carbone ou pour les sociétés qui ont formellement annoncé leur engagement dans cette direction et ont commencé à prendre des mesures dans ce sens. Ces deux stratégies seront déployées au cours de l’année 2017 avec le lancement des mandats de gestion actions passives avec une approche ESG pour un montant de cinq milliards et seront appliquées dans les mandats obligataires existants. D’ici la fin 2017, près de 95% du périmètre des actifs du FRR aura mis en œuvre ces exclusions.
L’association Préfon exprime sa vive inquiétude quant aux conséquences de la transition vers le nouveau système. Si Préfon ne remet pas en cause le principe du prélèvement à la source, les modalités techniques retenues par le Gouvernement pour l’année de transition (2017) pénaliseront près de 900 000 fonctionnaires dans leur effort d’épargne retraite. La transition vers le prélèvement à la source sera assurée en ne soumettant pas à l’impôt les revenus de l’année 2017, ce qui aura pour corollaire d’inciter les particuliers à ne plus cotiser à leur régime d’épargne-retraite pendant un an. Cette modalité est inéquitable car la rente acquise est soumise à l’impôt sur le revenu au moment de la retraite alors que la cotisation ne bénéficie pas de l’économie d’impôt pour les cotisations 2017. Les conséquences : Les fonctionnaires et les épargnants en général se verront ainsi pénalisés au moment de leur retraite, leur rente étant amputée d’1/20ème, alors même qu’ils font un effort bénéfique pour l’économie nationale. C’est potentiellement 2,6 milliards d’euros de cotisations qui ne seront pas investis dans le financement de l’économie. Pour Préfon cela représente 350 millions d’euros. Si cela est sans conséquence sur les droits acquis des affiliés, cela ne l’est pas sur son activité. Qu’advient-il des cotisants qui auront cessé de verser en 2017 (rupture des habitudes, perte de confiance) ? Pour le régime créé en 1964 par quatre organisations syndicales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO), soutenu à l’époque par les pouvoirs publics, cela représente une déstabilisation totale. Denis LEFEBVRE, Président de Préfon appelle à «une solution qui permette d’appliquer le prélèvement à la source sans engendrer un frein à l’épargne retraite et sans mettre à mal le pouvoir d’achat des fonctionnaires retraités.»
Le régime de retraite et de prévoyance des clercs et employés de notaires a été créé par la loi du 12 juillet 1937 et n’a pas été intégré au régime général après la création de celui-ci. La ministre des affaires sociales et de la santé a chargé l’IGAS d’une mission d’évaluation de la convention d’objectifs et de gestion (COG) 2012-2015 de la CRPCEN dans la perspective de son renouvellement. Il a été demandé à la mission de se concentrer sur quatre sujets : l’action sociale, les systèmes d’information, le patrimoine de la caisse (actifs financiers et immobiliers), la trajectoire des dépenses de fonctionnement. Au sein de son rapport a été publié ce lundi 12 décembre, l’IGAS pointe notamment le manque de diversification de ses actifs. Les encours à l’actifs de la CRPCEN sont principalement investis dans des biens immobiliers. Celle-ci est ainsi propriétaire de 29 immeubles à Paris, un à Neuilly et un à Pantin, pour une valeur vénale totale de 313 millions d’euros. Elle est également indirectement propriétaire de son siège, d’une valeur de 25 millions d’euros, via sa filiale la Compagnie de Placements Immobiliers Fonciers et Financiers, et de quatre résidences de vacances dont les valeurs n’ont pas été indiquées dans le rapport de l’IGAS. Son portefeuille de titres financiers a été valorisé à 80 millions d’euros à la fin 2014. Il est réparti sur des fonds actions et obligations. L’agent comptable est en charge du suivi des fonds. Il rencontre pour cela les gérants actions chaque trimestre et les gérants obligataires chaque semestre. Il propose ensuite des arbitrages au directeur général. La CRPCEN a notamment fait appel à un consultant en allocation d’actifs en 2012, 2014 et 2015, avec le souhait d’optimiser sa gestion tout en tenant compte de ses deux priorités : la liquidité et la sécurité des placements. La trésorerie représente pour sa part 160 millions d’euros à la fin 2014, et est placée sur compte courant à 0,9% (ou 1,4% lorsque les fonds peuvent être bloqués plus d’une semaine). Lire le rapport
Un an après l’annonce par Emmanuel Macron, ex-ministre de l’Economie, de la création de fonds de pension à la française, ce nouveau véhicule est sur le point de se concrétiser dans le paysage de l’épargne retraite. Le projet d’ordonnance est aujourd’hui dans les mains de la Banque de France.
Sylvie Mandrillon vient de rejoindre Audiens, groupe de protection sociale du monde de la culture, de la communication et des médias, en tant que responsable financier. Elle sera chargée de l’allocation stratégique des différentes entités du groupe, du pilotage et arbitrage. Le poste de directeur financier, anciennement occupé par Paul-André Berger, a été réorganisé en 3 parties (contrôle de gestion, comptabilité et placements-investissements), gérées par 3 personnes dont Sylvie Mandrillon. Diplômée de l’Inseec, Sylvie Mandrillon a commencé sa carrière dans le conseil chez The Nielsen Company comme chef de projet de 2003 à 2007, avant de rejoindre Société Générale Corporate and Investment Banking en tant que gestionnaire BO/MO prêt-emprunt de titres pendant un an. Elle est ensuite entrée à l’Institut de France en 2010, pour s’occuper des portefeuilles de valeurs mobilières de placement. Paul-Andre Berger, directeur financier d’Audiens, a quitté le groupe Audiens. Il a retrouvé l’assureur Helvetia où il poste de directeur financier adjoint de novembre 2012 à décembre 2013. Il a été nommé directeur financier du groupe.
Une réforme de ce type permettrait de réaliser de nombreuses économies d'échelle, explique l'institution. L'idée a récemment été étudiée par la Cour des Comptes.
Qui gère de l’argent pour le compte d’autrui est toujours suspecté de ne pas gérer l’argent confié par ses clients ou ses cotisants au mieux de leurs intérêts. Cette suspicion est encore plus forte s’il délègue lui-même cette gestion. L’appel d’offres public réduit ce risque. Il s’agit de solliciter auprès du plus grand nombre possible de fournisseurs une offre qui réponde à une demande bien formulée et dont les conditions d’évaluation sont définies de manière claire et objective. Lorsque les critères d’évaluation sont simples et si le prix joue un rôle important ceci est relativement aisé. En revanche, quand un fonds de pension sélectionne par appel d’offres un gestionnaire d’actifs auquel il demande de mettre en œuvre une gestion innovante, il se heurte à un certain nombre de difficultés. La technologie peut aider à les surmonter par le recours à l’appel d’offres 3.0. Un fonds de pension de taille significative reçoit souvent plusieurs dizaines de réponses à ses appels d’offres. L’étude de ces nombreuses propositions mobilise beaucoup de temps et d’énergie alors même que par définition elle ne peut conduire qu’à une évaluation « rétrospective » de la qualité de l’offre. Les auditions des gestionnaires permettent d’affiner la comparaison entre les différentes propositions mais c’est un exercice difficile. Par ailleurs, quelles que soient les précautions de vocabulaire utilisées (« les performances passées qui ne constituent pas un indicateur fiable des performances futures »), on sélectionne une équipe à laquelle on demande une gestion répondant à des critères spécifiques, sur la manière dont elle a su gérer et sur des critères qui la plupart du temps ont un rapport assez éloigné avec ceux retenus dans l’appel d’offres. C’est à ce stade que la technologie peut aider. Grâce à internet, on peut organiser des plateformes sur lesquelles des gestionnaires viennent montrer leur expertise d’asset manager en gérant des mandats notionnels selon des critères définis par un client comme ils le feraient dans le cadre d’un appel d’offres. Les avantages associés au recours à une telle plateforme sont multiples : Tout d’abord n’importe quel gestionnaire d’actifs où qu’il se trouve est en mesure de venir présenter sa gestion. Il est possible d’étudier de manière objective un très grand nombre d’offres. On peut observer « in concreto » la capacité des équipes de gestion à effectivement délivrer une performance conforme à ce que le client entend obtenir et qui a justifié le choix de ses critères d’évaluation. Le reporting des différents gestionnaires participant à l’appel d’offres virtuel sur la plateforme est par définition homogène puisque ces termes sont définis par les critères de gestion et d’évaluation du mandat notionnel. C’est à partir du constat ci-dessus que l’ERAFP a promu avec amLeague et Cedrus AM la démonstration sur la plateforme amLeague d’une gestion décarbonée sur un portefeuille d’actions internationales. Les contraintes qui doivent être respectées par les gestionnaires qui participent à l’expérience ont été définies préalablement et chaque gestionnaire sait donc sur quelles bases sa performance de gestion du mandat notionnel sera appréciée. Pour l’ERAFP, il s’agit d’identifier le (les) gestionnaires que l’expérience désignera comme le (les) plus capable(s) « dans la vraie vie » de répondre à ses attentes et de gérer de l’argent pour le compte du Régime. L’autre grand intérêt de cette expérience est d’assurer une grande visibilité aux gestions mises en œuvre dans le cadre du mandat virtuel au reste du marché et singulièrement aux autres investisseurs. Il est temps de mobiliser les ressources de la technologie pour aller vers la reconnaissance d’appels d’offres gérés sur des plateformes électroniques, comme dans l’expérience décrite ci-dessus. Le moment est venu de conférer un statut juridique à l’appel d’offres 3.0. Rédigé par Philippe Desfossés, Directeur de l’ERAFP
Lors de son dernier conseil d’administration en octobre, l’Établissement de Retraite additionnelle de la Fonction publique (ERAFP) a revu sa charte ISR datant de 2006, alors que les investissements de l’institution se sont diversifiés et que les enjeux environnementaux ont évolué. « Après avoir pris en compte des critères assez classiques comme la limitation des rejets de gaz à effets de serre, la prévention des impacts en matière d’eau, la prévention de la biodiversité, nous avons décidé d’intégrer des critères plus novateurs et porteurs comme la valeur ajoutée environnementale du produit et du service ou la contribution à la transition énergétique des entreprises dans lesquelles nous investissons », a expliqué Dominique Lamiot, président de l’ERAFP, lors du colloque Novethic sur les stratégies ESG pour les investisseurs responsables. Le changement de charte aura un impact clair sur les mandats confiés aux sociétés de gestion. « Au fil du temps et à chaque renouvellement, nous adapterons nos mandats pour qu’ils soient pleinement en validés au regard de notre nouvelle charte ISR », a ajouté Dominique Lamiot. L’ERAFP se prévaut d’avoir été le premier investisseur à adopter une charte ISR en France. « Cela a été consubstantiel à la création du régime en 2005. Dès cette époque, le conseil d’administration était arrivé à la conclusion qu’il n’y avait de rentabilité financière que dans les entreprises socialement responsables et qui intégraient des critères environnementaux », a rappelé son président. Le fonds de pension à la française compte bien rester une référence dans ce domaine. 100% de ses investissements sont déjà ISR. Et « en matière de critères environnementaux, les investissements représentaient 1/5 de la sélection ESG, nous sommes passés à ¼ et nous allons vers un tiers », a indiqué Dominique Lamiot. Pour choisir ces entreprises vertueuses, l’ERAFP maintient sa philosophie de sélection du best in class. « Dans chaque secteur, nous prenons les plus performants en matière d’ESG, c’est un choix parfois discutable mais nous l’assumons. Il est facile d’investir que dans le secteur tertiaire, plus faible émetteur de gaz à effet de serre que dans celui du secondaire. Nous préférons faire bouger les entreprises de l’industriel vers de meilleurs standards par exemple », a défendu Dominique Lamiot qui fait confiance à l’engagement actionnarial. L’ERAFP gère 26 milliards d’euros d’actifs qui augmentent de 2 milliards par an en moyenne.
Le nouveau directeur général, Thomas Saunier, a fixé le cap à horizon 2020. Le groupe de protection sociale veut accroître ses parts de marché en santé et prévoyance collectives.
L’institution de prévoyance du groupe de protection sociale, Klesia Prevoyance, a placé mardi un emprunt obligataire tier 2 de 160 millions d’euros. Les titres, non notés et d’une maturité de 10 ans, paient un coupon de 5,375%, borne basse de la fourchette qui était proposée jusqu'à 5,50%. Cette première émission permet à Klesia Prevoyance de renforcer ses fonds propres réglementaires. BNP Paribas a structuré l’opération et a été la seule banque sur le placement.
La consolidation des instituts de prévoyance se poursuivra ces prochaines années. Leur nombre devrait passer de 1600 à moins de 1000, selon les participants à une table ronde d’Inter-Pension. Les caisses de moins de 5 milliards de francs d’actifs sont les plus menacées. La consolidation se poursuit dans les caisses de pension. En 1978, la Suisse en comptait 14?000, puis en l’an 2000 encore 2500 et en 2015 à peine 1600, selon Pascal Kuchen, responsable de l’assurance vie auprès d’Axa Winterthur en Suisse romande. Ce dernier s’exprimait jeudi soir à Lausanne lors d’une table ronde d’Inter-Pension, une organisation spécialisée dans la prévoyance professionnelle. 1000, 600 caisses ou encore moins?
Selon Patrick Delestra, Responsable Gestion Actions au sein du groupe Apicil, un portefeuille équilibré doit s’appuyer sur plusieurs stratégies type, à savoir les small caps, les titres Value et les titres Growth...
Pierre-Jean Besombres est nommé directeur financier en provenance d’Humanis. Pierre-Jean Besombes a mené une longue carrière dans le secteur bancaire (Citibank, CCF, HSBC France, Fortis Banque France) avant d’intégrer le groupe Humanis en tant que directeur financier. Cette réorganisation de l’équipe de direction s’accompagne de la création d’un comité de direction générale, composé de Thomas Saunier, des directeurs généraux Yann Charron et Hugues du Jeu, ainsi que des deux directeurs généraux adjoints Michel Estimbre et Christophe Scherrer. Deux comités dits exécutifs lui sont rattachés, un sur l’assurance et un autre sur la retraite – Pierre-Jean Besombes intégrant le premier.
Klesia a engagé BNP Paribas comme unique banque conseil et coordinatrice pour organiser à partir de cette semaine une campagne de roadshow en Europe en vue d’émettre de la dette Tier 2, rapportait hier Bloomberg. Contactée par L’Agefi, la banque française a confirmé l’information, tout en précisant que l’opération ne devrait pas être bouclée avant deux à quatre semaines. Le groupe de protection sociale multiprofessionnel, qui ne dispose actuellement d’aucune notation financière, réaliserait ainsi sa première opération sur ce compartiment de titres subordonnés réglementaires, émis par les banques et les groupes d’assurance.
Le FRR a mis en œuvre dès 2008 une stratégie d’investisseur responsable. Un des axes de cette stratégie consiste à soutenir la recherche permettant d’évaluer les enjeux sociétaux et environnementaux liés à son activité, détecter l’émergence de bonnes pratiques d’investisseur responsable et d’améliorer ses connaissances et pratiques. Conscient des enjeux du réchauffement climatique et de sa responsabilité d’investisseur, le FRR a décidé de poursuivre ses engagements en devenant partenaire du projet collaboratif « Climate Risk Impact Screening » lancé par la société Carbone 4. Ce projet multipartenaire a pour objectif d’« élaborer une méthode et des outils qui permettront de réaliser des analyses des risques physiques de portefeuilles d’actifs corporate, souverains et infrastructure. Il n’existe pas à ce jour de méthodologie pour évaluer le niveau de risque climatique d’un portefeuille d’actifs financiers sur la base d’une analyse par actif et qui couvrirait l’ensemble des géographies, secteurs et aléas climatiques. » (source : Carbone 4) Le projet a débuté en octobre 2016 et doit se terminer en décembre 2017 par : La mise en place de la première méthodologie d’analyse des risques physiques liés au changement climatique d’un portefeuille financier ; Le déploiement d’un outil et de bases de données climatiques et sectorielles permettant de réaliser cette analyse de risque ; La création d’une méthodologie de place qui permette de progressivement limiter l’exposition du secteur financier aux conséquences du changement climatique. Le FRR se félicite de participer à ce projet en tant que premier sponsor aux cotés de l’Agence Française de Développement et de la Caisse des Dépôts et Consignations. Les informations détaillées sur le projet sont disponibles sur le site de la société Carbone 4
Klesia a engagé BNP Paribas comme unique banque conseil et coordinatrice pour organiser à partir de cette semaine une campagne de roadshow en Europe en vue d’émettre de la dette Tier 2, rapporte Bloomberg. Contactée par L’Agefi, la banque française a confirmé l’information, tout en précisant que l’opération ne devrait pas être bouclée avant deux à quatre semaines.
Le Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a publié un panorama des systèmes de retraites de dix pays étrangers pour pouvoir les comparer à travers des fiches. L’Allemagne, la Belgique, le Canada, l’Espagne, les États-Unis, l’Italie, le Japon, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suède sont passés au crible. Le COR observe notamment que « les réformes menées dans les pays européens semblent assurer la viabilité financière des systèmes ». Mais « les travaux de projection reposent sur des hypothèses démographiques et économiques similaires aux tendances passées, voire plus optmistes (par exemple une baisse du chômage à terme), et il est supposé un quasi-retour aux tendances de produc vité observées avant la crise », souligne le COR. Face à la crise qui a révèlé les limites des mécanismes prudentiels (taille insuffisante des fonds de garantie de défaut des régimes à prestations définies ; faible diffusion des plans de « cycle de vie » des régimes en cotisations définies ; etc.), le COR met en garde ces pays qui « ne disposent plus de marges de manœuvre budgétaires similaires à celles de 2008 pour sécuriser leur système ».