Le fonds de pension suédois AP2, gérant quelque 35 milliards d’euros dont près de la moitié de manière quantitative, travaille sur un projet d’indices obligataires ESG (environnement, social et gouvernance), à l’image de ce qu’il a déjà fait dans le domaine des actions, a annoncé Eva Halvarsson, directrice générale d’AP2, lors du Sustainable Investment Forum qui se tenait mardi 12 mars à Paris. L’an dernier, le fonds de pension a lancé deux indices actions monde centrés sur quatre sujets qui lui tiennent à cœur et sur lesquels elle travaille depuis des années : le climat, la diversité, le reporting et la gouvernance. « Nous favorisons les entreprises ayant une faible empreinte carbone, celles qui emploient beaucoup de femmes, nous n’aimons pas les entreprises qui trafiquent leur comptabilité… », illustre Eva Halvarsson. L’intégration des critères ESG par l’investisseur suédois a débuté il y a 16-17 ans, lorsque le fonds a décidé de publier un rapport sur la diversité hommes/femmes, a rappelé Eva Halvarsson. Le fonds emploie différents outils dans ce domaine : désinvestissement, investissements, dialogue… Depuis plusieurs années maintenant, l’investisseur institutionnel a décidé de se concentrer sur les quatre thèmes qui lui sont chers et qui sont utilisés dans les deux indices actions. « Nous essayons d’intégrer cela dans tout ce que nous faisons », commente Eva Halvarsson. « Nous avons une approche bottom-up et top down, c’est-à-dire que la direction est impliquée, mais également les salariés. C’est une part importante de notre culture, mais nous ne savons pas tout, nous cherchons constamment à apprendre ». Pour elle, ce qui compte et qui peut faire changer les choses en matière d’ESG, ce sont l’engagement, la culture et la curiosité. Laurence Marchal