Alors que DWS est en pleine tourmente en raison d’accusations de greenwashing à son encontre qui ont poussé son directeur généralAsoka Woehrmann à la démission mercredi, le gestionnaire allemand a émis le même jour en France un document avec une liste de fonds dont les prospectus ont été modifiés, a appris NewsManagers. Cette liste concerne une quinzaine de fonds dont six portant la mention ESG dans leurs noms. «Dans le cadre de l’uniformisation continue des fonds qu’elle gère, la société de gestion a revu l’ensemble du prospectus de manière à ce que les différentes sections soient vérifiées et adaptées, notamment dans leur formulation, aux exigences réglementaires et prudentielles actuelles, et à ce que le langage soit simplifié et clarifié», peut-on lire sur le document. Ces modificationsentreront en vigueur pour les fonds concernés à compter du 1er juillet 2022. Le groupe allemand avait été accusé d’avoir gonflé ses chiffres d’encours ESG dans son rapport annuel 2020. Dans celui de 2021, il a d’ailleurs fortement dégonflé ces derniers et détaillé ses travaux pour revoir son approche d’investissement ESG. Mais la Bafin, le régulateur allemand, enquête sur la possibilité que les prospectus des fonds ESG aient aussi donné de mauvaises indications aux souscripteurs, ce qui pourrait être beaucoup plus grave. DWS n’est pas la seule firme à se pencher sur le vocabulaire employé dans ses prospectus. C’est le cas entre autres de la société de gestion belge Econopolis. Selon un document transmis mercredi aux investisseurs et consulté par NewsManagers, la firme a décidé de supprimer de la politique d’investissement de trois compartiments de sa Sicav luxembourgeoise (Econopolis Climate Fund, Econopolis Sustainable Equities et Econopolis Patrimonial Sustainable) la phrase suivante : « Dans les limites de la politique d’investissement durable, les critères ESG prévaudront sur les critères financiers. ». Le conseil d’administration de la Sicav précise que cette modification n’affecte ni le processus d’investissement suivi par le gestionnaire d’investissement ni les investisseurs. «Le Conseil estime qu’elle est nécessaire pour éviter toute confusion. La politique d’investissement durable prévaudra toujours sur les critères financiers, car la Société la considère comme un élément essentiel de sa philosophie et vise à ne pas investir en dehors de celle-ci», indique le document publié mercredi par la firme, qui explique par ailleurs, que «les critères financiers sont prépondérants dans les limites fixées par les politiques d’investissement durable».