La Cour de justice de l’Union européenne a publié, jeudi 7 avril, un arrêt favorable à une société civile de placement immobilier (SCPI) d’un gestionnaire d’actifs français et investissant dans des biens situés en France et d’autres pays de la zone euro. Elle lui a donné raison dans un litige, qui oppose la SCPI à l’administration fiscale finlandaise et concerne l’exonération ou non d’impôts locaux sur les revenus locatifs et bénéfices de la SCPI tirés de la cession d’immeubles et d’actions de sociétés anonymes immobilières mutuelles finlandaises, lesquelles sont propriétaires d’immeubles loués par des commerces de détail. Or, pour le fisc finlandais, la SCPI s’apparente à une société anonyme finlandaise, imposable à 20%, là où la SCPI s’estime comparable à un fonds d’investissement finlandais spécial, cette catégorie étant exonérée d’impôts. Fonds comparables L’affaire avait été renvoyée devant la justice européenne via une demande de décision préjudicielle du tribunal administratif d’Helsinki, qui avait reçu la plainte de la SCPI en 2020. La CJUE a conclu que le régime de taxation fiscale finlandais portait atteinte aux règles européennes en vigueur en matière de libre circulation des capitaux dans l’UE. «Les articles63 et 65 du Traité de fonctionnement de l’UE doivent être interprétés en ce sens qu’ils s’opposent à une législation nationale qui, en réservant le bénéfice de l’exonération des revenus locatifs et des bénéfices tirés de la cession d’immeubles ou d’actions de sociétés propriétaires d’immeubles aux seuls fonds d’investissement revêtant la forme contractuelle, exclut du bénéfice de cette exonération un fonds d’investissement alternatif non-résident revêtant la forme statutaire, alors que ce dernier, bénéficiant, dans l’État membre dans lequel il est établi, d’un régime de transparence fiscale, n’est pas assujetti à l’impôt sur le revenu dans ce dernier État membre», explique la Cour. Dans son arrêt, la justice européenne rappelle sa jurisprudence qui est qu’un traitement fiscal défavorable contraire à une liberté fondamentale de l’UE ne saurait être justifié par l’existence d’autres avantages fiscaux. Par ailleurs, elle confirme que bien que sa forme juridique soit différente et comme elle bénéficie en France d’une exonération de ses revenus ou d’un régime de transparence fiscale, la SCPI «se trouve dans une situation comparable» à un fonds d’investissement finlandais. Jurisprudence L’exigence de la forme contractuelle est de nature à décourager les fonds d’investissement étrangers d’investir en Finlande et, ainsi, à placer les fonds d’investissement finlandais dans une position plus favorable, analyse le consultant KPMG qui parle de jurisprudence en évoquant l’arrêt de la CJUE. Avec cette conclusion, la CJUE a semblé reconnaître l’existence d’une discrimination indirecte, ajoute-t-il. Si le régime fiscal affecté en Finlande n’est entré en vigueur qu’en 2020, KPMG note que la décisionpourrait également avoir des effets positifs pour des dossiers qui sont examinés et traités dans le cadre de l’ancien régime d’exonération. Le consultant estime que les fonds étrangers constitués en société (Sicav, SCPI, etc) doiventenvisager de réclamer des avantages fiscaux fondés sur le droit européen en Finlande par le biais de décisions anticipées, de demandes de remboursement de la retenue à la source et, le cas échéant, de recours.
Le régulateur suédois FSA a autorisé les sociétés de gestion détenant des titres russes à scinder leurs fonds afin de distinguer actifs liquides et illiquides, rapporte AMWatch. Il accède ainsi à une demande de l’association suédoise des fonds envoyée début mars. La solution avait été proposée suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie et la fermeture de la Bourse russe qui a suivi. Plusieurs fonds suédois détenant des actifs russes ont dû être suspendus. Les sociétés de gestion souhaitant réaliser cette opération devront en faire la demande et chaque candidature sera étudiée individuellement. L’association suédoise des fonds avait étudié plusieurs solutions, mais conclu que ni des ventes partielles, ni le cantonnement des actifs (ce qui n’est pas autorisé en Suède) n’était pertinent. Elle a plutôt proposé une scission des fonds, qui entraînerait le transfert des titres liquides vers un fonds ouvert distinct, tandis que les actifs illiquides seraient conservés dans le fonds d’origine, qui resterait fermé.
La Securities and Exchange Commission étudie les moyens de faciliter l’enregistrement des plateformes de négociation de crypto-monnaies auprès de l’agence en tant que Bourses, a déclaré lundi le président Gary Gensler, selon le Wall Street Journal. Depuis des mois, ce dernier exhorte les plateformes de négociation de crypto-monnaies telles que Coinbase Global à se soumettre à la surveillance de la SEC, affirmant que ces entreprises permettent aux investisseurs d’acheter et de vendre des actifs qui répondent à la définition des valeurs mobilières. Les plateformes d'échange ont refusé. «Ces plateformes de crypto jouent des rôles similaires à ceux des Bourses réglementées traditionnelles», a déclaré Gary Gensler dans un discours pour un événement organisé par la faculté de droit de l’Université de Pennsylvanie. «Ainsi, les investisseurs devraient être protégés de la même manière». Le président de la SEC a déclaré qu’il avait demandé à ses équipes de travailler sur les moyens d’enregistrer les plateformes de crypto-monnaies en tant que Bourses et de s’assurer qu’elles protègent les actifs de leurs clients. Il a ajouté que cela pourrait nécessiter qu’elles séparent leurs services de conservation et de tenue de marché des autres parties de leur activité.
Selon un communiqué conjoint publié lundi, la Financial Conduct Authority (FCA) et la Banque d’Angleterre vont lancer des examens sur la gouvernance, la surveillance et la gestion des risques du London Metal Exchange (LME), après les perturbations intervenues sur le marché du nickel le 8 mars. Le LME avait dû suspendre le trading du nickel après que les prix ont grimpé de 250% en 24 heures entre le 7 et le 8 mars. La Bourse a été critiquée pour sa gestion de la crise, et notamment l’annulation de plusieurs milliards de dollars de transactions pour éviter des défauts alors que le «short squeeze» s’est concentré sur la société chinoise Tsingshan Holding. Celle-ci avait d’importantes positions vendeuses (short) pour se couvrir contre une baisse du métal dont elle est le premier producteur mondial, et avait été prise à revers par la flambée des cours.
Selon un communiqué conjoint publié lundi, la Financial Conduct Authority (FCA) et la Banque d’Angleterre vont lancer des examens sur la gouvernance, la surveillance et la gestion des risques du London Metal Exchange (LME), après les perturbations intervenues sur le marché du nickel le 8 mars.
L’AFA privilégie le dialogue avec l’entreprise, dans un souci d’efficacité et de rapidité, a expliqué son directeur, Charles Duchaine, lors d’une matinale IMA France.
Les plateformes d’échange de crypto-monnaies devront bientôt déclarer les jetons numériques qu’elles détiennent pour le compte des clients dans leurs bilans, selon des directives comptables de la Securities and Exchange Commission publiées jeudi. Selon le Wall Street Journal, ces directives reflètent l’avertissement du président de la SEC, Gary Gensler, selon lequel les investisseurs qui possèdent des crypto-monnaies par le biais de plateformes d'échange comme Coinbase réalisent en fait des prêts non garantis à ces sociétés. Dans le cadre de leur activité, les plateformes de crypto-monnaies conservent, ou détiennent, des actifs pour le compte de leurs clients. À l’instar des sociétés de courtage en valeurs mobilières cotées en Bourse, elles publient la valeur totale de ces actifs séparément de leurs propres bilans, qui comptabilisent leurs actifs et passifs. Les nouvelles directives comptables demandent aux sociétés de crypto-monnaies cotées en Bourse de comptabiliser les jetons numériques qu’elles conservent pour leurs clients comme des actifs et leurs obligations envers ces derniers au passif.
La Securities and Exchange Commission a proposé mercredi un ensemble de règles qui, si elles sont mises en œuvre, rendront plus difficiles pour les Spac de lever des fonds auprès des investisseurs et de réaliser des fusions, rapporte le Wall Street Journal. L’objectif est de forcer ces véhicules à respecter des normes similaires à celles des introductions en Bourse. «Les Spac sont en moyenne assez coûteux et n’ont pas été à la hauteur de la commercialisation», a déclaré mercredi aux journalistes Gary Gensler, le président de la SEC. Il a annoncé que la proposition réduirait les avantages en matière d’information que les initiés des Spac ont sur les investisseurs ordinaires, ainsi que les conflits d’intérêts, en exigeant plus de divulgation et en renforçant les règles régissant les pratiques de marketing et de souscription. Dans le cadre de la proposition envisagée par la SEC, les sociétés à chèque en blanc seraient tenues de divulguer des informations sur la rémunération de leurs sponsors ainsi que sur la dilution que les actionnaires pourraient subir en cas d’acquisition. Les règles actuelles permettent souvent aux initiés des Spac de multiplier leur investissement initial même si les sociétés qu’ils reprennent connaissent des difficultés et que les actionnaires ordinaires perdent de l’argent.
La préservation de la biodiversité est en tête des agendas mais l’action politique pourrait être ralentie par la prise en compte des conséquences du conflit russo-ukrainien.
L’AMF et l’ACPR mettent en garde le public sur leur site contre les activités de plusieurs acteurs qui proposent en France des investissements sur le Forex et sur des produits dérivés sur crypto-actifs sans y être autorisés.
L’autorité britannique des marchés financiers, Financial Conduct Authority (FCA), a publié, vendredi 25 mars, un document contenant les modifications apportées à la réglementation européenne sur les produits d’investissementpackagésde détail et fondés sur l’assurance (Priips). Réglementation dont la mise en œuvre des mesures techniques (regulatory technical standards) de niveau 2 en Europe a été reportée au 1er janvier 2023. Les amendements de la FCA, appliqués dès le 25 mars, introduisent notamment des règles visant à clarifier le périmètre de la réglementation Priips au Royaume-Uni pour les obligations crédit en particulier. Autre changement majeur, la FCA troque les scénarios de performance dans le document d’investisseur clé de Priips pour une obligation d’information narrative sur la performance. Ce texte doit contenir a minima une description des principaux facteurs pouvant affecter les rendements pour l’investisseur dont ceux étant les plus susceptibles de déterminer le futur rendement mais aussi identifier l’indice de référence le plus pertinent avec une explication sur les comparaisons avec le produit en termes de performance et de volatilité. Sont aussi requis une courte explication des environnements de marché propices qui pousseraient le produit répondant aux critères de Priips à générer des rendements plus élevés ou à l’inverse inférieurs et entraîner des pertes. Enfin, cette information narrative devra aussi inclure une description du rendement auquel l’investisseur peut s’attendre lorsque le produit Priips arrive à échéance ou est racheté dans des conditions de marché très défavorables. Les amendements du gendarme financier britannique sont également censés s’attaquer au fait que certains produits, sous Priips, pourraient se voir attribuer un indicateur de risque trop faible dans leurs documents d’information clé. Ils répondent par ailleurs à certaines préoccupations autour de la méthodologie visant à estimer l’impact de marché de chaque transaction (market slippage) lors du calcul des coûts de transaction. Si les sociétés de gestion sont priées de se plier aux nouvelles règles Priips britanniques d’ici le 31 décembre 2022, la FCA a décidé d’étendre, pour une durée de cinq ans, l’exemption d’application de ses règles pour les fonds Ucits au 31 décembre 2026.
La commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers (AMF) inflige à AB Science une amende de 1 million d’euros, comme demandé par le Collège, pour avoir manqué à son obligation de publier dès que possible une information privilégiée. Olivier Hermine, cofondateur d’AB Science, écope d’une amende de 50.000 euros, et Grégory Pépin, actionnaire de la biotech, de 500.000 euros pour avoir transmis ou utilisé des informations privilégiées. Le Collège réclamait respectivement 100.000 euros et 2 millions d’euros.