Les discussions entre dix pays de la zone euro sur le projet de taxe sur les transactions financières (TTF) sont aujourd’hui à l’arrêt en raison des difficultés politiques rencontrées par l’Espagne et la Slovaquie, a déclaré le 10 mars le ministre français des Finances Michel Sapin, rapporte l’agence Reuters. Portée notamment par la France et l’Allemagne, la TTF est censée permettre aux Etats de récupérer une partie des fonds engagés pendant la crise pour soutenir les banques tout en luttant contre la spéculation outrancière. Elle fait l’objet depuis 2011 de discussions épineuses."Nous sommes aujourd’hui dans une situation d’arrêt sur image», a expliqué Michel Sapin lors d’un point presse à Bercy. «Un travail important a été fait, on a beaucoup progressé» mais «deux pays se trouvent aujourd’hui dans une incapacité politique de décision», à savoir l’Espagne et la Slovaquie, a-t-il poursuivi. L’Espagne se trouve dans une impasse politique depuis les élections législatives du 20 décembre et une situation comparable se profile pour la Slovaquie, où les législatives de samedi dernier n’ont pas dégagé de majorité nette.Entamées en 2011 par l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Autriche, la Belgique, l’Estonie, la Grèce, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie et l’Espagne, les discussions sur la TFF peinent à trouver un point d’accord à la fois sur les produits à taxer et sur le taux de prélèvement à appliquer. Avec le retrait du projet de l’Estonie l’an dernier, seuls dix pays restent dans la procédure. D’après les règles européennes, un minimum de neuf pays est requis pour mettre en oeuvre un projet de coopération renforcée qui ne s’applique pas à l’ensemble des Vingt-Huit, a rappelé Michel Sapin. «On est vraiment à la limite du nombre nécessaire pour pouvoir continuer à avancer», a-t-il déclaré, soulignant par ailleurs que la Belgique commençait à exprimer des réticences.