Dans un entretien aux Echos, Gérard Rameix, président de l’Autorité des marchés financiers (AMF), qu’il quittera dans un mois, met en garde les négociateurs du Brexit sur le risque d’une fragmentation des marchés en Europe. « On ne sait pas quelle place les marchés vont occuper dans les discussions sur le Brexit avec l’Union européenne, reconnait-il. C’est d’autant plus complexe que les marchés financiers sont intégrés. Il faut veiller à ce que les acquis de cette intégration ne soient pas remis en cause par le Brexit, que la sortie de la Grande-Bretagne n’aboutisse pas à une fragmentation des marchés à cause des crispations de chacun. » S’il reconnait que l’activité financière à Londres restera importante, « elle ne doit pas induire de risques systémiques pour l’Union et le Brexit ne doit pas placer les acteurs à Londres dans une position plus favorable que celles de l’Europe à 27 », ajoute Gérard Rameix. Pour le patron de l’AMF, « l’Europe doit avoir les moyens de ses ambitions sans compter sur les moyens ni les compétences des Britanniques. Il faut que les 27 parviennent à donner aux entreprises un accès à un marché sécurisé et à un coût pas plus élevé qu’auparavant ».Gérard Rameix estime également qu’il est « important que l’Europe à 27 s’accorde pour éviter une course au moins-disant réglementaire destinée à attirer les entités basées à Londres et qui vont devoir s’implanter sur le continent ». « Il faut éviter les domiciliations artificielles », ajoute-t-il. A cet égard, Gérard Rameix estime que la Place de Paris a fait « d’importants efforts pour que notre réglementation soit un atout pour la compétitivité ». « Nous avons mené une grande réflexion avec les sociétés de gestion pour promouvoir la gestion française à l’international, nous avons aussi promis des réponses rapides aux acteurs qui envisagent de transférer leurs activités en France », avance-t-il. Le principal écueil réside dans le projet de relance de la taxe sur les transactions financières européenne. Cette taxe, « pour moi, n’a de sens que si elle s’applique dans les tous les centres financiers ; sinon, elle crée de situations de distorsions ».
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a annoncé hier avoir revu sa doctrine de transparence et d’organisation applicables aux sociétés de gestion souhaitant investir dans des obligations contingentes convertibles (Cocos) via leurs fonds. Le prospectus des fonds en question devra désormais noter les risques spécifiques aux Cocos, notamment le risque de conversion ou de diminution du nominal. Les sociétés de gestion devront également disposer d’une fonction de gestion des risques indépendante de la gestion financière et réaliser des diligences adaptées sur le suivi des risques. Les fonds ont jusqu’au 31 décembre 2017 pour se conformer.
Le Conseil de stabilité financière (FSB) a lancé hier une consultation publique sur de nouveaux principes encadrant les pratiques de rémunération visant à réduire les prises de risques inconsidérées. Ce nouveau cadre met en avant les bonnes pratiques à suivre et souligne huit considérations à prendre en compte par les institutions financières concernées lorsqu’elles mettent en place leur politique de rémunération. La période de consultation est ouverte jusqu’au 30 août 2017.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a lancé hier une consultation publique portant sur des modifications de son règlement général et sur l’évaluation des connaissances et des compétences. Ces modifications sont liées à la mise en œuvre de MIF 2 au 3 janvier 2018. La consultation est ouverte jusqu’au 20 juillet 2017.
LuxFLAG, l’agence luxembourgeoise de labellisation, a annoncé, ce 19 juin, le lancement d’un nouveau label pour les obligations vertes (« green bonds ») qui sera attribué, après une évaluation «rigoureuse», aux obligations éligibles qui financent des projets verts ou à vocation durable. L’agence indépendante étend ainsi ses activités à un éventail élargi d’instruments financiers, et dit compter sur son expertise en matière de certification de fonds d’investissement durables dans les domaines de la microfinance, l’environnement, les critères ESG (environnement, social, gouvernance) et le financement du changement climatique.« Pour renforcer la crédibilité et permettre une croissance durable sur le marché des obligations vertes, les investisseurs ont besoin de s’assurer que les revenus issus des obligations vertes sont investis selon leur stratégie et les principes des obligations vertes, explique LuxFLAG dans un communiqué. Pour leur part, les émetteurs ont besoin de communiquer efficacement sur les caractéristiques de leurs obligations auprès de la communauté des investisseurs. La transparence, la pertinence et la confiance sont donc des exigences cruciales pour des investissements dans le marché des obligations vertes. »Pour obtenir ce label, LuxFLAG va exiger que les obligations vertes établissent un rapport sur des indicateurs de performance à la fois qualitatifs et quantitatifs quant à l’utilisation de leurs revenus. Elles doivent également fournir une évaluation externe « ex-ante » tout en s’engageant aussi sur des rapports « ex-post » réguliers. En outre, l’obligation verte doit consentir à la transparence en suivant des standards internationalement reconnus comme les « Green Bonds Principles » ou ceux de la « Climate Bond Initiative ». Les « Objectifs de Développement Durable » des Nations Unies doivent enfin être pris en compte dans l’utilisation des revenus et une politique d’exclusion doit être mise en œuvre.LuxFLAG va procéder à une analyse des demandes entrantes selon le principe du « premier arrivé, premier servi ». Les décisions d’octroi du label seront prises tous les trimestres.
Les PRI (Principles for Responsible Investment) vont développer une méthodologie pour valoriser les membres leaders des PRI et identifier ceux qui ne font rien. «L’idée est de pouvoir mettre en place un système de radiation afin d’accroître la responsabilité des signataires et ne pas créer de déséquilibres entre eux», a annoncé le 19 juin lors d’une conférence amLeague, Marie Luchet, responsable des PRI pour la France et l’Europe du Sud. Les signataires des PRI, qui s’engagent à aider à la création d’un système financier plus durable notamment en intégrant des principes ESG (environnement, social et gouvernance) dans leurs décisions d’investissement ou opérationnelles, sont au nombre de 1.700 aujourd’hui dans 52 pays. Etre membre des PRI les engage aussi à payer une cotisation annuelle et produire des reporting annuels qui permettent aux autres membres de suivre les évolutions et les innovations en matière d’ESG des signataires. Les PRI notent les signataires et produisent des commentaires sur leur politique ESG. «Mais certains membres signent les PRI parce qu’ils vont répondre à un appel d’offre d’un investisseur institutionnel par exemple puis ne font plus rien: ils ne paient pas la cotisation ou ne produisent pas de reporting», explique Marie Luchet. Ce sont avant tout ces membres qui sont visés par le système de radiation. «Tout cela sera progressif, a ajouté Marie Luchet. Il y aura un dialogue avec nos membres pour les faire progresser». Au total, elle a estimé que moins de 10% des membres étaient concernés. A l’occasion de la conférence amLeague, les sociétés de gestion ont soulevé le problème de la complexité et l’avalanche d’informations demandées par les PRI pour les reporting. «Vous devriez faire des documents de reporting adaptées à la taille de vos signataires. Certaines questions demandent plusieurs jours pour pouvoir y répondre et elles sont même parfois incompréhensibles ou non avenues pour nous» a ainsi regretté Alto Invest. Ce à quoi Marie Luchet a répondu qu’il fallait faire appel à l'équipe de reporting des PRI qui est en place chaque année pour aider les membres sur la période de janvier à fin mars.
Les Etats membres ont trouvé un accord sur le texte qui offre aux banques la possibilité de limiter pendant cinq ans l'effet de la hausse des provisions sur leur capital.
Danièle Nouy, qui préside le Mécanisme de surveillance unique (MSU), placé sous l'égide de la BCE, a indiqué hier que l’autorité de supervision s’assurait que les banques délocalisant des activités du Royaume-Uni vers le continent soient traitées de façon égale, quel que soit le lieu choisi. Elle veille également «à ce qu’il n’y ait aucune possibilité d’arbitrage entre différentes approches en matière de supervision». Il y a toutefois des limites à ce que la BCE peut faire et «cela constitue pour nous un sujet d’inquiétude», a ajouté la responsable. Les domaines dans lesquels les autorités nationales conservent une autonomie «pourraient maintenant avoir des conséquences importantes dans le contexte du Brexit», a remarqué Danièle Nouy. Les banques s’installant dans la zone euro «pourraient exploiter des failles du système de supervision en menant des activité bancaires via une société d’investissement ou des succursales basées dans des pays tiers, qui dans les deux cas ne sont pas surveillées au niveau de la zone euro, mais au niveau national», a expliqué la présidente du MSU.
La haute responsable de la supervision bancaire au sein de la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré lundi craindre que les établissements voulant s’implanter dans la zone euro en raison du Brexit ne soient tentés d’exploiter des failles de la réglementation financière pour échapper à la surveillance des autorités. Danièle Nouy, qui préside le Mécanisme de surveillance unique (MSU), placé sous l'égide de la BCE, a indiqué que l’autorité de supervision s’assurait que les banques délocalisant des activités du Royaume-Uni vers le continent soient traitées de façon égale, quel que soit le lieu choisi. Elle veille également «à ce qu’il n’y ait aucune possibilité d’arbitrage entre différentes approches en matière de supervision».
Le Trésor britannique a débuté ses démarches visant à trouver le prochain président de la Financial Conduct Authority (FCA), le régulateur financier local, alors que son président actuel, John Griffith-Jones, a confirmé qu’il quittera son poste à la fin de son mandat en mars 2018, rapporte le Financial Times. Ancien associé de KPMG, John Griffith-Jones préside la FCA depuis 2013.
State Street a demandé au régulateur américain, la SEC, d’empêcher les entreprises cotées d’adopter des structures de vote controversées comme celles utilisées par Facebook, Alphabet et Snap qui selon Statet Street concentrent le pouvoir entre les fondateurs et affaiblissent les droits des actionnaires. Le troisième plus important gestionnaire d’actifs au monde, qui supervise 2.500 milliards de dollars d’actifs, a en effet assisté à une réunion du comité consultatif des investisseurs à la Securities and Exchange Commission (SEC) en mars, où il a appelé le régulateur à empêcher les entreprises de limiter les droits de vote des actionnaires.
La liste des pays avec lesquels la Suisse entend échanger automatiquement des données bancaires s’allonge. Le Conseil fédéral a proposé vendredi au Parlement un projet portant sur 41 nouvelles entités, rapporte L’Agefi suisse. Sont concernés la Chine, l’Indonésie, la Russie, l’Arabie saoudite, le Liechtenstein, la Colombie, la Malaisie, les Emirats arabes unis, Montserrat, Aruba, Curaçao, le Belize, le Costa Rica, Antigua-et-Barbuda, la Grenade, Saint-Kitts-et-Nevis, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, les Îles Cook et les Îles Marshall. Figurent aussi sur la liste l’Afrique du Sud, Andorre, l’Argentine, la Barbade, les Bermudes, le Brésil, le Chili, le Groenland, les Iles Caïman, les Iles Féroé, les Iles Turques-et-Caïques, les Iles Vierges britanniques, l’Inde, Israël, Maurice, le Mexique, Monaco, la Nouvelle-Zélande, Saint-Marin, les Seychelles et l’Uruguay. Les premiers échanges devraient avoir lieu en 2019. Ils s’appuieront sur l’accord multilatéral en la matière. Le Parlement a déjà posé les bases légales pour un échange automatique et accepté de recourir à cette pratique avec 38 pays et entités.
Les Etats-membres de l’Union européenne (UE), réunis au sein du Conseil de l’UE, ont annoncé vendredi avoir trouvé un accord pour amender les règles européennes de façon à créer une nouvelle catégorie de titres de dette senior non-préférée. Ces titres permettront aux banques européennes systémiques de respecter les exigences internationales d’absorption des pertes (ratio TLAC). Les Etats-membres ont également adopté une proposition de régulation destinée à amortir l’impact en capital de l’entrée en vigueur en 2018 de la norme comptable sur les instruments financiers IFRS 9. Les eurodéputés doivent encore trouver un accord entre eux sur ces textes avant de commencer à négocier avec les représentants des Etats.
Le Département de la Justice aux Etats-Unis est très critiqué concernant un fonds de compensation de 4 milliards de dollars pour les victimes de Bernard Madoff qui n’a pas versé un seul centime quatre ans après sa création, rapporte le Wall Street Journal. La liquidation supervisée par Irving Picard a généré 11,6 milliards de dollars pour rattraper les pertes des investisseurs et 9,7 milliards de dollars ont été distribués. Mais cet autre fonds, créé en 2013, n’a rien payé, alors que son administrateur, Richard Breeden, a enregistré 65.500 plaintes de victimes.
Les Etats-membres de l’Union européenne (UE), réunis au sein du Conseil de l’UE, ont annoncé aujourd’hui qu’ils avaient trouvé un accord pour amender les règles européennes de façon à créer une nouvelle catégorie de titres de dette senior non-préférée. Ces titres permettront aux banques européennes systémiques de respecter les exigences internationales d’absorption des pertes (ratio TLAC). Les Etats-membres ont également adopté une proposition de régulation destinée à amortir l’impact en capital de l’entrée en vigueur en 2018 de la norme comptable sur les instruments financiers IFRS 9. Les eurodéputés doivent encore trouver un accord entre eux sur ces textes avant de commencer à négocier avec les représentants des Etats. « Nous avons décidé de faire de ces textes une priorité et espérons que le parlement sera en mesure de démarrer les négociations d’ici à la fin de l’année », a déclaré le ministre des Finances de Malte, Edward Scicluna, alors que son pays préside aujourd’hui le Conseil.
Sept sociétés de gestion (1) ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils annoncent leur intention d’adresser un recours gracieux auprès du Premier ministre Edouard Philippe à l’encontre d’un décret publié le 10 mai relatif à l’organisation financière de certains régimes de sécurité sociale (décret 2017-887). « Lorsqu’à l’état de projet ce texte fut présenté aux associations de place, elles ont unanimement dénoncé, auprès des pouvoirs publics, sa mauvaise architecture et les impacts très négatifs qu’impliquerait son application. En effet, les dispositions de ce décret orientent fortement les investissements vers des véhicules atypiques, les fonds mutualisés, qui présentent des enjeux de gouvernance, de conflits d’intérêt, d’entrave à la concurrence au détriment de la richesse et la diversité de la gestion indépendante française », expliquent les sociétés de gestion dans cette lettre.Dans ce contexte, les sociétés signataires dénoncent un texte qui aurait pour effet de priver certains acteurs de la gestion des réserves de retraite et « vous informent qu’elles vont adresser un recours gracieux auprès du Premier Ministre, Monsieur Edouard Philippe, et qu’elles envisagent de saisir le Conseil d’Etat pour un retrait du texte incriminé ».« A l’heure où il conviendrait d’accroitre l’attractivité de la place de Paris, il est urgent d’agir contre ce décret non prospectif et de prendre toutes les mesures pour renforcer le caractère innovant et moderne de la place financière française », conclut la lettre.(1) ,Les sociétés signataires sont Ycap Asset Management, Russell Investments, Quaero Capital, Trecento, CBT Gestion, Raymond James Asset Management et Vestathena.
En l’absence d’accord de sortie, le superviseur britannique pourrait exiger des succursales implantées outre-Manche qu’elles se transforment en filiales.