Quatre accords de composition administrative conclus fin novembre ont été publiés jeudi sur le site de l’Autorité des marchés financiers. Ils découlent tous d’enquêtes menées «à la suite de l’analyse des plus fortes variations de cours intervenues le dernier jour de l’année 2014 par la direction de la surveillance des marchés». Principal grief: l’omission de déclarations de soupçon sur de possibles abus de marché. Ces griefs concernent BNP Paribas, Gilbert Dupont, Portzamparc et Talence Gestion. Cette dernière s’est engagée à payer au Trésor Public, dans un délai de trente jours à compter de la notification de l’homologation du présent accord par la Commission des sanctions de l’AMF, la somme de 100 000 euros. Son gérant mis en cause, Régis Lefort, devra lui s’acquitter de 20.000 euros.Concernant plus particulièrement Talence Gestion, les investigations menées par la direction des enquêtes ont permis d’établir que la société de gestion avait, le 31 décembre 2014, effectué des transactions sur les titres SQLI, CAFOM, PIERRE&VACANCES et PRODWARE PARIS, qui pourraient être constitutives de manipulations de cours, transactions qui n’avaient pas été déclarées à l’AMF comme des opérations suspectes, en raison d’une insuffisance de son organisation et de ses procédures, explique l’accord. Parmi ses remarques, l’AMF note que les ordres passés sur ces valeurs ont généré une hausse du cours anormale, qui n’aurait pas été atteinte en l’absence des interventions en cause (comprise entre 2,90% et 6,34%, à comparer à la hausse de 0,64% et 0,72% constatée le même jour respectivement sur les indices CAC 40 et CAC Mid&Small) ; L’intervention sur les titres SQLI, CAFOM, PRODWARE PARIS et PIERRE&VACANCES, le 31 décembre 2014, a permis d’améliorer la valorisation de trois des fonds de Talence Gestion de 0,08%, 0,33% et 0,38%.En second lieu, il est apparu que Talence n’avait pas déclaré à l’AMF les transactions réalisées sur les quatre titres précités le 31 décembre 2014, alors qu’il existait des raisons de suspecter que celles-ci étaient, au regard de leurs caractéristiques, constitutives d’une manipulation de cours.A ce titre, le dispositif de détection des abus de marché au sein de Talence est apparu lacunaire et en tout cas inefficace en ce qu’il reposait sur la seule vigilance des collaborateurs, qui n’avaient, à l’époque des faits objet de l’enquête, reçu aucune formation sur les problématiques liées aux abus de marché et qu’il n’existait aucun contrôle de second niveau sur les opérations réalisées par les gérants de la société de gestion, poursuit le régulateur.Parmi ses arguments de défense, Talence souligne qu’afin d’améliorer ses procédures de contrôles, la société a internalisé la fonction de responsable de la conformité et du contrôle interne. Un effort important et continu de formation du personnel a également été mis en œuvre. Régis Lefort, comme Talence, rappellent dans l’accord que ce dernier ne constitue ni une reconnaissance de culpabilité ni une sanction. Le gérant Régis Lefort rappelle également «qu’il n’a jamais été mis en cause par le passé dans une quelconque procédure judiciaire ou administrative en près de trente ans d’exercice dans le secteur financier».
Les régulateurs financiers précisent aux acteurs du financement participatif comment communiquer, calculer leurs taux de défaillance, et prévoir leur éventuelle fermeture.
Le groupe d’experts sur la finance durable (HLEG) initié par la Commission européenne fin 2016 a publié ce 31 janvier ses recommandations. Des recommandations ambitieuses qui visent autant à développer la finance verte qu'à faire de la finance durable le cadre de référence de l’Europe en termes de régulation comme de fonctionnement des marchés. Pour Anne-Catherine Husson Traore, directrice générale Novethic, qui fait partie des quatre experts français membres du HLEG (*), ce document constitue une avancée considérable. «Il y a quatre ou cinq ans, la finance verte n'était pas encore prise très au sérieux par les politiques», selon la responsable qui relève la prise de conscience manifeste des responsables bruxellois.La Commission européenne, qui a accompagné les travaux du groupe d’experts tout au long de l’année 2017, a d’ailleurs salué cette nouvelle feuille de route pour une économie plus verte et plus propre. «La finance a un grand rôle à jouer dans le financement d’un avenir durable. Je salue les travaux remarquables du HLEG qui constituent un excellent point de départ pour notre stratégie à venir», a déclaré Valdis Dombrovskis, vice-président pour la stabilité financière, les services financiers et l’Union des marchés de capitaux. Parmi les recommandations clés du rapport, figure notamment la taxonomie, autrement dit l'établissement d’une liste des secteurs d’activités clés pour la transition vers une économie européenne durable. Cette liste fera référence pour établir de nouveaux standards européens, pour obligations vertes, les labels de fonds ou encore le «green supporting factor» bancaire. La première version devrait se pencher sur les activités favorisant la lutte contre le changement climatique et le respect des 2 degrés prévus par l’Accord de Paris. A partir du moment où la système de classification est en place, la labellisation devrait être plus facile à mettre en oeuvre. Dans le courant de l’année, un éco-label européen destiné à rendre visible et crédible uune offre de fonds thématiques environnementaux pour les épargnants européens devrait ainsi être lancé. Autre grand thème retenu par les experts, la transparence avec la volonté d’améliorer nettement la qualité, la pertinence et la fiabilité des données ESG fournies par les acteurs économiques, et plus particulièrement celles liées au climat. Il est suggéré à la Commission d’intégrer les lignes directrices de la TCFD (Task Force on Climate Disclosure mise en place par le Conseil de stabilité financière du G20) et de prendre des mesures dans l’esprit du désormais célèbre article 173 de la loi française TEE sur le reporting climat des investisseurs. Le Forum pour l’Investissement Responsable (FIR) a salué la publication de ces recommandations et soutient particulièrement les propositions qui vont dans le sens des initiatives déjà prises en France (article 173, labels ISR et TEEC soutenus par le gouvernement) et la mise en place d’exigences minimales européennes pour les produits responsables ainsi que la proposition d’un écolabel pour les fonds verts. «Nous travaillerons étroitement avec notre association européenne Eurosif et les autres forums en europe pour permettre la mise en oeuvre des recommandations qui seront retenus par la Commission européenne», indique Grégoire Cousté, délégué général du FIR. Même son de cloche au Luxembourg, où la place financière se félicite de la promotion d’un modèle durable de développement qui va conditionner la prospérité de long terme de l'économie européenne. «La publication du rapport HLEG marque un jalon important et ouvre la voie à un système financier plus durable qui dirigera davantage les capitaux vers des actifs durables. Le Luxembourg s’engage à travailler avec l’ensemble des parties prenantes clef à la mise en oeuvre des différentes préconisations du rapport HLEG», déclare Pierre Gramegna, ministre des finances du Luxembourg. Reste à savoir si le plan d’action sur la finance durable reprendra l’essentiel des recommandations du rapport d’experts ou seulement quelques éléments. Pour Philippe Zaouati, directeur général de Mirova et président de Finance for tomorrow, qui a aussi contribué au rapport du HLEG, la Place de Paris, très en pointe dans la finance durable, doit pousser son avantage. «L’expérience française a largement contribué à l’élaboration de ces recommandations et nous devons rester à la pointe et poursuivre ce qui a été entamé ces dernières années. Il ne suffira pas de bâtir une niche, il faudra que la finance verte et durable s’inscrive au coeur de la stratégie de développement de la Place de Paris et devienne son fil rouge. Avant d’être celui de la finance dans l’ensemble de l’Europe». De son côté, Anne-Catherine Husson Traore ne cache pas son optimisme. De son point de vue, la publication de ce document imprime une dynamique positive au thème de la finance durable. Le premier trimestre 2018 restera en tout cas placé sous son signe. Le plan d’action pourrait en effet être présenté dans la première quinzaine de mars pour ensuite faire l’objet d’une réunion des parties prenantes vers la fin mars. (*) Quatre experts français ont participé à l'élaboration du rapport : outre Anne-Catherine Husson-Traoré, Pascal Canfin, directeur général du WWF France, Philippe Zaouati, directeur général de Mirova et président de Finance for tomorrow, et Stanislas Dupré, directeur général 2 degrés inveseting initiative
La mise en oeuvre de la directive MiFID II s’est dans l’ensemble plutôt bien passée. Toutefois, depuis son entrée en vigueur début janvier, on observe également des évolutions fâcheuses, estime le député européen Markus Ferber dans un entretien au quotidien financier Börsen-Zeitung. Markus Ferber évoque notamment la transformation de nombreux intermédiaires de marchés, en l’occurrence les Broker Crossing Networks, en internalisateurs systématiques. «On a trouvé là un moyen de contourner la réglementation», déplore-t-il. De son point de vue, la valorisation des «dark trades» laisse également à désirer. En conséquence, estime le député, ces imperfections doivent être corrigées le plus rapidement possible.
La nouvelle composition de la commission des sanctions de l’Autorité des marchés financiers est dévoilée dans le Journal officiel du 1er février. Sur les douze membres, un seul changement. Le premier président de la Cour de cassation a nommé Didier Guérin, ancien président de la chambre criminelle de de la Cour de cassation, en remplacement de Christophe Soulard, qui a succédé à Didier Guérin à la présidence de la chambre criminelle.
Le président de conseil devrait être beaucoup plus influent, selon les conclusions d’un groupe de travail de l’IFA (Institut Français des Administrateurs) et piloté par Michel de Rosen, président de Faurecia. Le groupe de travail a mené une cinquantaine d’auditions de présidents, directeurs généraux, présidents directeurs généraux, administrateurs, experts et gestionnaires de fonds qui se sont exprimés sur les structures de gouvernance en France et plus particulièrement sur le rôle du président de conseil. Partant du constat que le cadre juridique français octroie peu de pouvoirs au président de conseil, le groupe de travail souligne que, dans la réalité, celui-ci dispose de champs d’influence importants qui ont un impact sur l’efficacité du conseil et la performance de la société. Le groupe de travail s’est, en particulier, concentré sur les nouveaux défis (le digital, la responsabilité sociale, sociétale et environnementale, les activistes) auxquels sont confrontés les conseils et leurs présidents, sur l’efficacité de la gouvernance, la contribution attendue du président, et sur la question de la dissociation entre le président et le directeur général. Le groupe de travail souligne que l’efficacité des conseils s’est améliorée. Les progrès accomplis depuis quinze à vingt ans ont été importants et réguliers grâce à une prise de conscience générale que les règles imposées par la loi et par les codes sont nécessaires et vertueuses. La composition des conseils s’est diversifiée, les administrateurs indépendants sont beaucoup plus nombreux alors que les différents comités (audit, rémunérations, nomination, gouvernance) ont approfondi leurs travaux.Cela dit, les pratiques constatées au sein des conseils en France sont hétérogènes et des insuffisances existent dans les deux domaines suivants. Tout d’abord, la composition des conseils, avec des risques de connivence par toujours suffisamment pris en compte, des recrutements d’administrateurs trop occupés par ailleurs ou encore la juxtaposition de profils divers pouvant nuire à l’efficacité du conseil. Par ailleurs, certains déficits sont visibles dans la nature et le contenu des activités des conseils. Le conseil n’est pas toujours suffisamment exigeant sur la nécessaire transparence du Management sur les sujets sensibles alors que par ailleurs, certains conseils soutiennent le management plus qu’ils ne le challengent.Évolutions recommandées des Codes de gouvernement d’entreprise 1. Décrire plus précisément le rôle du président de conseil. 2. Introduire une règle selon laquelle le président ne peut pas être l’ancien directeur général ou l’ancien président directeur général de la société. 3. Renforcer les obligations actuelles en imposant que le choix de gouvernance soit explicité tous les ans dans le document de référence de la société. 4. Renforcer les obligations des administrateurs en matière de déclarations de potentiels conflits d’intérêts.5. Rendre publique, dans le document de référence, la présence ou l’absence de chaque administrateur aux réunions du conseil et de ses comités. 6. En complément de l’évaluation de l’efficacité collective du conseil, demander à chaque administrateur d’évaluer individuellement chacun de ses collègues du conseil.
Le régulateur américain des marchés dérivés, la CFTC, a envoyé des injonctions à la plate-forme d’échanges de cryptomonnaies Bitfinex ainsi qu’à la société Tether, dont le token est arrimé au dollar, pour leur réclamer des informations, alors que les deux sociétés partagent un même président. Des doutes existent notamment sur la réalité des affirmations de Tether, qui prétend disposer de réserves suffisantes pour lui permettre d’assurer la convertibilité de ses tokens en dollars, soit 2,3 milliards de dollars.
L’Association française de la gestion financière (AFG) a publié ce 29 janvier une mise à jour de ses recommandations sur le gouvernement d’entreprise, qui aident les sociétés de gestion dans l’exercice de leurs votes lors de la saison des assemblées générales. L’association professionnelle publie depuis 1998 un recueil de Recommandations sur le gouvernement d’entreprise relatives aux assemblées générales et aux conseils d’administration des sociétés cotées.Les principales modifications 2018 portent sur les points suivants : - Recommandation aux émetteurs d’accroître régulièrement la proportion de femmes au sein de leur comité exécutif ; - Intégration des cyber-risques et des modalités organisationnelles de gestion de crise dans la cartographie des risques transmise au Conseil et discutée en son sein ; - Affirmation de l’importance pour les membres des conseils d’administration ou de surveillance de s’imprégner de la culture de l’entreprise ; - Souhait que toute modification de la composition du conseil d’administration soit systématiquement portée à la connaissance des actionnaires. - Précisions quant aux exigences de transparence en matière de rémunération, notamment sur les critères d’attribution de la part variable.
Le gouvernement britannique a appelé jeudi à réguler le bitcoin, confirmant que le sujet sera abordé lors du prochain G20 Finances en mars, rapporte l’AFP. «Je pense que nous devons être prudents sur le bitcoin», a déclaré le ministre britannique des Finances Philip Hammond sur Bloomberg TV. «Nous avons peut-être besoin de regarder le moyen de réguler cet environnement avant que le bitcoin ne prenne une ampleur qui serait systémique pour l’économie mondiale. Nous n’en sommes par encore là mais cela pourrait l'être bientôt», a ajouté Philip Hammond qui était interrogé en marge du Forum économique mondial de Davos en Suisse. La monnaie virtuelle, qui échappe pour l’heure à toute régulation, inquiète de nombreuses autorités dans le monde. Les ministres français et allemand des Finances vont présenter des propositions communes lors du sommet G20 Finances prévu à Buenos Aires à la mi-mars
Un Autrichien qui voulait intenter un recours collectif («class action») au nom de consommateurs de nationalités différentes contre Facebook, qu’il accuse de violations de la vie privée, ne peut le faire. Il peut en revanche attaquer à titre personnel la compagnie américaine en Autriche, a décidé ce jeudi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). Max Schrems avait recueilli plus de 25.000 signatures de soutien à son initiative.
L’AMF lance une consultation sur la détermination du nouveau seuil national à partir duquel il sera obligatoire de publier un prospectus et, pour les offres au public inférieures à ce seuil, sur le régime d’information ad hoc qui leur sera applicable. Dès le 21 juillet 2018, les Etats membres pourront en effet fixer un seuil national d’application du prospectus européen entre 1 et 8 millions d’euros. La détermination du seuil national est liée à des exigences de promotion du financement des entreprises, de protection des investisseurs individuels et de pertinence de l’information sur les offres de montant réduit, précise le régulateur.
Dans la perspective de l’entrée en application, le 21 juillet 2018, de certaines dispositions du règlement « Prospectus » du 14 juin 2017, l’Autorité des marchés financiers (AMF) lance une consultation, ouverte jusqu’au 21 février, sur la détermination du nouveau seuil national à partir duquel il sera obligatoire de publier un prospectus pour les entreprises et, pour les offres au public inférieures à ce seuil, sur le régime d’information ad hoc qui leur sera applicable. Dès le 21 juillet 2018, les Etats membres pourront fixer un seuil national d’application du prospectus européen entre 1 et 8 millions d’euros. Le choix de ce seuil devra être notifié à la Commission européenne et à l’ESMA. Le seuil national retenu aura donc les conséquences suivantes : au-dessous de ce seuil : 1/ un document normé par des règles nationales de présentation de l’offre pourra être exigé. Il ne bénéficiera pas du passeport ; 2/ au-dessus de ce seuil : un prospectus européen sera obligatoire et éligible au passeport. La détermination du seuil national est liée à des exigences de promotion du financement des entreprises, de protection des investisseurs individuels et de pertinence de l’information sur les offres de montant réduit. Dans ce contexte, la consultation de l’AMF porte sur les points suivants : le relèvement à 8 millions d’euros sur 12 mois du seuil d’exigibilité du prospectus européen ; la suppression de la condition (actuellement appliquée aux offres d’un montant compris entre 100 000 euros et 5 millions d’euros) relative à la quotité représentée par les titres de capital offerts au public qui, si elle représente plus de la majorité du capital de l’émetteur, rend obligatoire l’établissement d’un prospectus ; le maintien de la réglementation relative aux offres de financement participatif dans l’attente d’un éclaircissement des évolutions législatives européennes en la matière sauf, à la marge, en supprimant la condition prévue entre 1 million d’euros et 2,5 millions d’euros relative à la quotité représentée par les titres de capital offerts ; la création, pour les offres « directes » de titres non cotés non soumises au prospectus, d’un document d’information simplifié analogue au document d’information réglementaire synthétique (DIRS) des offres de financement participatif (le « DIRS adapté »). Ce document pourrait, le cas échéant, n’être exigé qu’à partir d’un certain seuil ; la notification à l’AMF de ce « DIRS adapté », préalablement à l’offre ; s’agissant du possible contrôle de ce document d’information, l’alternative proposée est la suivante : 1) un contrôle a priori et systématique à compter d’un certain montant (2,5 millions d’euros par exemple) ; ou2) l’absence de contrôle a priori, un avertissement étant prévu en tête de document.
Josina Kamerling, head of regulatory outreach, CFA Institute, en charge du dialogue avec les régulateurs, la Commission et le Parlement européen sur la protection des investisseurs et l’intégrité des marchés financiers,